CHAPITRE XXT. I7I
coup de ces handes républicaines qui, dix-huit ans auparavant , couvrirent lltalie de trophées. Les désastres du nord avaient anéanti jusqu'aux cadres des régimens désignés pour sa formation , il n'en restait que les numéros.Mais que ne peut sur une jeunesse belliqueuse le souvenir des hautsfaits qui illustrèrent leurs pères sous les mêmes drapeaux !
L'armée autrichienne au contraire , forte de lfàût^on^ de» 84 bataillons et 62 escadrons , formant environ 70 mille hommes, n'était composée que de vieilles troupes, ff^oyez le Tableau n? XVI). La cavalerie particulièrement , ne laissait rien à désirer sous le rapport du choix ou de Tinstruc* tion des hommes et des chevaux.
A la droite^ le marquis de Sommariva occupait au nord du lac de Garda , Riva et Torbole ; son avant - garde dans le Yal Yestino , poussait ses postes au - delà de Tôscolano ; à la gauche , le général- major Stahrenberg avec un corps volant entre Lendinara et Badia était prêt à se joindre , au premier ordre , à la division Nugent , qui faisait des courses dans les départemens du Reno et du Rubicon. Le gros de l'armée cantonné entre le Bacchiglione et l'Adige , attendait le signal des hostilités.
Sur les derrières , le feld-maréchal-lieutenant Marschall resserrait le blocus de Venise et celui de Palma-Nova , tandis qu'un corps anglo-autri-
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chien pressait la capitulation de Gattaro et d« Raguse.
"^^iwe^* L'armée napolitaine , forte de :i8 bataillons et papoiitaine. Je 31 escadrons , formant environ aS mille hommes (voj. le Tableau n^ XVII) , s'ëtàit mise en marche sur deux colonnes des frontières de son royaume , dès les premiers jours de décembre. La première , composée des divisions Ambrozio et Pignatelli , était entrée dans la Marche d'Ancône par les Abbruzes ; la seconde , consistant dans les divisions Garascosa et Livron , avait suivi la voie romaine , et cantonnait dans les environs de Rome. Le Roi toujours à Naples avec sa garde à pied , achevait Torganisation de ses troisièmes bataillons , et terminait ses préparatifs d'entrée en campagne.
La position duYice^roi sur FAdige était la même que celle de Bonaparte à la fin de juillet 1796, lorsque Wurmser déboucha du Tyrol pour l'attaquer, avec cette différence pourtant , que le fils avait sur son père l'avantage de tenir Mantoue, alors au pouvoir des Autrichiens ; mais quel changement survenu dans la position relative des puissances belligérantes ! Au lieu d'avoir deux armées formidables sur le Rhin , il ne restait à la France découragée , épuisée et divisée d'opinions , pour défendre sa capitale menacée par toutes les armées de l'Europe , que le petit nombre de soldats échappés de Moskow et de Leipzig. Il fallait
donc que le génie du prince Eugène suppléât à ce qui lui manquait, et à l'imperfection de ce qu'il avait pour conserver sa ligne. Le feld-maréchal de Bellegarde, au contraire, avec une armée presque double de ]a sienne , recevait chaque jour des renforts , et allait être secondé parle roi de Naples et le corps anglo-sicilien.
La grande quantité de neifi[e tombée dans le Motifs au
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mois de janvier, servit à souhait les généraux Tcrture de la des deux partis. Le maréchal autrichien crut*^*"^ que la rigueur de la saison expliquerait son inaction à son jeune adversaire jusqu'à l'aiv rivée des Tîapolitains. Le Vice-roi de son côté , utilisa ces derniers instans pour achever Tha^ billement et l'instructioii des conscrits; cepen-» dant la politique apportait de jour en jour de nouveaux obstacles à la marche de ces auxiliaires: Joachim mandait au prince Eugène qu'il attendait de l'Empereur une décision sur la question de savoir s'il commanderait les deux armées après offensire
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leur jonction, au moment ou il ne tait pas sans deucour
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inquiétude sur 1 issue des négociations entamées et du roi avec l'Autriche et l'Angleterre. Les plus grandes * *^ *'* difficultés ne provenaient pas à la vérité du cabi« net de Vienne ^ qui dévorant en idée le royaume d'Italie, accédait à toutes les propositions du ministère napolitain; mais la cour de Londres, qui avait des vues moins directes sur ce pays, refusait dq souscrire au traité d'alliance conclu par
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l'Autriche , parce qu'ayant reconnu les droits dû roi de Sicile sur la couronne de Naples , il prétextait ne pouvoir la garantir à Joachim , sans entamer en même temps une négociation qui assurât une indemnité à son vieil allié. Enfin les considérations militaires mises en avant par le con- .... seil autrichien l'emportèrent, et lord Ben tinck fut
Armistice la- ^ *■ ....
tiéfinicatre les autorisé à couclurc uu armistice indéfini avec
Anglais et lia , , • i i
Kapoiitains. JoacDim. Cette trêve ou dun trait de plume les Anglais gagnèrent l'escadre napolitaine et les iles du golfe, ayant été signée, les nouveaux alliés songèrent à concerter leurs efforts de la manière la plus avantageuse.
