‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 84 sur 109 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

«xécatér le passage de TAdour au-dessous de Bayomre. Ce plan arrélé de longue main par lord Wellington, et ^i avait été ajourné rnch xnentanément à cause des énormes difficultés qu*y eût apporté le grand nombi^e 4© troupes établies dans le camp retranché , paraissant alors praticable , il aHait bienlôt- en commen- 4cer rexécution. En effets le duc de Dalmâtie depuis le départ de ses troia divisions pour la grande aiwée s s'étant vu obligé de porter la majeure partie de ses forces sur le gave de Pau 9 ne pouvait plus opposer autant de résistance; non qlie Bayonrie et le camp retranché fussent tout ^ à -fait dégarnis; mâis«^la division du gâiéral Abbé et l-es conscrits que le - Mare-, chai avait fait< entrer dans la place , ne présentaient pas au- delà. de 12 nnUe conibattans, nombre à )>eine suffisant pour garder les ouvrages. 11 était dono naturel que le général an^ glais profitât de cet état de choses pour s'ouvrir la grande route de Bordeaux , et tâcher de manoeuvrer sur la droite de son adversaire , après avoir laissé, un çoii^s de blocus devant Baypnne.

Déjà une grande quantité d'embarcations de ^o à 3o tonneaux avaient été rassemblées dans Jes ports de Saint- Jean-de-Luz et de Socoa, afin de jeter un. pont à Tembouchure de TAdour, sous la protection de Fescadrille de Famiral Penrose

aSa CÀifPiONe DE if^i4,

qui veaait d'y mcmillisr.; .mai^ U$ yenis contratiM retinrenl k ilottille . dtl»9 le port, et le projet fut ajouraé» I^ord WeHiogtop .en revint alors à opérer par W. droite , et eheratia à réparer le lem]pâ perdu 6ur 1% graphe, quand U eût éié «i simple d agir «{«uiltanément do^dwx côtés.

La positieu de rarmae alliée étendue 9ar nne ligne de près de 8 myrîamètres , ayant une partie de 9on centre condamnée à regarder Bayoniiâe, ^l'autre a rester dans Tinaction par les difficultés du terrain compris entre la route .de Saint-Jeazi- Fied-de-rPort , l'Adour et la Bidousse, derait uécessairement déterminer lord Wellington à user de tous ses moyens pour obtenir un atantage aveé sa droite, qui a^ait seule là liberté des mouvemenSi L'attitude.du duc de Dalmatie der- ^ùère le gave de Mauléon , Ty encouragea ; car il lui sembla hors dé doute que , s'il se fût cni en état d'agir , il n'eut |>as manqué de prendre luimême rinitiative.

Projet d*at- Cependant la position de 5auyet4a*re lui pah^oeàa gaye J^i^sd^ difficile à cnleTcr, il ordonna un mouvedc Mauieon. ^gj^^ général sur sa ligne pour partager Tattea^ tion de son adversaire. Les deux divisions qui formaient le bloous de Bayonne eurent ordre de se tenir prêtes soit à passer TAdour au-dessous de cette place ^ si la flottille pouvait arriver , soi t à tout ^tre mouvement sur le fleuve au-dessus d# la place. Don Manuel Freyre, commandant la

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quatrième inrmée eiip^gnole , fiift invité à rwBevver^ seft oiatonne^iesys aux ewkon» d'Yrem , pour suivre le mcmvisiAcsÊlU . La maracbal Beresfoi^d laissé avec le cealre en abservation sur la Baise- Bidouze, eut ordx^ d'attaquer les postes d'Haatingues et d'Ofyergave^afiu de rejeter les Françaî$ Yera Peyrehorade. La division Pictoa de l'aile droite, fut chargée de Dàîre ucie jausse attaque de froDt :$ur Sauveterre, pendant que sir Rowland fiiU passerait le gave à VîUenava pour tourner la ^uche des Français et prendre leur position en 0an€ et à revers*. Enfin le général MoriUo fut désigné pour former l'investisfiemaaC de Navarreîns* Des militaires ont €0|»testé l'isa^ bileté de ces dispoaâlions ^ et ont pensé que lord Wellington eut obtenu le même résultat en ren^ forçant le corps de sir . Rowland HiU , et ùà^ aant efibrt avec lui sur rei&trémcî, gauche des Français.

