CHAPITRE XX- iS'J
qui lui amenait environ i5 mille hommes , et se contenta de garder la ligne de Courtray, Tournay et Mons. Pendant ce temps, la garnison d'Anvers exécutait sur les derrières une nouvelle course qui donna beaucoup d'inquiétude au corps de blocus ; une sortie de celle de Maubeuge délûrra une colonne de 4 ^ Soo prisonniers français dirigée de Solre-sur-Sambre à Mons , et le général Gilly ayant eu avis qu'un parti de cavalerie séjouraait à Bruges , à dessein d'y favoriser un rassemblement 5 fit avec les garnisons d'Ostende , Dunkerque et Nieuport, une courte expédition, dans laquelle il dissipa les bandes à peine réunies, imposa une contribution de lo.o mille francs à la ville , et emmena en otage le maire et l'intendant que les Prussiens venaient d'y installer.
Enfin , les renforts attendus si patiemment Tentatire dtt par le duc de Weimar, ayant porté le nombre mar sur u^ de ses troupes disponibles à 27 mille combat- ^*"^*' tans, dont 3,ooo de cavalerie, avec un train de 41 bouches à feu, il crut le moment favorable pour s'emparer de Maubeuge par une attaque brusquée, et fit dans cette intention la distribution suivante de ses troupes : la brigade du général Ryssel, composée de 4 bataillons, autant d'escadrons et 6 pièces légères, devait prendre poste à Saint - Ghislain , pour couvrir Mons , et observer Valenciennes et Condé. De son côté, le général Borstell avec 9 bataillons , 8 escA-
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drons et 8 bouches à feu , vint camper à Bavay , pour masquer ces deux dernières places et observer Landrecies. La division saxonne du général Lecocq, forte de 7 bataillons et demi, 3 escadrons , avec un train de 24 pièces de gros calibre, fut désignée pour faire le siège de Maubeuge , et observer en même temps Phifippeville. Enfin, pour compléter le dispositif, 10 bataillons, 4 esradrons et 17 pièces légères aux ordres du lieutenant-général Tbielman, n'eurent d'autre destination que d'observer à Tournay le corps groupé iîous Lille. Cet officier général eut aussi le commandement supérieur sur les corps du colonel liihalow et des majors Hellwig et Puçkler qui devaient occuper Gand , Courtray et Bruges.
En conformité de ce singulier plan tout s'ébranla le 17 mars, et le corps de siège vint eu Iroîs marches de Tournay à Requignî es investir Maubeuge sur les deux rives de la Sambre. Le
duc de Weimar transféra son quartier-général a Cerfontaine, Nous nous dispenserons de donner une description de cette place ; elle joua un trop grand rôle dans les deux premières campagnes de la révolution , pour que les militaires n'eii aient pas un plan; seulement nous observerons que tous ses ouvrages délabrés et négligés depuis quinze ans, venaient d'être palissades, et que hors d'état de soutenir un siège régulier, elle était du moins à l'abri d'un coup de main*
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La garnison forte environ de 1,000 combattans, se composait d'un bataillon de gardes nationales du Pas-de-Calais , d'un de douaniers , du dépôt du 1**' régiment de chasseurs , qui n'avait pas 3o hommes montés , et d'une compagnie de canonniers formée d'hâbitans. Elle était commandée par le colonel d'artillerie SchouUer, directeur de la manufacture d'armes, officier distingué dans son arme » et très-résolu à tirer parti de ces faibles ressources.
Le 19 et le 20 mars furent employés à reconnaître la place. Supposant la garnison justement double de ce qu'elle était, les Saxons crurent
voir qu'elle occupait les. dehors et les hauteurs d'Asseyant, tandis qu'elle n'y montrait que des patrouilles, et ne s'en approchèrent qu'à pas de loup. Le 2 1 enfin , ils. prirent possession de ces hauteurs, ainsi que de Houssies, après un léger engagement avec un détachement sorti de la ville -pour reconnaître leurs dispositions de plus près.
Le jour suivant ils construisirent, à petite portée des remparts, trois batteries armées ensemble de 4 pièces de 24 5 6 de 12 , et de 8 mortiers, et commencèrent à les faire jouer le 28 à trois heures dû matin. Tout dans la place rivalisa d'ardeur et de dévouement; des femmes même voulurent
prendre part à la défense et porter les munitions sur les remparts. L'artillerie répondit
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avec une supériorité telle qu'a midi elle avait démonté la moitié des pièces des assiégeans , écrasé plusieurs plates-formes et fait sauter un magasin à poudre. Le duc de Weimar , dont les munitions commençaient à s'épuiser , somma la place , et la réponse du colonel SchouUer lui faisant connaître qu'il n'était pas homme à se laisser intimider, il mit plus de liant, et proposa une suspension d'armes, qui fut également rejetée; alors le feu continua jusqu'à la chute du jour, c'est-à-dire tant que durèrent les munitions. Les Alliés profitèrent de la nuit pour évacuer l'artillerie sur Mons, où le duc de Weimar se rendit aussi, tout honteux de son équipée. Le 24 9 1g commandant sortit avec sa garnison , et tandis qu'une partie détruisait les ouvrages de l'assiégeant et recueillait les débris d'aflùts et les munitions qu'il y avait abandonnées , l'autre délogea Farrière- garde de Ferrière-la-Grande , et la força de se retirer à Requignies sur son corps de bataille , auquel vînt se joindre la brigade Ryssel pour continuer le. blocus.
Ce coup de main manqué du duc de Weimar sur Maubeuge, à peu près semblable. à celui du duc de Saxe-Teschen sur Lille en 1793, obtint les mêmes résultats : il réveilla l'énergie et le patriotisme des citoyens les plus tièdes, en même temps qu'il les flatta de l'espoir de pouvoir défendre , pour ainsi dire , sans garnison leura remparts.