CHAPITRE XXXI
général Alten n'eût arrêté la poursuite en arrivant sur le flâne gaiiche avec une de ses brigades et de la cavalerie allemande.
Les Espagnols perdirent plus de mille hommes à cette attaque mal dirigée , où les généraux Mendizabal et Espeleta furent mis hors de combat.
Malgré l'écliec essuyé vers sa gauche , lofd Wellington ne fit aucun changement à son plan d*attaque , et tous les chefs de colonne recurent Fordre de redoubler d'efTorts.
Sir Rowland HîH avec ses trois divisions finit a* moment. après beaucoup detàtonnemens par chasser de la première enceinte du faubourg de St.-Cypi'ien, Içs postes d'avertissement que le comte Reille y avait laissés en se retirant dans la seconde.
Sur la droite de la Garonne, le général Picton attaqua de nouveau le pont Jumeau, et fut repoussé avec des pertes énormes. Les Anglais voulant brusquer Tattaque et se jeter dans les retranchemens , la hauteur de leur profij rendit l'escalade impraticable , et le général Berlier les fit écraser à coups de pierres dans le fossé , où le général-major Brisbane fut grièvement blessé. Le général Alten , mettant plus de circonspection dans l'attaque qu'il dirigea avec une brigade sur le pont d'Arnaud - Bernard , fut arrêté par le 3i® léger devant le courent des Minimes , et ne put réussir même à le débusquer de cet avantposte. Enfin Don Manuel Freyre eut beaucoup de peine à rallier ses troupes et èf les porter sous la
protection de la cavalerie de lord Po^somby et une des brigades du général Alten devant le plateau de la Pujade pour y continuer la canonnade. . .Ainsi , vers midi, l'action engagée sur la plus grande partie de la ligne , ne laissait que peu d'espérance aux Alliés pour le succès de la journée.
Cependant le duc de Dalmatie jugeant que les / hauteurs de Montaudran allaient devenir le point
important du champ de bataille, donna l'ordre ' de retirer du faubourg de St.-Cyprien la brigade Bouget de la division Maransin, pour la porter vers ce point. Malheureusement il était un peu tard, et comme on ne lui assigna pas de direction précise , elle ne put arriver à temps.
L'échec éprouvé par les Espagnols et le manque d'artillerie avaient suspendu la marche du maréchal Béresford ; mais voyant que ses pièces n'arrivaient pas , au lieu d'attaquer les retranchemens du Calvinet , comme il en avait eu primitivement l'ordre , il calcula qu'il lui serait peutêtre plus facile de les tourner , en continuant de se diriger vers Montaudran.
Ce mouvement était très-dangereux , parce que laissant un grand vide au milieu de la ligne de bataille , il offrait au duc de Dalmatie l'occasion de couper le corps du maréchal Béresford en faisant descendre une ou deux divisions entre le plateau et l'Ers. Outre ce grave inconvénient , le terrain présentait de grandes difficultés , attendu
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qu'il fallait cheminer eiitre la rivière et le pied des hauteurs à travers des . prairies coupées d'une infinité de canaux d'irrigation ; encore se rétrécissaient-elles , à mesure qu'on approchait de l'inondation. L'infanterie même n'avançait qu'avec peine , obligée souvent de défiler homme par homme , «ous le feu des tirailleurs français.
Lord Wellington n'apprit pas cette manœuvre sans inquiétude ; il sentait ' qu& le gain ou la perte de la bataille pouvait en : être ^ la conséquence immédiate ; de son côté, le maréchal Bérerford «ne fois engagé , était obligé de co^tinuer sa marche pour ne pas s'exposer aux dau'* gers inévitables de la retraite ; et , dans l'espoir de trouver un point d'attaque d'oan accès plus &cile , il ne s'arrêta que lorsqu'il ne lui fut pl^s possible de passer outre.' Il forma alors la divi* sion Gole en arrière de la droite française , sur un terrain étroit au pied de la colline de Moi^ taudran sut* laquelle étaii' élevée la dmnièra' redoute. Le général Clinton rangea la sieiine avec non moins de peine; face à la seconde. En niéme temps l'artillerie du corps d'armée étaint arrivée, elle fut dirigée contre les redoutes du Galvinet , sous la protection de la cavalerie de sir Stappleton Cotton. ' /.