Iféiuimoh» le snecè» i^ondk aux espérances des Alliés : le marécfasj Beresford reploya le 23. leviîer )|ps poajtes française jusque dans la téta do pânt de Peyreborade. Lé a4^ la général HiU ayant efiecttié son passage à YiUeQave , le baron Glausel qui avait. ordre de ne pas se eosnpro* mettre, fit voler la, pont de Sauvetcrre,, et se retira*

Le duo de Dalmatie jugeant qa'3 ne pouvait, eu <%ard à sa faiblesse , défendre efficacement la

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gave d'Oleron , livra Bay onne à ses propres forces , et s'échelonna dès le 33 sur Orthez, où son armée fiit réunie le 36, et postëeainsi qu'il suit: tes Françai» L^ droite aux ordrcs du comte Reille , com-

se concentrent ^ ^ '

à ortbe», der- posëc dcs divlsious Taupin et Maransm , occu-

riere le gavf , , ,

dePao. pait le village de Saint -Boés et le contre* fort à gauche du village. Le centre sous le comte d'Ërlon, avait les divisions Foy et Darmaguac sur Içs hauteurs entre Saint -Boës et Orthez; la division Villatte. en réserve. La gauche aux ordres du général Glausel , composée des divisions Darricau / Harispe et^ Paris , occupait les hauteurs en arrière d'Orthez avec des postes au pont et en avant de la ville. Toute la cavalerie se trouvait réunie sous le général Soult en avant d'Orthez , à l'exception du l3^ de chasseurs, détaché avec la division Harispe, et 'du i5^ , chargé d' observer le gave de Pau :depu|s Puyôo jusqu'à l'Adour.

L'armée alliée libre dans ses mouvemens par . la retraite des Français , se dirigea sur Orthez en trois colonnes, le a6 février: le ceolre sons le maréchal Beresford devenant la gauche des corps agissans , après les avoir délogé^ des postes de Hastingues et Oeyergave , passa les gaves d'Oleron et de Pau à leur confluent au-desles Alliés sus dc Peyrchorade , et marcha sur la irande

passent le gave •' , ^ *^

de Pan. route vcrs Orthez. Sir Stappleion. Cotton franchit avec sa cavalerie le gave de Pau aux gués ,

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de Catmeille et de La Hontan ;. et la tête dé colonne du géaéral Hill suivant la route .^u'avaît tenue le barôù Clause!, rint prendre poste sur . les hauteurs de Magret et de Départ , ca* nonner Ox*thez , et engager.une vive fusillade au pont.

Ce morcellement vicieux des forcesLalliées en ^ ^ 4"* ^'

^ Dalmatie veut

trois colonnes, leur serait dévenu fatal , si le duc le^ii^er bataille ; cause

de Dalmatie dont l'intention était de toiûber avec qpù r«n en. toutes ses troupes réunies, le 126, sur celles qui avaient franchi le gave , eût été l?ien servi; par l'officier chargé d'en observer les passages; en effet, rien ne lui eût été plus facile qi^e de culbuter * la division Picton et la cavalerie du lieiiteuantgénéral Stappleton Cotton , qui commençait à - ' passer le gave au pont de Berenx, tandis que le maréchal Beresford encore engagé dans un long et pénible mouvement vers Peyrehorade et lecorps du lieutenant -général Hilib toujours sur la rive gauche, ne pouvaient le soutenii^ Mais il fut pré*^ venu trop tard par le colonel du 1 5% qqi s'absentk ' , sans motif, et ne prévint le duc de Dalmatie du passage de l'ennemi , qu'au moment où déjà formé sur le plateau de Baigts , il n'était plus temps de s'opposer à ses progrès.