Plan Le comte de Neipperg^ plénipotentiaire au-
de* coalises. tHchicn, préscuta alors UU projct d'après lequel lus troupes impériales opéreraient sur la gauche du Pô , les Napolitains sur la droite , et le corps anglo - sicilien qui débarquerait à Livourne , entre la mer et l'Apennin dans la direction de Gênes.
Ce plan qui avait l'inconvénient de faire agir les armées combinées sur un front très-étendu, séparé par un grand fleuve dont les Français tenaient tous les ponts , et coupé par une chaîne de montagnes, était cependant le meilleur à cause des circonstances particulières et de l'immense supériorité des Alliés.
Ces bases posées , le roi de Naples se décida enfin à eptrer en campagne. Après avoir laissé
quelques vieux bataillons au cénéral Manhès L'arma nti
± X - D ^ poiitaine se
dans les Galabres . réuni au camp d'instruction dirige vers le»
, *■ , . £UU romain»
de GapodiChîno 4 ^ ^ miUe conscrits, mis de bonnes garnisons dans Capoue et Gaëte, et enfin après avoir chargé les légions provinciales de maintenir la tranquillité intérieure , il partit pour Rome avec sa garde à pied , et poussa en même temps une partie de sa cavalerie vers la Toscane. Jusque-là sa correspondance avec le vice - roi gavait rien laissé transpirer de ses desseins , et partout ses colonnes furent reçues des Français et des Italiens comme des troupes alliées; mais bientôt son rôle allait devenir plus difficile : les divisions Ambrozio et Garascosa s'étant mis en contact avec le corps de Nugent aux environs de Modène , il semblait désormais impossible de tromper plus long*temps les deux partis ; toutefois sa politique en trouva encore les moyens. Yis-à-vis des Français , il affecta un mécontentement subit du silence que gardait Napoléon au sujet de ses demandes réitérées du commandement des armées; et afin de montrer un dépit plus naturel, et d'écarter tout soupçon , eii* sotiiciid il offrit à son rival, dans un abandon simulé, le ^*"^^* partage ou Falternative du commandement, assuré qu il rejetterait cette proposition contraire à sa dignité et à l'intention formelle de l'Empereur. Un prétexte plus spécieux couvrit aux Alliés ses tergiversations : Fempereur d'Autriche
i'jÔ CAMI>ACÎSE DE i8l4j
n'ayant pas ratifié le traité dans le terme convenu^ il pouvait , sans manquer à la foi promise , différetd'entrer en action. Son système triomphait, et peut-être Joachim serait-il resté paisible spectateur des événemens militaires au milieu des armées française, autrichienne et anglo-sicilienne, si l'ambition ne Feût fait dévier d'un plan si adroi^ tement combiné. Ses troupes couvraient les Etats de l'Eglise et la Marche d'Ancône, où il n'existait prUa àequQ trois faibles places. Dans l'impatience de Etat, de i*E- s'appropricr ces provinces qui échappaient au
glue an nom •■,. .7^ ,
du roi de Na- grand cmpirc , et sans considérer qu un gouverneur fran(;ais se trouvait encore à Rome, il en prit possession à titre de conquête , et prescrivit l'investissement du fort Saint-Ange , de Civita- Vecchia et de la citadelle d'Ancône. Cette brusque saillie d'une ambition aussi déplacée, fit sourire l'Autriche et l'Angleterre , et devint pour elles le gage de l'accession de Joachim à la coalition , en même temps qu'elle acheva de dessiller les yeux du Vice-roi sur sa déloyauté, et l'averlil de se tenir en garde contre elle.
ûtrmée frân- L'armée française étant débordée sur son flanc
faite se replie , . 19 '^ i*. •
,Hr le Miucib. droit par I armée austro-napohtame , et menacée sur ses communications par le corps du général Nugent, le prince Eugène prit la résolution delà replier sur le Mincio. Son mouvement de retraite commença le 3 février : Vérone fut évacué , et Ton ne laissa qu'une centaine d'hom-