‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 91 sur 107 · CHAPITRE XXJLÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXJLÎ

môUTement, le long de la rire droite, par le général Soult , dont la cavalerie , cantonnée à Saint-Caprais et à Gastelnau , semblait ne pouvoir être mieux placée pour contrarier cette première opération. Cependant il n'en fot rien , et le maréchal Béresford eut le temps de faire filer, sans la moindre difficulté , les 3 divisions qui composaient son corps d'armée ; mais à peine ces troupes venoient • elles d'atteindre l'autre rive , que la Garonne grossit considérablement ; le courant par sa violence dérangea les pontons , et arrêta le corps de don Manuel Freyre qui se disposait à les suivre. Dans la matinée du 5 , la crue devint si forte , que' le pont fiit définitivement rompu , et que le maréchal Béresford resta seul pendant deux jours, c'est-à-dire, jusqu'au 8 avril , sur la rive droite.

Cet incident donnait tout le temps au duc de Dalmatie de venir l'accabler , et n'eut pourtant aucune suite fâcheuse pour les Alliés. Soit qu'il eût été informé trop tard de leur passage par son frère , soit qu'il eût lui-même changé d'avis et conçu le dessein de les attirer devant une position retranchée à loisir , il ne bougea point de Toulouse , et laissa sa cavalerie disputer le tei*rain entre la Garonne et le Giron.

Le 8 , la baisse des eaux ayant permis aux Alliés de rétablir leur pont , le corps du général Freyre vint renforcer le maréchal Berçsford ,

S^S CAMPAGNE DE l8l4»

dont la cavalerie rejeta celle du général Sou It au-delà de Fenouilhet et à Saînt-Jean de Kyrîe eleison , et l'obligea dans la journée du 9 à se retirer sur Toulouse par les deux rives de l'Ers. La brigade du général Vîal , que serrait de près le colonel Vivian , n'eut pas le temps de faire sauter le pont de Croix-Daurade , et le laissa tomber au pouvoir de l'ennemi , après un engagement assez chaud , où il semblait facile au duc de Dalmatie de faire soutenir cette brigade.

Lord Wellington informé des progrès de son lieutenant, eut d'abord Fintention d'attaquer le 9 avril , et craignant que Téloignement du pont de Grenade ne nuisît à l'ensemble et à la rapidité de ses mouvemens , il crut pouvoir le remonter en une nuit , d'un myriainètre , à Bauzelle au-dessus du confluent de l'Aussonnelle ; mais cette opération n'ayant pu s'exécuter en 1 2 heures , commie il comptait, bien qu'elle n'eût été nullement contrariée par les Français, il remit son projet au 10, et profita de ce retard pour renforcer son lieutenant de la division légère du général Alten.

Dans cette^Série d'opérations , lord Wellington parut à tous les militaires avoir été plus heureux * que prudent, et donner beaucoup trop au hasard; car si le duc de Dalmatie eût voulu opérer avec son activité ordinaire et faire le moindre mouvement , il est probable qu'il eût empêché

le passage dé la Garonne. En effet , sa position était beaucoup pl«i« faTora^ble que celle du duc de Vendôme dans Ja campagne de 17065 lorSKju^ le prifiee Eugène kii déroba deux marches, et alla jeter un pont sur le Hau)t*Adda, dansi'espoi^ de sepQ^rir le duc de Savoie en Piémont; car il n'ayait, pour ainsi dire, qu'à se prolonger vers la droijte poiir se trouver au point de passage avec toutes ses forces; d'ailleurs, la crue de la Garonne, qui dura deux joinrs pleins^ coupa toute c^lAnuiaication entre ses deuK rives.

Maïs tout ayant réussiau gré de ses désirs, lord piaadat^aque Wellington arrêta le plan d.^ttaque ci-apres: Sur la rive gduche de la Garonne , sir Rowland- HilUavee IesdîvisibnsStevmrt,Miirray , Morillo«t une brigade de cavalerie anglaise ,fiit clMKrgéd'observer le faubourg St-Gyprien , etd'attireri'attention des Frajpiçais par dé fi»rtes démonstrations.

&ur larive droite >, la division Ptcton , la divi*sÎQà légère Alten >, et une brigade de cavalerie allemande , furent destinées à une fausse attaque sur le canal depuis le pont de Matabiau jusqu'à ^on ^emboucbme , et à -défendre ia route de /

Paris , au cas où les Français voukisjsent battre en mtraite de ce côté.

. La tâche éa général Frey^e avec la 4^ armée espagnole , l'artillerie portugaise et la brigade de cavalerie de lord Possomby , consistait à attaquer les retr^nchemens de la Pujade , tandis que le

maréchal Béresford arec les divisions Gole et Clinton, soutenues' des brigades de cavalerie légère de lord Sommersçt et du général Ahrenschild, sous les ordres de sir Stappleton -Gottôn , attaquerait ceux du Galvinet

Outre ces troupes , lord Wellington avait probablement une foi*te réserve sur la rive droite de la Garonne , quoi(]ue d'ailleurs son rapport n'en fasse aucune mention*

àfàék^edl ^^ ^^^ ^^*^ ^^ ^^^ ^® Dalmatie fit les disposil'armée £ran- tious suivautcs Dour rccevoir le choc: le comte Reille avec la division Maransin devait garder le faubourg de Saînt-Gyp,rien.

La division Daricau dépendant du comte d'Erlon , défendait sur la rive droite de la Garonne , le canal depuis son embouchure jusqu'à la route d'Alby.Le général Glausel avait la brigade Lamorandière , de la division Yillatte ^ en avaht-garde , et celle du général St.-Pol en réserve dans les retranchemens delà Pujade. A droite de celle-ci, le général Soûl t avec la brigade de cavalerie du général Yial , s'étendait jusqu'aux redoutes du Galvinet , confiées à la division Harispe. Vers l'extrême droite , la brigade Leseur, de la division Darmagnac , détachéedu corpsdu comte d'Erlon , gardait les hauteurs de Montaudràn , ayant devant elle en potence sur le chemin des Bordes , la cavalerie du général Berton qui , après avoir repiassé l'Ers au pont de St.-Martin , observait la plaine entre le

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