Le Maréchal désespéré de se voir ravir par

cette négligence le fruit de sa combinaison,

suspendit lel^aron Faverot de ses fonctions, et fit

.examiner s^ conduite par un conseil d'enquête ,

dont \é rkp^tt ne fut pas fkVorâble «ti pré-

Béfouts de la ^^ pôMlton tf Ôrthez coasîdër^e «o« !«s rapth« ' wns^[ê P*^'* d^easife , présentait cle graréd ' incorivé* rapportdéfen- tiien^ *. elle • û'uvôît po^f tcti^akè que la rotite d'Orthez à Saint -Sever, percée dans lin ter* rain mofiituetist , difficile et coupe de' mai^is* Cette locaiilétiouvàit à la vërilë Éaciliter lès chîcanes, si la retraite V exécutait ettbo A ord^«; mais la droite placée à* Saînt-Boés , était en Taîr ; et riew n'étoîpéchait les AAglais de Tabôrder du côté où les hauteurs sont le plus accessibles. S^îls parvenaient & la culbuter, ils se trouvaient aussi

Près du seul poitit de retraite que la gauche k Orthe^ ; et un mouvement rapide , faisant tomber en leur pouvoir le pont du Luy de Béai^ , l'armée française eût été placée dans une position désespérée. ' Bataille d'Or- Lc *i7 àu matiu , lord Wdllîngton arriva eh *^pïan d atta- P^^^^^ avcc sa gduche et son centre, tandis «pie de lord q^ç g^ di^^ito eucore sur la rive gauche du gave , ^ se concentrait devant Orthet, Après avoir recoûttu la position , il se décida à l'attaquer sur ^ toute son étendue, en se déployant assez pour en déborder les ailes : le maréchal Beresferd eut otdté d'aborder la droite de front , et de la tourner aVec les divisions Côle et Walcke^ , èbtiteiïties de là brigade de cavafevîe légère du Côloael Vivian ; le général Pîx:ton d'attaquer le

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centre et la gituobe avec sa division et celle du général Clinton, appuyées de la bri^mde de Cfti^alerielégèrâ de Ibîsâ Sofntuer^ét, ][t^dâiit cfue sir RdWlakid HtU ^MS^rait le gave à'u-des^u^ d'OriheÈ^ et jfireudfail; la gaudbe à i^ver^. La dlîtî^i^li légère du ^û^ral Âltéu fdMiâit i^ésexVe sttî* Ië rite di*oîte.

Illei^eiidàtit te dtté die Efelïnatîe i ^igé dé i*e-< Fonhatioti de ce?oïr lé dhoc au iiéu dé lé {yortei- , Aîrait employé caise. la nuit à fif'y pl'épat^i^* A l'âîîe dt-oîté i là 1^ bri-^ gade de la -dif ision Taupîli oceupaît lé tîllagè de. SàiAk-Bôéi , échelonnée ^i^ la û^\ fbi^ailt ^èÂte ateè la division MairâU^in qui s'ététidëit patôUâ^ lemëtll k la routé de Dak , ayant pour réserte la brîgadé Paris. Att céUtre , les divisioné Foy et DafÉUagnae aVaieUt été placées à cheTal sur la l'oute. de Bayoune, à la Uâis^aUcé des côlliués qui s'élèvent en avant d'Othèz; enfiu à l'aile gauche , la division Harispe chai'gée de défendre éette tillé, s'échelonnait à la division Datricau , aux Trinitâîres , VeH les hauteui's dé Aontuu^ éû le généi'âl Tillàlte et Ija t!;avalérié du géuéral Soult formaient réserve. Le général BertoU Avec deux régimens de càtalërie , un d'ihtantérie légère , et 1 pièces de cauon , fut détaché à Lacqf, ^r la route de Pau , pour gai^dei^ le gaVe {UsqU au pôftt dé Lescàr , avec l'iuslt-uctiott de ué Se i^iret pai* Ârthes sut SaUlt-de-^NavaiUes que !bi**qu'il y sérail forcé par des masses. Le géuéral Damcatt

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fenait Dax avec quelqae9 centaines d'hoinmes détachés de sa ditision.

f ' ^<>^- L'action commença vers nenf heures , et ce fîtt s.-Boéfc la division Cole qui l'engagea avec le i a* régiment d mÊinterie légère ) à Saint -Boés: bientôt elle devint générale , et après de grands efforts, le maréchal Beresford parvint à s'emparer de ce village ;. mais il lui fut impossible d'en déboïKiher^ parée que le peu de largeur du terrain en arrière , batto par l'artillerie française , ne lui permit pas de déployer ses masses.

