CHAPITRE XX. l5l
le eros des Alliés sur les frontières de Tancienne sortie de u
O garnison
France , le général Carnot , conformément à d'Anvers sur
, . la gauche de
ses instructions, poussa jusqu'à Lockeren une l'Escant. partie de sa garnison ; cependant informé que le comte Maison se repliait , et que les Anglais opéraient un mouvement de concentration sur Calmhout, il la rappela à Anvers deux jours après.
Mais l'orage.qui grossissait de ce côté, ne menaçait plus cette place. Sir Graham savqit qu'un gouverneur diligent tenait sa garnison çn haleine ; et c'était contre Berg-op-Zoom qu'il méditait un coup de main.
On a vu avec quelle peine les généraux Decaen et Maison en avaient successivement formé la garnison, complété l'approvisionnement* Quoiqu'on y eût fai t entrer jusqu'à 4,000 bommes, : la désertion et les maladies occasionnées par le défaut de viande fraîche , les bivouacs et les corvées multipliées, en avaient réduit la force au commencement de mars à 2,700 , nombre insuffisant pour garder une place qui , par l'étendue de ses fortifications, équivaut à 26 bastions, et n'exige pas moins de 12,000 bommes pour sa défense. 1
Cette place , où le génie de Coëborn semble Description avoir épuisé toutes les ressources de l'art , et si Berg-op-zoor» célèbre par les sièges qu'elle a soutenus, était d'autant moins à l'abri de surprise que le corps de place n'est qu'à demi revêtu , et que la gelée
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facilitait le passage des fossés. Elle se divise en deux parties, la ville proprement dite, qui est la plus considérable , est de forme presque circulaire , et le quartier du port , où le bassin qui fait une hache , a une ligne de maisons sur chacun de ses quais. Le quartier du port est séparé de la ville par des maisons et des murs de clôture : on ne communique de Tun à l'autre que par les remparts , et vers le milieu par un antique château nommé Fausse-Porte. La ville proprement dite, a trois portes d'où partent les routes de Stjeenbergen , de Breda et d'Anvers ; le quartier du port n'en a qu'une seule , encore ne conduit-elle qu'au fort d'Eau par une digue : on la nomme porte d'Eau.
Le comte Maison , connaissant la faiblesse de la garnison , avait prescrit au général Bîzanet de garder ses dehors à la turque; mais malgré cette recommandation, le gouverneur n'occupait comme postes d'avertissement , qu'un certain nombre d'ouvrages avancés. D'ailleurs à' la retraite, toutes les gardes extérieures se doublaient, des bivouacs placés sous des hangars , ne rentraient qu'une heure après la diane , et l'on faisait des patrouilles et des rondes fréquentes.
La population de Berg-op-Zoom , forte d'environ 5,000 âmes, se compose principalement de marins^ que l'état de blocus réduisait à la misère. Sir Graham s'y était ménagé depuis long-temps
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des intelligences , et comptait sur la coopération d'une partie des habitàns dans une surprise.
Le eénéral anglais , après avoir pesé toutes ces surpme de
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Circonstances , crut faire une galanterie au prince les Anglais. d'Orange d'enlever cette place la veille dû jour de sa naissance , et de lui en envoyer les clefs pour bouquet. Un corps de 4*800 hommes de toutes aroi^s destiné à cette opération fiit divisé en 4 colonnes. La 1'® forte de 1,000 hommes, devait attaquer entre les portes d'Anvers et du port; la 2® de 1,200, se porter à droite de celle de Breda; la 3® de 65o, ne faire qu'une fausse attaque sur la porte de Steenbergen et servir ensuite de réserve ; enfin, la 4® de 1,100 hommes, avait ordre de se glisser à marée basse par le port dans la ville. La tentative fut fixée le 8 mars à dix heures et demie , et toutes les colonnes furent guidées par des habitàns ; ceux du port se tenaient prêXs à les seconder.
Le 8 mars, entre 9 et 10 heures du soir, une vive fusillade se fit entendre à la porte de Steenbergen, c'était la 3® colonne qui, après avoir surpris la garde de l'avancée , se trouvait arrêtée en avant du pont dot*mant du corps de place, par le feu des palanques qui en défendaient l'abord. Aux premiers coups de fusil , tout le monde est Sur pied, et bientôt cette attaque est sinon repous^ sée, du moins contenue avec une partie de la garnison; sur ces entrefaites, la 4*^ colonne, aux
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ordres des généraux Skerret et Goore, pénètre par le chenal dans le port, sans que 1 embarcation qui s'y trouvait embossée en donne avis; le général Bizanet supposant que cette attaque est la seule véritable, dirige toutes les réserves vers la porte d'Eau; mais tandis que la garnison s'y rend de la place d'armes, par la fausse porte le long du quai , le général Goore , avec une partie de cette colonne, file le long des remparts vers la porte d'Anvers , dans le dessein de l'ouvrir au général Grabam , qui attendait sur la chaussée à deux portées de canon avec sa cavalerie.
C'en était fait de la garnison , si le général Goore , maître de cette porte , au lieu de se porter sur celle de Breda , en eût baissé le pont-levis, pris de revers le poste de la demi -lune qui la couvrait, et donné entrée au général Graham , ou bien encore s'il eût poussé vivement sur la place d'armes le faible poste qu'il avait en tête, et s'y fut solidement établi. Cette faute sauva la place : celui de Ja porte de Breda , renforcé d'un simple piquet, tint tête au général Goore qui arrivait intérieurement sur son flanc droit, et à la 3® colonne anglaise qui avait enlevé, sans coup férir, les ouvrages extérieurs de ce front.
La 4® attaque , retardée d'abord par la brisure des glaces du fossé, et obligée ensuite de changer de direction, n'en escalada que plus aisément le bastion Orange, nettoyé par le gêné-