‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 58 sur 109 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

qiie le gros du corps chargera vivement les troupes qui s'y trouvent engagées. La brigade Arnaud prend position devant la porte de Plaisance, ayant derrière elle les divisions Gratien et Severoli ; les brigades Schmitz et Jeannin eurent ordre d'attaquer les portes de Fornovo et de Colorno. Cette dernière coupa dans son mouvement unç colonne d'un millier d'hommes, et la força de rentrer dans la place. Le général Rambourg, en cherchant à gagner la chaussée de Reggio , aperçut sur la route de Colorno la colonne de Metzco qui, rejetée le 27 par le général Boimemain sur la rive droite du Pô , et prévenue à Guastalla par le Vice-roi , avait cru pouvoir se rallier à temps sur Parme. La découvrir , Fattaquer et la dissiper fut l'afiàire d'un instant. Elle perdit 5oo hommes y 2 pièces, de canon et tous^ SCS bagagçs.

Sur ces entrefaites , les généraux Arnaud et Jeannin forcèrent les portes de Plaisance et de Colorno,, taudis que de son coté, le général Schmitz après s'être rendu maître de celle de Fomovp , longeait le rempart pour occuper celle de Modène. Le& Autrichiens se défendirent d'abord ; m,aia pressés de tous côtés et sans espoir de salut, ils ^lireut bientôt bas les armes. On leur avait tué 600 hommes ; 1 ,800 demeurèrent prisonniers. Au nombre de ces derniers , se trouva une centaine de Napolitains qui furent désarmés

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et renvoyés à leur Roi , soit par mépris , ou par politique, afin de fortifier les soupçons que les Au* trichiens avaient d'une intelligence secrète entre le prince Eugène et lui.

L'issue de cette af&ire , honorable pour le gé* néral Grenier, paratt aux militaires le résultat d'une aberration de Joachim. En efièt , résolu à se replier sans combat, pourquoi se laissait -il serrer de si près , et ne s'était-il pas mis en mouvement dès la veille ? La seule raison qui puisse le justifier, c'est l'extrême répugnance qu'opposa le général Nugent à l'exécution de ses ordres de retraite, dont il ne comprenait pas la nécessité, et l'intention bien prononcée de s'engager pour mettre le Roi de Naples dans Talternative de combattre ou de se déshonorer.

Le 2 mars au soir, les Français s'établirent sur l'Enza , et poussèrent le lendemain la brigade Bambourg sur Reggio , dont elle chassa une centaine de chevaux ennemis. Le général Severoli vint le 4 l'y soutenir avec 7 bataillons , et se fit précéder à Rubiera par une faible avant-garde ; le général Gratien resta en réserve derrière TEnza avec un pareil nombre de bataillons. Ainsi le but du détachement du lieutenant-général Grenièrfut rempli, et les Austro - Napolitains écartés. Le Roi décidé même , s'il le fallait , à se retirer sur le Tanaro , évacua son matériel jusqu^à Ferrare ; la brigade Stahremberg était presque détruite }

d^aatres avaient beaucoup soufler t ; la confiance des troupes ébranlée , il n'était pas probable que Joachim fôt.de quelque temps eh état de re^f:* prendre l'offensive : aussi le Vice -roi rapiy^a^vil sans perte de temps sur le Mincio la divisiou Rouyer et la brigade Jeannin.

Pendant le mouvement des Austro-Napolitains l^^^f^l^ sur le Pô, le feld-maréchal de Bellegarde avait «ç";^;"'^^fait un pas à la dérobée , et porté sou quartier- sostmente. général de Vérone à Villa-Franca. Sa première ligne vint border la rive gauche du Mincio , poui^ être plus à portée d'observer ce qui se passait de l'autre côté. Habile à saisir toutes les occasions de donner le change à son adversaire, le Vice -roi résolut alors de se débarrasser de ces observateurs incommodes, en faisant marcher, le 5 mars au matin, le général Villatte avec 1,20a hommes, de Govemolo sur Ostiglia. Le poste de Sostinente fiit emporté par ce détachement , qui en détruisit les retranchemens. Ce coup hardi lit croire au maréchal que le général Grenier soutenait cette tête de colonne , et que l'intention du Prince était de se porter en forces sur Legnago pour séparer les deux armées combinées. Craignant donc d'avoir compromis sa gauche , il se hâta de reprendre ses anciennes positions; mais il se trompait , car ce projet n'entra jamais dans la pensée du Vice-roi, puisqu'il plaça le 7 la division Fressinet à Monzambano et Borghetto , celle de

a02 CAMPAGNE DE 1814»

Quesnel k Yolta et Pozzolo , le général Marcognet à Cerloogo et Goito » la garde royale à Mantoue ^ la cavalerie en seconde ligne à Cereta, la dirision Rouyer à Bozzolo et Maroaria.

Sans doute en isolant deux armées , on se procure de grands avantages ; néanmoins i^nous semble qu'ici ce n'était pas le cas. D'abord le terrains aux environs de Legnago est peu propre aux manœuvres; de plus, les deux armées ennemies se trouvaient séparées par le fait , puisqu'elles n'avaient pas de pont sur le fleuve ; enfin chacune d'elles avait la supériorité du nombre sur l'armée française : c'eut donc été une imprudence , que d'aller s'enfourner dans cette contrée -marécageuse , pour être acculé par les Autrichiens au Pô , tandis que les Napolitains bordaient sa rive droite. Le feld-maréchai aurait bien dû. plutôt se réjouir de voir Je Vice-roi prendre ce parti , que s'en effrayer : et ses crakïtes à cet égard étaient puériles.

i^RoideNa- Dès que tout eut confirmé au Roi de Naplea roffeniiive. Ic départ du comte Grenier pour le Mincio » il sentit qu'il ne pouvait se dispenser d'effacer par une marche oâensive l'espèce de tache qu'imprimait à ses armes, une retraite d^ plus^ de lo myriamètres deva^-t un ennemi inférieur, et sans autres combats que' des échaufïburées d'arrièregarde. Informé qu'on ne lui opposait plus qu'un corps de 4 bataillons et lo à 12 escadrons hors

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