‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 63 sur 109 · CHAPITRE XXII. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. a

maintenir la tranquillité et saisir la première occasion de relever le courage des Lyonnais consternés, r

Ainsi le général Musnier «e trouvait par la réunion des dépôts stationnés à Lyon , chargé de jcouvriravec 1,700 hommes de troupes neuves une ville ouverte , sur la population ^de laquelle il ne ppuvait compter^

Mais pour juger de la difficulté de s'acquitter convenablement de cette tâche , il faut se faire une' idée de Lyon.

Cetjte ville bâtie dans la presqu'île formée par î)Mcriptioa le Rhône et la Saône , ainsi que dans l'anse dessinée.par la rive droite de cette rivière , se divise en trois parties. La première ou faubourg de la GuillotièFeàjsSo mètres environ de la rive gauche du Rhône , est toul-à-fait ouverte ; la seconde comprise entre le fleuve et la Saône, a pour enceinte une vieille enveloppe bastionnée , sans fossé , masquée à l'est par le faubourg de la Croix-Rousse qui est lui-même plongé par les hauteurs de ce nom , et à l'ouest par le faubourg de Serin qui s'étend à mille mètres le long de la rive gauche de la Saône. Enfin , la troisième partie bâtie dans Tanse de cette rivière, est fermée par une vieille muraille flanquée de tours rondes X)u carrées et de quelques bastions , sans fossé , qui suit les res- .S£^uts escarpés de la colline de Fourvière sur le * revers oriental de laquelle sont assis les quartiers

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les plus populeux. Cette dernière partie n'^dl p^id dominée; mais déjà masquée à Touest par le bourg de Saint-Irenée qui occupe la croupe occidentale de la même colline , elle Test encore dans la direction du nord par le faubourg de Yaize qui longe la rive droite de la Saône. Toutesfois cette dernière partie de l'enceinte est susceptible d'être couverte au moyen de quelques batteries. Cependant , attendu que les hauteurs de la Croix-Rousse commandent le faubourg de ce nom, et que la plaine de la Guillotièreest traversée d*unè infinité de chemins creux qui faciliteraient rétablissement des batteries incendiaires , il s^ensuit que le fleuve ne protège Lyon que contre une incursion. Sept ponts en pierres, de bois ou de bateaux , sur la Saône , établissent la communication entre la presqu'île et l'anse , où viennent aboutir les principales communications de Fintérieur de la France; des deux autres ponts sur le Rhône partent les routes de Pont-de-Beauvoism , Grenoble et Vienne. Entre le Rhône et la Saône , il n'y a que celles de Trévoux et de Lons-le-Saulnîer qui passe à Bourg.

Le général Musnier prévoyant que si les habi^ tans de l'Ain n'avalent pas le temps de rompre les digues des nombreux étangs qui couvrent la surface dé leur département, le comte de Bùbnà déboucherait de préférence par les routes de Bourg , mit des postes d'observation à Grange-

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Slaache et au pont d'Oullins , pour éclairer les routes de Cliâlons , de Moulins , de Clermont et du Puy, et vint s'établir avec environ mille hommes en tête du faubourg de la Croix-Housse*

A peine ces premières mesui^es étaient-elles Le comte da

• 1 • 1 • 1 Bubna se pré-

prises , que des coureurs autrichiens parurent le sente derant 16, à i5 kilomètres dfi Lyon, sur lès routes de^^**°' Dombes et d'Amberieux , où ils fusillèrent avec les avant-postes français ; mais le comte de Bubna quide Bourg avait cru pouvoir déboucb^er directement par Meximieux , fut force à cause de Finondation du pays à revenir sur ses pas prendre la route d'Amberieux ; ce ne fut que le lendemain; que le général Musnier repassa la Saône , et s'établit à l'embranchement des chaussées de Châtions, de Moulins et de Clermont, ne laissant au. col de la presqu'île que de simples postes d'avertissement Cependant le général ennemi hors d'état d'apprécier au juste la faiblesse de son adversaire, perdit encore la journée du 18 en reconnaissances et messages de parlementaires. Vainement quelques ouvriers allemands d'origine lui assurèrent que la ville était déserte , il n'ajouta pas foi fleurs rapports; et bien qu'une patrouille guidée par eux, fut parvenue dans la nuit jusque sur le quai du Rhône , où elle s'arrêta même pour rafraîchir , il crut hasarder beaucoup le lendemain de prendre poste sur la hauteur de la Croix« Bousse*

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Cette timidité donnantà croire^u général Musnier que les ennemis n'étaient pas en mesure de tenter un coup de miain , il résolut de les déloger par une attaque de nuit, immédiatement après l'arrivée d'un renfort de 700 hommes des 16*^ et i45' régimens envoyés en poste de Valence par le duc de Castiglione; mais le comte de Bubna en ayant eu avis, se retira sur les hauteurs du château de La Pape. Ce pas rétrograde devint décisif, et dès-lors on conçut l'espoir de sauver Lyon , car l'esprit public renaquit-, la garde nationale s'arma. Le 30 , 400 hommes du 32® et les deux premières pièces de canon arrivèrent , et ce nouveau renfort fut suivi le lendemain par 170 chevaux des 4® et 3i® de chasseurs , et une troisième pièce de canon qu'amena le duc dé Castiglione.*

Les jours suivans , les Autrichiens furent repoussés jusqu'à Montluel où ils se maintinrent jusqu'à la fin de janvier. Tandis que Lyon échappait aussi heureusement de leurs mains , la fortune parut vouloir les en dédommager par quelques succès dans le Mont-Blanc. Le général Zeicl)meister parti de Genève le 18 avec en- ^^^"* '^^ viron 1,800 hommes et 8 pièces de canon, attaqua le détachement campé à Rumilly et l'en délogea. Le général de Laroche , commandant la 7® division militaire , qui avait porté son quartiergénéral à Chambéry , instruit de cet échec , n'eut que le temps de songera la retraite et la marqua

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