Toutes ces dispositions se firent sous les jeux du duc de Dalipatie qui , loin d'y mettre obstacle, se félicitait que l'ennemi lui épargnât moitié dé Ifa
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peine qu'il devait 'se donner pour décidât sa dé^ faîte. Cependant , lorsqu'il le vit près de prendre rinitiative de Tattaque, il crut devoir le prévenir, et prescrivit à la divi»ea Taupin de marcher à la rencontre du général Gole , soutenu par la brigade Leseur, tandis que le a i^ de chasseurs guidé par le lieu£enant*général Glausel., chercherait à lui couper ses commomcations en se portant en avant ^et que le^ général Bertou chargerait le flanc gauche*
Ainsi,. dans le choc que se préparaient réciproquement ces masses ^ la plus solide devait repousr ser l'autre , malgré l'avantage du terrâtîu.
Attaqoedes Le général Gole, soutenu en arrière à droite MoDundrau. P^^^ ^^ divisiou Gliuton , se dirige sur la vedoule non achevée que défendait ie général Daulure avec le. 9® d'infanterie légère. Son attaque est conduite a/vec ordre et méthode : la première ligne déployée , la seconde en ç»vrés prêts à repousser les charges donic elle eS)t mi^uaçée par la* cavalerie du général Bertom
L'attaque des Français ^au contraire « différée trop long^temps , s'exécute avee pliis^ de préci- .pitattèu que d'eàsemhle^ ; la. brigade Leseur , conformément à ses instructions^ se forme en potence sur le flanc droit.de reunemi; d'un autre côté, la cavalerie, se dis|ptose à chaîner le Jlaac gauche; maiss la ça4onn((^4u généz^al Tau- :piu , destinée à frapper ies* plus grands coups.
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pre$9^'d'wmej?, s'allonge 'en bâtanl sa niarche , et le gàikéral ILey engage tellesEient sa brigade hors d'haleine ) qa'il paralyse le feu delà redoute clont; R daTattéire-pratégé.
Le générale Taupin resté en arrière potrr fâcher de- faire jarancer son artill<erie qui avait été dirigée vers le centre du plateau , près dû' Calvinet , aceéurt , s'apprête à faire changer de direction à seatroUpes , et tombe blessé mortellement.. ! -
Cet événeBDeut malheureux occasionna dans 1^ colonne un moaievit de troublé' et- de fleftrement, dont le^néral Gole^profiie aussitôt eu miarchant , ba'ioBiiettes croisées ,, sur i«> iit^ léger qui- plie et entraîne le^este •delà diirisi<in. Yaîiiemenl pour former diversion , la brigade Leseur - s'avaneéF contre les çolcmôes anglaises^, elle- est écrasée et mise en fuite« Quelque £àckeux' que fût cet écfaec^ , il n'était pas irréparable; si {la^ garnison de kr redoute eut tenu ferme : m^is voyant arriver sur elle la division^ Picten enhardie par \^ succèè dii général' Gole , eUe abandonna son poste. D'im aulre cjoté, les^progvès rapides des Anglais sur là citoupeide la colline , les ayant mis àr^bri descbatiges de cavalerie ^vienne s'opposa à leu£ marche, et le maréchal Béreaford réuni« ses deux divisions' WQX le plaieau , y amena de l'artillerie , et attaqua Atu<iae da en flanc les redloutes de Galvin^t. Dans cette e^ittré^ mité , le Maréchal français de concert avec le ba-
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ron Glausel , chantgea tJ e front , et prît une n oùvelle ligne appuyée aux retranchemens du> pont des Demoiselles et auji redoutes du Calvinet , sur laquelle vinrent se ranger successivement et la brigade Rouget qui débouchait du pont de Montaudran , et les troupes des deux divisions mises en désordre.
Dans cette nouvelle position , l'on combattit avec fiireur. Bien que les redoutes du Calvinet eussent perdu une partie de leur force , parce que leurs flancs avaient été négligés pour achever plutôt le profil de leurs faces qu'on ,eroyait les plus exposées , elles ne laissèrent pas d'être défendues avec^ opiniâtreté ; une d'elles fut reprise parle lo® de ligne qui fit essuyer.de grandes pertes aux Ecoisais. Les généraux Harispe et Baurot y furent^ ainsi qu'un général aurais v griè-^ vement blessés , et^ce n'est qulà 5 heures du soir seulement que le 4^^ évacua la.déruiàre.
. Les redouter du Calvinet emportées , sir Bé« resfprd marcha sur celles de. la Pu jade, tandis qu€( les Espagnols les aitaquèreint de front. Elles n'.oppo^repl pas moins de résistancCc à ces attaques combinées : la brigade Lamorandière y iit des^ pro4iges et perdit sou généi;ral : enfin , vers 7 hçu^s, elles J&n:eut également emportées.
Les yainqueur/s s arrêtèrent après ce dernier effort qui seiAblait âvoû/ épuisai toute leur a]>