CHAPITRE XX. l'Ol
rai Goore. Le général Cooke, qui la comman»* \ . dait , renforça les sections de ses deux collègues , en sorte que le combat se soutint avec le plus grand acharnement. La garnison forcée d'abandonner aux Anglais toute la partie gauche du port, les contint sur les autres points jusqu'au jour, que les voyant, pour ainsi dire, confinéis dans cette partie de l'enceinte, elle forma contre eux trois colonnes d'attaque. Deux se chargent de balayer le rempart, celle du centre de forcer la fausse porte, et toutes trois doivent se réunir naturellement à la porte d'Eau. Le signal est donné^ et elles s'ébranlent en même temps : bientôt celle dé droite s'empare de toute la partie du pont qu'elle a devant elle , pousse un détaclieraent à là gauche , et refoule les assaillans vers la porte d'Eau. A peine sont-ils dans les ouvrages extérieurs, que la mitraille les force d'y rentrer comme prisonniers. Le succès complet de celte colonne lui permît alors de joindre ses efforts à celles du centre et de la gauche contre les troupes du général Cooke qui combattaient encore à la fausse porte et au bastion Orange. La lutte fut sanglante; mais éulin, vers 9 heures du matin, les Anglais épuisés de fatigue, mirent bas les armes.
Ainsi finit, après douze heures, ime action commencée sous de si favorables auspices , et qui eût obtenu un tout autre résultat , si le
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général Graham, méprisant moins la faiblesse de la garnison , avait prévu le cas de sa résistance, et que ses colonnes ne se fussent point débandées en partie dans les maisons. Les Anglais firent une perte énorme : sur trois généraux entrés en ville, un fut tué roide, Tautre mourut dans la journée de ses blessures , et le troisième resta prisonnier avec 3,077 soldats. Les cadavres de 800 furent enterrés j et si l'on ajoute à ce nombre celui des officiers et soldats noyés dans les fossés , le bassin du pont et le chenal même , ceux tués dans les schorres et que la marée emporta , on verra que la perte totale ne peut être estimée à moins de 4>ooo hommes. La garnison eut 160 morts, 3oo blessés et une centaine de prisonniers. Une suspension d'armes de trois jours fut conclue le lo. entre le général Graham et le gouverneur, pour l'enterrement des morts , l'évacuation des blessés et l'échange des prisonniers (1).
Cet événement attéra les Anglais, et rendit leui'S alliés encore plus circonspects. Le duc de Weîmar , malgré sa supériorité , n'osa rien entreprendre avant l'arrivée du général ïhielman
(i) Voyez pour de plus grands détails rintéressante relation de eette surprise, donnée par M. le colonel du génie Legrand , dont ce qu'on Tient de lire n*est qu'un extrait.