‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 94 sur 107 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

deur , et n'osèrent refouler l'armée française sur le canal, qu'elle repassa seulement dans la nuit

Dans cette position , maîtresse du faubourg de St.-Etienne, elle avait non-seulement une retraite assurée , mais encore se trouvait en mesure d'accepter un nouveau combat.

Lord Wellington n'étant redevable de la victoire qu'à la témérité de son lieutenant , douta long-temps de sa bonne fortune ; et loin de songer à enlever Toulouse le lendemain , ne s'occupa que des moyens de se maintenir sur la chaîne de collines qui le domine , au cas que son adversaire voulût l'y attaquer. De son côté , le duc de Dalmatie tout en faisant mine de s'occuper de préparatifs de défense, comme s'il eût résolu de s'ensevelir sous les décombres de Toulouse, marqua pour la nuit suivante la retraite sur Castelnaudary. Les magasins furent évacués , et les troupes , après avoir reçu pour quatre jours de vivres , prirent en bon ordre, dans la nuit du 1 1 Evacuation au 12 , la route de Montpellier , précédées par les par les Franbagages et l'artillerie. Il ne resta dans Toulouse ^^' que i,5oo blessés ou malades qu'on n'aurait pu transporter sans danger , et quelques pièces de gros calibre , qu'à défaut de moyens de transport, on enfouit pour les retrouver dans des temps plus heureux.

Avant de quitter cette ville , le duc de Dalmatie témoigna aux habitans sa satisfaction de la a. 4^

côudoîte qu'ils avaient tenae dans ces momeM critiques. Le plus grand nombre le tît partir à regret , car il laissait leur ville à la merci d'tm ennemi dont ils ignoraieùt encore les projets.

La bataille de Toulouse fut pour l'armée française ce qu'une dernière et vive étincelle est k un feu près de s'éteindre : jamais là valeui* des troupes ne se montra avec plus d'éclat. Utie victoire complète devait être le fruit de ses efforts j et si elle lui échappa , ce fut comme pour donner une nouvelle preuve , que Sur le champ débataille , là moindre hésitation peut entraîner làt ruine des plus heureuses conceptions.

Les pertes , quoiqii'en disent certains rappot'ts, s'élevèrent du côté des Français à 3,23 1 hommes, dont 321 tués, 2,369 blesàéà et 541 prisonnière; et du côté des Alliés , à 4)4^^ hommes hors dé combat , dont 2,124 Anglais , 1,727 Espagnols , et 607 Portùgaià.

CSette bataille, les manoeuvres qui l'ont précédée et suivie , fournissent matière à plusieurs observations. Les militaires des deux partis ont cherché à se rendre compté dés raisons qui empêchèreht le duc dé Dalihatie de profiter de la crue de la Garonne pour livr^ib bataille au maréchal Béresford dû 6 au 9 mars , lorsqu'isolé sur la rive droite du fleuve , il ne pouvait être soutenu par lord Wellington ; ils n'ont pas cru la conduite du Maréchal français

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justifiée d'une làanière satisfaÎBaâle p^f Id ptx>jel qu'on lui a supposé de ne rien donnek^ AU hàsàï*d ^ et d'attirer par uûe feinte timidité éën àdre^èàifii dans un terrain défan)rafol«, ^ù tolll aVàil été préparé pour sa défaite^

On s'est aussi demandé pourquoi décidé à ût*^ oepter une bataille défensive sut là rite débite de la Garontie , il Ae fit pat mieui gài^er 1^ poht de Croix^Daurade ^ qui ouvrait éuic Alliés ûti dé^ boùcbé si Favorable pour venir attaquer dé frt)nt lés retrancbeUieuB d« la Pujàde el du tkilvinéf> Ces tg^biervàtiotië p<^rtént encore èUr d'autréS points : on s'étonne que le duti did DaliUatié , ré^lu à prendre son champ de bataillé sur kcbdine de eoUiues qui s'éteted de la Fujade à MoititaUdraji , et Toyant se décider le lûioûVemeât de^ Alliés à sa droite -, n'ait pas commeiicé k journée éii battant le corps de sir Hiil di^VàUt St.-CyprièU » . et porté ensuite la Masse de ses fbrèé^ contre le maréchal BéresFord sur lés ba^t^Ut^ de Montàu^ dran j âiauœuvre âussi sitïiplé que décisive , et dont il parait n'aVi^r pà% ^eMi toud tes aVfitt^ tàges*

On désirerait également connaître les motifs qui portèrent le Maréchal français à ne pas mettre eu action plus d'artilteine sur lie plateau , et à différer si long-temps d'engager la division Taupin , et les raisons qui Tempéchèrent , lorsqu'elle fut rompue ) de se servir de la cavalerie du

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général Soult et de la 2^ brigade de la division Yillatte qu'il avait sous la main , pour arrêter les progrès des généraux Cole et Picton.

Enfin , quelques officiers qui ont étudié la position de Toulouse , sont d'avis que le duc de Dalmatiè l'abandonna trop tôt : ils assurent qu'il lui eût été facile de prendre le lendemain sa re^ vanche , en laissant deux ou trois divisions sur les bords du canal , et débouchant avec les / autres et sa cavalerie par le faubourg St.-Cyprien sur le corps du lieutenant-général Hill , qu'on eût écrasé avant que lord Wellington eût eu le teoips de lui porter secours.

La solution de ces diverses questions exigerait des renseignemens qui nous ont manqué , et que nous obtiendrons peut-être avec le temps ; mais nous croyons devoir dès ce moment les soumettre à la méditation de nos lecteurs.

Entrée des Lc 12 avril au matin , lord Wellington fit son ^uM * ^^"' entrée à Toulouse , où les royalistes , après lui avoir rendu, à son grand étonnement , les honneurs du triomphe , opérèrent , sous ses auspices et malgré lui (i) , une révolution en faveur de la

( I ) Lord Wellington ayant tu que le Comité royaliste de Bordeaux n'avait tenu aucun compte des observations verbales qu'il avait faites à ses députés , et désirant éviter tout malentendu , remit au Conseil municipal de Toulouse un avis par écrit, pour lui faire connaître le danger qu'il courait à tolérer les

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