CHAPITRE XX. l4g
partagea, à cet effet, ses troupes en deux colonnes qui s'avancèrent par Sweweghem et Bellegliem , tandis que le colonel Bihalow et le major Hellwig descendirent de Deynse sur Haerlebeck à dessein de se glisser sur les communications des Français.
Le colonel Lastoùr tint en ëchec devant ce poste les partisans prussiens et les cosaques avec im seul bataillon et cent chevaux. De son côté , le général Daudenaerde , abordé par 4 bataillons et 4 escadrons saxons et prussiens sous le colonel Ziegler , se maintint dans le sien avec fermeté , et ne le céda qu'après en avoir reçu l'ordre à la chute du jour. Il opéra alors sa retraite sur Courtray où il fut recueilli par le général Barrois , qui se porta à sa rencontre à un kilomètre de la ville.
A la vue de la colonne conduite par le colonel Schon , consistant en 6 bataillons et 2 escadrons , le général Penne ne crut pas prudent de disputer Belleghem avec opiniâtreté, bien qu'un abattis en facilitât la défense. 11 se replia sur une hauteur en arrière de ce village, où le général en chef accourut avec l'artillerie légère, la cavalerie et toute l'infanterie, à l'exception d'une brigade du général Barrois. Les progrès de,s Alliés furent bientôt arrêtes par une vive canonnade qui fit de grands ravages sur la chaussée où ils s'étaient massés , et comme le jour tombait ,'ils
l5o CAMPAGNE DE l8l4,
remirent au lendemain Fattaque sérieuse de la position.
Les Français Lc comte Maisou qui devina leur intention , ne
se retirent « .
sous LUie. la trouvant pas assez avantageuse pour y risquer un combat, évacua Courtray une heure avant le jour. D'abord il eut le dessein de marcher par sa droite sur la route de Turcoing l'espace de 5 à 6 kilomètres , puis de rabattre à gauche sur le flanc et les derrières des Alliés cantonnés sans inéfîancê dans les environs de Courtray. La nature du pays semblait favoriser l'exécution de ce projet hardi, dont il fut détourné par des considérations particulières et la fatigue de ses troupes , et il alla prendre position devant LîUe, à Mont-Halluin , jetant des postes à Roncq et Turcoing.
Le duc de Weimar passa une partie de la nuit à méditer son plan d'attaque , et déjà toutes ses colonnes étaient en mouvement vers 4 heures du matin , lorsque les rapports de ses avantpostes lui firent connaître que Courtray était évacué; alors elles y entrèrent en tenue de parade; et pour rehausser aux yeux des habitons l'éclat de sa conquête , un bulletin pompeux porta à 2,000 hommes la perte des Français dans l'engagement de la veille : la vérité est qu'elle fut seulement de i8o hommes hors de combat ou prisonniers.
Tandis que cette petite guerre tenait en échec