‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 3 sur 109 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

et les mcuHns de Lévigny , sur Arsonvâl. Le prince Eugène de Wurlemberg, avec là division Pitschnitzki foirmant la deuxième , se porta par les hauteurs en avant du bois dé Lévigny , Taîle droite vers Vemonfaît , face à rAube , pour soutenir la première. La troisième colonne, sous le prince Gortschakow , composée des divisions Mezenzaw et Helfreich, dès cuirassiers de Pies- ' Low, et des hussards de Lubny, prit dé Lignol, la gauche des deux autres. Le général Wlastow reçut Tordre d'occuper les vignobles à droite du ruisseau d'Ârentières , pendant que les colonnes attaqueraient les sommités infmeures de Yernon- &it^ au cas qu'elles fussent déjà au pouvoir des Français.

Le duc de Reggio , informé la veille par les habitans, des projets des alliés, tint peu de compte de ces rapports ; et bien qu'an point du jour on pût apercevoir à travers le brouillard ^ le grand mouvement qui se prononçait sur sa gauche, il ne fut point encore convaincu, et ju-' gea inutile de faire revenir l'artillerie du 7* corps , que , par prudence , il avait renvoyée la veille à Magny-le-Fouchard.

Cependant, un détachement de cavalerie légère, qui fourrageait au-delà du bois de Lévigny; ayant été ramené sur les avant-postes par la cavalerie du comte de Fabien , le maréchal se décida à faire des dispositions de défense.

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La division Duhesme occupa la ville de Bar ; la brigade Jarry le penchant du coteau des Filles- Dieu ; la brigade Belair fut portée au sommet du plateau de Malépin , où ses tiraillera furent** aussitôt engagés ; la division Levai » opérant un changement de front par brigade,- Taile droite en avant, marcha par bataillon en masse vers le sommet du eôteaxi de Yemonfait ; la division Rothem-» bourg fut placée en seconde ligne , en arrière de la brigade Chassé qui formait la gauche de la première ; la cavalerie du cooirte St.^Germain se mit en bataille près de Moutiers; la division Pac^ thod prit les armes en avant de ses bivouacs.

On conçoit que toutes ces dispositions, faites à Timproviste , et en vue de Tennemi , se ressen* tirent de la précipitation qui y présida*

Déjà les 2$3® et 24^ régimens de chasseurs russes couronnaient la côte de Yerwméait, lorsqu'atta* qués par le général Moâtfôrt à lar tête des 101^ et io5^ régimens, ils en sont repoussés, débusqués du taillis qui est au revers, et rejetés dans le ravin qui se prolonge du bois de St.- Jacques à celui de Lévigny , où on leur fait nombre de prisonniers.

Alors parut la tête de colonne du prince Gorts^ chakow qui arrêta l'élan de la brigad;3 française^ Bientôt les cuirassiers de Pleskow , soutenus par un bataillon de Kaluga et le régimentde Mohilow, 1^ chargèrent , mais sans succès « dans ce terrain

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illégal , pierreux/, et pl^te de vignes ; néanmoins leur charge donna le temps démesure en batterie une nombreuse artillerie -, ^^i commença k ^nev avec efiet

Ecrasées par la mitraille,, la brigade Montf^rt et celle du général Bélair, plus loin à sa droite, furent ébranlées. Le prince GortscbaLow qui s'en aperçut , fit une seconde attaque , tandis que le prince Eugène de Wurtemberg, dont' la colonne se trouvait à la hauteur de Léviguj , marchait sur le bois, et s'engageait avec la bngade Chassé. L'attaque dd premier aUsiit avoir des conséquent ces funestes ; heureusement la brigade Pinoteau étant arrivée sur les entrefaites au soutien du général Montfort, une charge des lo^ léger et y de ligne rétablit pour ua momeiit l'équilibre dû combat.

Cependant le duc de Reggio , jugeant que cet avantage ne serait qu'éphémère sans artillerie, eut recours ati général Gérard, qui déjà engagé, lui envoya pourtant une batterie commandée par le chef de bataillon Normand; mais elle fut insuf-* fisante contre celles des Russes, qui, établies sur les crêtes , éteignirent bientôt son feu.