2* moment. Loid Wcllingtou informé de la résistance lingtoa ren- qu'opposait le comte Reille à l'attaque du madeTrdrôueda réchal Beresford j vit. bien qu'il fallait changer de plan. Laissant donc le lieutenant*général Stappleton Cotto^ ayec la cavalerie de lord Sominerset devant la divisioù Darmagnac , il porta la divjrsion 4^ti»i contre le général Maransin^ et celles des généraux I^i^ton et Clinton cdntre le générsd Foy, au moment où une brigade du général' Çole v soutenue du corps -du ma^ réciû^l Beres£G^d ,^ttaquait ii soti tour la division Xaupîn. ^ .

Ce double choc fut rude : le général Béchaud perdit ta vie dans Saiht-Boés, qui resta au général Anson. Au centre , le général Foy ayant été grièvement blessé , sa division commença à regarder derrière elle. Bientôt son mouvement ré* tf*ogra^e détermina celui des divisions placées

ctntre.

$ur les flancs. Toutefois elles ne tardèrent paa à se reformer sous }a protection de la brigiide Paris 9 qui se plia en carré; et cette manœuvre « dernière ressource que l'art oppose au nombre^ arrêta quelque temps les Anglais. Sur ces entrefaites, le lieutenant- fiénéral Hill força avec la i-e^s^n^ft

.. ^ , ^^^ ^ HUl force U

division Stewartella cavalerie du général FanepMM^daga. le gué de Biron» défendh par deux faibles ba-rièT«s d^^ taillons de la brigade Baurot. Le général Yillatte "'*^^' n'ayant pas songé à retarder sa marche pendajil: que le général Berton réunissait ses détachemens pour tomber sur le flanc de <cette colonne ^i le duc de Dalmatie, accouru de la droite où il ve« y

naît de rétablir le combat , vit qu'il était trop tard pour s'opposer avec efficacité à ses progrès , et n'hésita pas à ordonner la retraite. Les comtes Reille et d'Erlon reçurent l'ordre de se replier Le due d« lentement de colline en coUiiie vers Sault*de- Sî^e^u %. Kavailles»^ et Je général Harispe qui tenait tête à ^**^' la division portugaise sur la rive gauche duXîave^ celui de se porter sur Rontun. En instruisant le général Berton de ces dispositions, le Maréchal lui recommanda de -marcher d'Arthes parallèlement à l'armée jusqu'à hauteur d'Hagetmau, afii^i d'arriver sur le flanc jd^ l'ennemi j si le canon se faisait entendre dans cette direction*

Toute la ligne opérant ainsi la retraite an s^momtiif/ même moment , il ÊiUait beaucoup d'aplomb etTaiîm!' ^ pour éviter l'encombrement et néanmoins lea

^é CAMPAGNE DE iSl^t

dmsidns passèrent successivement le défilé san^ confusion ; elle n'eut rien de particulier que deux petites charges de cayalerie : la prentière exécutée par uu escadron du ai^ de chassears sur la tête de colonne de la brigade portugaise qiii poursuivait trop vivement la division Foy , et dans la(|uelle le chef d'escadron Leclair, après avoir fait mettre bas les armes à 3- où 4oo hommes , fut enveloppé , et ne put revenir qu'avec j chasseurs ; lautré , fournie par le 7^ de hussards anglais contre iin bataillon de gardes nationales de Pau etvn du ll5^ Cette poignée d'hommes qui forbaait Texlrême arrière-garde de la division Hâfispe ayant mis trop de ténacité à entraver là marche du corps du Heuteliant- général Hill , fut coupée entre Sallespisse et Pau par la brigade de lord Sôminerset, et obligée de se jeter à droite de la- route dans un teri'aîn fourré , où assaillie par les hussards ennemis , elle pet-dit '280 à 3oà hommes.

Telle fut dat3S 9on ensemble la bataille d'Or^ thez, moine célèbre encore par les h^ophées éle* vés sur le champ de bataille , que par les suites qui devaient en résulter. Les pertes fiirent à-peù-près balancées'; caries Français eurent i2,5oo hommes tués, blessés ou ptîsonniers , et les Alliée !2,3oo hors de ccfmbat : mais ils prirent a pièces de canon et en recueillirent 2 autres et un obusier , que faute de chevaux l'on ne put sauver.

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