CHAPITRE XXX. 6oi
Gour du Cheval-Blanc ; ils n'y occupaient massés qu'un très-petit espace : c'étaient les restes de ces armées à la tête desquelles Napoléon avait soumis et dominé l'Europe. Il parut. Ces troupes , composées en partie des vieilles bandes d'Espagne, semblèrent ne se ressouvenir dans son malheur que de sa gloire passée , et le reçurent avec les cris accoutumés. Ce signe non équivoque de leur dévouement, leur air martial et déterminé , déridèrent un instant son front: il les compta, et redevint soucieuxC
Immédiatemeut après 1^ parade , il fit appeler le ducdeReggio dans soi^ cabinet, et lui deman-* das'il pouvait être certain du dévouement de son corps d'armée ? -^ Non y Sire , répondit le Maréchal , votre Majesté a abdiqué. — Oui , mais sous conditions. — // est vrai. Sire; mais le soldat we connaît pas ces restrictions politiques. Napoléon réfléchit un instant et dit : Eh bien donc, attendons des nouvelles de Paris. ^
Toutefois , soit qu'il n'eût pas perdu tout espoir, soit qu'il voulût simplement contre-balancer, dans l'esprit des soldats, l'adresse du Gouvernement provisoire aux armées , qui s'était répandue avec les journaux et 'Iq^ pamphlets de la Capitale, il fit publier son ordre du jour du 4 avril , lequel n'avait pas encore été distribué. Cette pièce renfermait moins une justification
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de Sa conduite , qu'une récrimination virulente éonire le Sénat qui avait prononcé sa déchéanee , et augmenta Tibdignation des officiers et desf soldats contre des écrits où traités de rebellés, de brigands , la gloire même de Tarmée se trottait attaquée, et ëeS exploits this en problême. Incapable de discerner dans ces^ feuilles éphémèl'es ce qvti était dicté par Tesprît de parti , pleine edcore dii prestige d'un pouvoir qui s'éclipsait , iïiûis qui -de près consertait encore son éclat y l'armée dans ces premiers momeus accusait le SénatétParisr, et trop habituée à concentrer la patrie dans Napoléon , croyait perdre avec lui le salut dé la Fraftce.
Armistice et Cependant Ics négociations entaillées et sttrmircatio^n. totit l'cxéctïtioiî de FarÈttistice , jetaient le soldat dans l'incertitude, et tempéraient ce mouvement d'indigtiation. Cet armistice devint public. 11 partageait la France entre les armées françaises et celles des Alliés. Celles-ci devaient , à partir de rembaucbure de la Seiue , occuper la rive droite de cette rîvîète, et de plus lés limites méridionales des départemens delà Seine-Inférieure, de l'Oise, de Seine-et- Oise , de Seine-et-Marne , de l'Yonne, de la Côte-d'Or , de Saône-et-Loîre , du Rhône et de risère jusqu'âfu Mont-Cenis.
En conséquence, le grand quartier - général i^ètourna à Fontainebleau. Mais l'armée continua
câÀ^itRE ixi. 6o3.
qi^^eâ^ jcmri^ eû^ofe d'ôccupei' iés positioà^;
Tmxàu (lu'elle était agiter de mille impréâsian» i°«a"eciion
A *^ * . . des troupes da
divei^ses , le c<)hrps du dût- de Ràgùse donnait à ducdeRagu«e
*^ ^ à Versailles.
Versailles un nouvel e*éniple de ceà motttemens mh/iu qui désôrganisêtiit en un clin d^œil les ài^méesJé^ mieux disciplinées. Après la rupture des aégociatioAs eu faveur de laRégeiiée, le dut de Raguse s'était rendu à VersattleS,afiiid'appî*ëiidre du général S^uhàui lèû rdbtifs et les détails de la détermination desf génératit , è% àséigher àéi eantonnenleûs à ses troupes ^ èvi rèrtu de la ayat^ vention militaire. A son arrii^ée, il ihdî<Jnë une revue pour midi , sur la grande place du Château , et met à ïùtdtd au jMn^ la prôolâmatîon
^uivaûte :
« SôLDATSf !
r> Depuïsr tre>idnioiS, votiS n'àVéi cessé dé ceytti- )» battre , él depuis trois mois teë plus gloriëtil s^ suceèson,t couronné vos eÔbrts; ni les périls, » ni leéfatigiies , ni les privation^ n'ont pu diitli- » nuer votre zèle , ni refroidir votre àmbur pôtLi* » la patrie. La patrie reconùaissafnie vous remér- * cîe par mon organe^ et vous saura gré de tout 3^ ce que vôrusavez fait pour elle. Mais le moment » est arrivé , Soldats, où U guerre que vous fài- » siez est devenue sans but éomme sans objet ;
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y> c'est dope pour vous celui du repos. Vous êtes » les soldats de la patrie: ainsi, c'est l'opinion pu- » blique que vous devez suivre , et c'est elle qui D m'a ordonné de vous arracher à des dangers » désormais inutiles pour conserver votre noble j> sang, que vous saurez répandre encore lorsque )) la voix delà patrie et de l'intérêt public récla- » mera vos efforts.
» De bons cantonnemens vont vous être assu- » rés , et mes soins paternels vous feront oublier 3> bientôt , j'espère , jusqu'aux fatigues que vous » avez éprouvées. »
Cette proclaipatioËL ^ en achevant de dissiper les doutes des officiers et des soldats , ne les trouva pas disposés à un changement qui exigeait plus de préparation. Toutefois les plus violens ne firent que se répandre en invectives , sans pousser plus loin l'insubordination, et la troupe s'assembla. Tou|-à-coup le bruit circula dans les rangs qu'elle n'était réunie que pour être cernée et désarmée par les Russes , que tous les officiers et soldats allaient être faits prisonniers et conduits au fond de la Sibérie. Soit que ce bruit fût l'effet d'une terreur panique causée par le mystère avec lequel le corps d'armée avait été conduit à Versailles; soit, comme on l'a dit depuis, qu'il eût été semé par des officiers mécontens de