CHAPITRE XXIV
de la levée eu masse de ces trois divisions , de les faire entrer; en ligne, et de combiner ses opérations avec le duc de Dalmatie, pour tâcher de reprendre Bordeaux et chasser l'ennemi du département de la Gironde. Vers les côtes , les désordres se multipliaient dans la Vendée militaire. Les mécpntens , au nombre desquels on ne comptait plus seulement des conscrits réfractaires, se répandaient déjà des bords du Lay à ceux du Thoué et de la Loire. Leurs voies de faitpor* taient principalement contre les hommes connus par leur attachement à la révolution , les acquéreurs de domaines nationaux et les fonctionnaires publics. Plusieurs escarmouches avaient marqué leur supériorité sur les divers détachemens de gendarmerie stationnés. dans la contrée. U est vrai que le général Henry , avec. deux. escadrons de gendarmerie d'élite et un bataillon de cette arme tiré d'Espagne , étaient en pleine marche pour s'y rendre; mais on craignait que cette force armée. ne fût insuffisante pour étouffer la> rébellion dans son principe.
Ainsi 9 sur les derrières , plus dé moyens de re(îrutement , et les bras armés étaient les derniers sur lesquels on pût compter. L'administration éprouvait d'autres embarras : plus .de finances 9 plus de crédit public; la rentrée. des contributions ne s'opère que par les voies de contrainte; les biens communaux > les plus
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belles forêts domaniales , sont en tente sans trofSH yer d'acquéreurs. Déjà même les campagn^ft les plus éloignées du théâtre de la guarre , sont deso*-, lées par les réquisitions de grains , de fourragea , de bestiaux. Le laboureur, à défaut de bras et de chevaux , abandonne sa charrue ; l'artisan mallîeiireux auquel les ateliers sont fermés ^ en proie aux besoins les plus pressans^ médite le pillage , et ne le diffère que dans Tespoir de l'obtenir p]a& sûrement ; Fagriculture et l'industrie , ces deux sources de richesses et de prospérité ^ sont taries» Fra{^ée d'atonie dans toutes ées parties , la Francis ne parait capable d'aucun élan pour sauver sa capitale, qui semble devoir être le prix de la première victoire, victoire d'autant plus facile aux Alliés , que la petite armée française qui la couvre ^ n'est point préparée au choc inégal dont elle est menacée.
A la vérité, la conduite des vainqueurs avait suggéré un esprit public factice dans les Montrées envahies. La popidation entière des départemens formés de la Picardie , de la Champagne , de la Lorraine , de l'Alsace , de la FrancheXlSomté , de la Bourgogne et du Dauphiné , en haine de l'écran^ ger , faisait une guerre de détail ttès-meurtrièi^ aux Alliés ; mais ce n'était point de ce eôté que la France devait attendre 9a lifaératioh ; le gnuid coup ne pouvait être efficacement porté que par les départemens nou eiavahis ; de plus il eût fellu
une armée fortement coosJtUuée , et il I9i dp exi^ tait plus.
Oaii$ le$ départemeos meMeos ou qui fi'av vaient encore senti du fléau de la g«crrç qptê la consGrîptioo et les contribulâoQS ea^uqgfint ou ea stature , nombre deckojem, fsédoUs piorjes pro^ •messes £dybcieuses de pai^ et de lâierté semées dans toutes les prodamationa des AUsm j semr biaient moins le$ craindre que les inviter à jrenir -les délivrer du }oug des autorités impériales.
De toutes parla on ne voyait aussi ique des B$êOtciatîons royalistes ; mais ces comités iacipuissana là où dominaient les Alliés , éuitot , dans les contrées non envahies , oa &appés de nullité ^ ou dirigés par la poUoe impériale {i)^ et^ an défitiitif nuisaient moins îà la cause de Napoléon que l'apathie du reste des hahtfana.
Paris , ce forer de révolutions • caefaait sous , situatîoa di
, - la capitale»
rapparence du calmée une sourde agiladon. I>eux
partis s'y élaienit formés contre TËmpeneur , et bien que diamétraLemeal: opposés dans leurs fins , iïé s'accordaient pourtant jen un point «ssentiel , celui de renverser son gouvernement. Le premier
(i) JSi Vjou en pouvait douter, ^ u'oii lise le {vceioi^ d^s^loppement de VAviê aux rojralistes^ inaéré dans la 3i* livraison du ConsenHUeur^ par M. Fiévée^ que sa q[ua1ité de préfet de devers en tS f 4 » et «es reUtious ff?ec l'Empereur , ont mis k néoie d'étce bien ioatruit.
et le plas dangereux , se composait d'un ceriaîii nombre de grands dignitaires , de fonctionnaireis de 1^' et de^2® ordre , de la plupart des grands capitalistes, de fournisseurs inquiétés par le fisc, et d'acquéreurs de biens nationaux tourmentés par les décomptes. Ce parti ne voulait que se débarrasfier de Napoléon , sans songer à opérer une révolution complète dans le système du gouvernement^ ni placer ses espérances dans le rappel des Bourbons. A sa tête se trouvait le prince de Bénévent, alors écarté des affaires , heureux de trouver dans une révolution utile à son pays , Foccasion de se venger de Fhomme qui l'avait réduit à un état absolu de nullité.
Le parti royaliste au contraire, sans chef avoué , se composait de cotteries particulières , où figuraient seulement des personnages de grand nom. Ce parti ne désirait renverser le trône impérial que pour relever celui de la famille des Bourbons , sur les degi'és duquel il espérait ressaisir ses privilèges. Il s'était grossi de tous les anciens nobles,, de robe ou d'épée 9"^ à^eu d'exceptions près ; de prêtres , de quelques fonctionnaires du 2* et du 3® ordre , et de tout un peuple de femmes. Parce que ceux qui le formaient se connaissaient entre eux par leurs relatioi^ journalières , ils le croyaient puissant ; et la présomption nobiliaire de ses coryphées allait jusqu'à croire qu'ils menaient le parti des mé-^