‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 107 sur 109 · CHAPITRE X3S;iV · texte numérisé non relu

CHAPITRE X3S;iV

Tùiv tomber entre les mains du roi de Naples ou des Autrichiens , fit de nouvelles tentatives auprès' du Pape pour conclure un arrangement avec lui; mais Pie VU conserva aux derniers jours de sa captivité autaùt de fermeté que dans les premiers. Continuellement en garde contre les propositions cauteleuses de Napoléon , il n'avait point oublié la publication irrégulière du concordat surpris à sa bonne foi dans. le mois de janvier 181 3, et toutes les représentations du cardinal Maury, de l'archevêque de. Bourges, de l'évêque d'Ëvreux , ne purent le déterminer à souscrire à une paix qui ne lui rendît pas avec la souverain neté denses Etats , l'intégrité de. ça qu'il appelle ses droits spirituels. Cependant , quoiqu'il fût à la connaissance.de tout le monde qu'il eût quitté Fontainebleau le 23 janvier, sans avoir accédé à aucune proposition , et qu'il voyageât moins en Souverain qu'en prisonnier, le Moniteur publia , sous la date du lo mars , un traité par lequel Na*. poléon rendait à S. S. les départemens de Rome et de Trasimène, à condition qu'elle lui abandonm nerait le reste des Etats ecclésiastiques ; mais peri sonne ne fut dupe de cette supercherie , et peu. de jours après , par un concours singulier de cirl constances, Joachim , qui les convoitait aussi

I ardemment que son beau-&ère, se fit encore

II honneur de les remettre intacts au Pape.

\ ■ ■' Ainsi l'Empereur ne recueillit de ses ouvertures

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et de ie% tiégociatfoiid que la ceriitade d'avoir perda ums les avantages qui procèdeut de là force et de la loyauté , et de n'inspirer désormais au^ oune crainte à ses ennemis.

Plan de m- Ge ftit vets Cette époque que le cabinet de PMéVaTi'An^ Londres colnmenca à dérouler le plan dans la yieterrB. couiiaissante duquel il atait initié la Russie depuis l'ouverture de la campagne ^ et qui consistait à replacer la iamille des ÔoUrbdns sur le trône de France. On en avait fait une espèce de inystèrè à la cour de Vienne, tant qu'on parut vouloir traiter avec iNapoléon ; mais dès q^'dn eut ameàë les choses aU pc^int de rendre la rupture du cùt^* grès inévitable, cm fit entrevoit* à TËmperelir d'Aui^riche que la France ne pourrait être ramenée dans ses anciennes limites , qu'autant que le rétablissement de la tjiaison de Bourbonien imprimam Un mouvement contraire à l'esprit de conquête dont la nation paraissait animée coiÀme son chef, la disposerait à un sacrifice si pénible à son orgueil; a}otitant qu'il serait diffikâe de &^ vorisa:* ses projets d'agrandissement en Italie s'ii n'adoptait franchement cette voie expédilive v^ concilier rinlérêt général des Puissance^ avec le sien. Ges cémmunicaliotis donnèrent à réfléchir à FrançiMs II ; et s'il importait à sa dignité dé conserver Un trône à sa fille , il lui panit bien plU» avantageux de rentrer en possession des belles provàices dont il avait élé dépouillé. Faisant donc

laïre ààùs son cœur les sentimens paternels qui s'élevaient en faveur de Finfortunée Marie-Louise^ tl consentit à Tofirir une seconde fois en holo* causte 9 pour obteilir ce cpie ses armes n'avaient pu gagner en quinze campagnes»

Les Souverains alliés d'accord sur ce point es^ sentielf lûrd Castlereagh • se hAta d'en infor^ merle comte d'Artois, auquel il n'avait pas été . Jusqu'alors permis de dépasser Vezoul , et qui vint aussitôt s'éta}:^r k Nancy , afin d'y attendre plus aisément l'issue des événemais militaires, et? d'être à portée de réunir auprès de lui tous les partisans de sa maison.

Tel était l'état général des af&ires politiques au 34 ^ooBrs» Nou'jettlemenl; les Souverains alliés avaient rompu les négociations avec Napoléon , mais encore pris rengagement de poursuivre la guerre jusqu'à ce qu'ils l'eussent détrôné.

Pour retarder cette catastrophe > il ne lui res- sitoatioa tait que 5o mille hommes , ^i^isés en deux corps r^t^'l!!^ ^^ principaux ^ séparés par des masses formidables , et qu'il n'aurait pu réunu' que sous Paris en renonçant à l'instant au projet de manœuvrer sur les derrières de la grande armée. Cependant cette marche , toute praticable qu'elle fût , n'était pas certaine dans son résultat , car de Saint4)izier à Paris , par la rive droite de la Seine , il y a plus de ;26 myriamètres , et si les troupes conservaient en* /sore lem* brillant courage et cette fierté de ca-

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ractère qui décident de la victoire au motnent de laction , hors du champ de bataille ces qualités nationales ayant peine à se soustraire aux atteintes, de jour en jour plus accablantes; de la faim, du froid et de la fatigue, ne leur auraient peut-être pas permis d'opérer à temps leur jonction devant la capitale.

La situation intérieure de l'Empire n'avait rien de rassurant en de telles conjonctures. Les places fortes du nord et de l'est étaient encore intactes ; mais les garnisons qu'elles renfermaient , à peine suffisante^ pour les défendre contre un coup de main , dépourvues de munitions de guen*e et de bouche , n'étaient point susceptibles de soutenir des sièges réguliers , et moins encore de tenir la campagne, puisqu'elles se composaient en grande partie de gardes nationales ou bien de conscrits presque nus et de vétérans écloppés. D'un autre côté , loccupation de Bordeaux par les Anglais exigeant la création d'un nouveau corps d'armée sur la Gironde , allait priver celui dy. Rhône de 6 mille hommes qui lui étaient destinés, et enlever à la grande armée le peu de ressources qu'elle eût pu tirer des départemens du midi. Déjà le comte Decaen , parti en poste , avait ordre de réunir toutes les. troupes que les généraux L'Huillier , Rivaud et DespeauX avaient rassemblées dans les 11®, 12® et 20® divisions militaires, d'accélérer Torganisation des gardes nationales

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