Malgré qiie la canonnade enlevât les hdiumes

par centaine , les troupes attendaient avec calme

l'ordre définitif de l'attaque ou de la retraite ;

quand tout -à- coup la cavalerie du comte dé

^ Valmy ayant passe l'Aube au gué du St.«*£sprit ,

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$e B^ontra sur la roule de Bar à Aillerille; eUe ne pouvait arrîrei* plus à propos , et sur-le-champ pril part au combat. A peine sur les hauteurs do Yernonfait , le général Jacquinot avec la cavale^ rie légère , s'élancei sur les hussards de Lubny » les taille en pièces, et ramène les cuirassiers do Pleskow le sabre à la gorge.

Cette charge poussée à fond et soutenue par les vieux dragons d'Espagne , paraissant devoir décider l'action , le comté de Witt^|enstein con-« centra son artillerie au centre, et rappela le prince Eugène de Wurtemberg et le comte do Pahlen , dont la tête de colonne était déjà vers Arsonval.

A la vue de ^artillerie ennemie,iegénérallsmert tombe sur elle avec les 4^ et i6* de dragons ; celle-i ci les laisse arriver à cent pas, et les couvre de mitraille. Repoussés une première et une seconde fois, ces deux régimens se rallient et tentent une troisième attaque, qui échoue également En moins d'un quart d'heure , ils perdirent plus de 4oo chevaux.

Malgré la .malheureuse issue de ces charges ^ que rinfanterie ne put soutenir à cause de Tim^ mensité de ses pertes , le prince de Schwarzenherg efifrayé de la vigueur avec laquelle elles furent exécutées , jugea nécessaire de renforcer le comte de Wittgenstein , et ordonna à deux brigades de cavalerie et une d'infanterie du corps

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de Wrède de se porter en toute hâte à soU soutien. Le général. Wolkinan qui commandait rinfj^nteriè , longea le . oôteau , et couronna les sommités inférieures de Malépîn au moment où Je^ comte de I^ahlen touchait à l'angle du bois de héyigaj } l'arritée de ces puissans renforts fit per- ^ï^e au duc deJHeggio le^birde se maintenir, et il oirdûnna la retraite*

De son coté , le généralissime jugeant itpie la cavalerie du oomtef Pahlen ne pouvait être plus utilement employée qu'à tourner là gauche de son adversaire , ainsi qu'elle en avait eu primiti-^ vement rordre , la fit repartir pour rejoindre sur les hauteurs d'Arsonval, les cosaques et les uhlans de Tschuiugew qui y étaient restés..

Dès que \e mouvement rétrograde de la brigade de première ligne fiit prononcé » le comte de Wittgenstein forma une colonne de 8 bataillons , dont un de Kaluga prit la tête et la dirigea de là crête de Yemonfait sur celle des Filles-Dieu ; eu vain le général Bélair qui l'occupait , voulut profiter de quelques plis du terrain pour larré^ ter.: l'artillerie de cette formidable colonne le cribla de mitraille, et l'obligea d'opérer sa retraite en tirailleurs.

Cependant le comte de Wrède fit atta^er de front la ville de Bar par cinq bataillons en colonne , tandis que quatre autres essayèrent de la

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tourner par leSi hauteurs , et de prendre à dos les troupes qui roccupaient* Le général Dohesme avait barricadé toutes les issues, pliacédes batteries sur les hauteurs en arrière de la yille , et a'j ferait long-temps défendu , ai prévenu de la retraite du centre et de la gauche il n'eût pas jugé ensuite la résistance inutile. Sa retraite s'opéra donc en ordre sous la protection de son artillerie ; une de ses brigades Se forma en carré à là sortie de Bar dans la vallée , et continua ainsi sa marche jusqu'au-delà d'AilleVille, l'autre se replia avec les batteries , par la route de Spoy.

Toute Tartillerie , et une grande partie des a* et 'j^ corps avaient déjà repassé le pont de Dolencourt, lorsque le comte de Pàhlén amena sur les hauteurs de ce village i!2 pièces de canon à 1 oo mètres de la route , derrière un large ra* vin , et les fit jouer sur la cavalerie du comte dé Yalmy. Cette canonnade inattendue causa un instant de désordre ; l'infanterie de l'arrièregarde craignant d'être coupée, se jeta dans le gué, péle-mêle avec les dragons. Le tumulte se propageait quand le général Montfort , à la tête du 1*' bataillon du io5® régiment, de quelques compagnies du ici® et de jeune garde, poussa droit à la batterie , et l'obligea à s'éloigner. Ce coup de forcerétablit Tordre, et l'arrière-garde alla se poster sitr le revers d'un coteau boisé.

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