‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 89 sur 109 · CHAPITRE XXilI. 3oi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXilI. 3oi

la ibis et la faiblesse du parti royaliste , et la feiosseté de ses calculs. Eu efîet , ou il était sûr de faire la révolution , et alors le détachemeut devenait îùuiile ; ou il eu doutait , et daus ce cas il eût été insuffisant et compromis. Mais les instauces réité* rées du marquis de LarocherJacqueljein et d'un nouveau député expédié de Bordeaux par le comité royaliste , décidèrent le général anglais à • donner quelque cl^ose au hasard : seulement au lieu d'envoyer les 3 mille hommes demandés , il prescrivit au maréchal Beresford de se porter sur cette ville avec la brigade de cavalerie du colonel .Vivian , et les divisions Cole et Walcker.

La marchç de la colonne du maréchal Beres- iJj^oa Tél^ ford n'éprouva aucun obstacle , et elle fiit à peine ^^ll^^^ observée par les détachemens de gendarmerie ^'^•*^' qu'écartaient aisément les hussards anglais.

Le marquis de Laroche Jacquelein chargé des instructions du duc d'Angouléme , la précéda de dsux jours , et arriva secrètement i Bordeaux. Le comité royaliste convoqué , il lui annonce que les troupes anglaises qu'ils ont si mvement . désirées sont en marche et se présenteront le sur^ lendemain aux portes de la ville^ qu'il ne reste plut qu'à se déclarer si l'on veut jouir enfin de la prér sence du petUrJils de Henri IF^ {iy Déjà quel-

(i) Koyez Be«uohaiDp » tom. II, Ut. Xllti pag. S^.

3oa, CiMPACNE DE l8l4)

ques royalistes tremblans sur les suites de cette démarche, cherchent à la différer en alléguant la nécessité de disposer le peuple à la révolution ; et ce ne fut qu'après une longue délibé* ration , qu'on expédia Le cheralier de Luetkens au maréchal Beresford à Langon pour l'engager a poursuivre sa marche.

. Cependant le sénateur Gomudet» commissaire extraordinaire de FEmpereur , et le général L'Huilier , commandant la division j jugeant ne pouvoir faire tête à l'orage , étaient partis avec toutes les autorités civiles et militaires.. La faible garni-» son , sans ordre et sans chef, se trouvait dans le plus grand embarras. Une partie se mit. en route et passa la.Garonne ; un bataillon de conscrits qui resta seul au pont de la May e , y fut pris par la cavalerie ennemie.

' Ainsi tout concourut & favoriser la révolution Les Anglais préparée par le Maire , et le jour de l'entrée des deaax. Auglais à Bordcaux fut une fête. Le bas peuple ,* qui tire du commerce son premier moyen d'exisr tence, amené naturellement, par une suite de transitions à envisager le rétablissement de la maison de Bourbon comme un gage assuré de pais: tet du retour de l'abondance , loin de re-» garder en ennemis ceux qui accompagnaient le duc d' Angouléme , se jeta avec confiance dans l'avenir; mais les hommes clairvoyans n'entrevirent

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dans cet événement , quelle qu'eu p&t être Tissue , que le triomphe de l'Angleterre.

Tandis que ces choses se passaient sur les derrières de l'armée française , que lord Wellington attendait à Saiiit^ver la nouvelle de l'occupa^ tion de Bordeaux , le n>aréchal de Dalinatiê ^ df-< faibli par les pertes des derniers combats , sur-tout par la désertion à rinlérieur des nouvelles levées ^ donna une autre organisation à son* armée ( F^oyez le Tableau ■IV' XXIIIJ , et chercha àhla i^enforcer en autorisant la formation de plnsiéur^ corps de partisans» Quoiqu'il ignorai; encore la prise de Bordeaux et< les projets d^ royalistes , là proclamation du duc d'Angouléàae se trouvant répandue à t5ùs les avant "- postés^le Maréchal crut de son devoir d'en balancer les^ èiFets par une autre dont l'histoire conservera' âans doute les principaux traits. -

Celte p^eelatnation n'arrêta point la' âéser-^ tion des conscrits', niais die enflamma d'ardèdr tons \^ vétérans de Tarriiée , qtiî , partageant lès sentimens de leur géïiéral , dëmandèret^t à gl»ànds cris qu'il les conduisit à l'ennemi.

Le Maréchal voulant mettre à profit ^es pré^ j^ ^^^ ^^ cieu^es dispositions , résolut dé manœuvrer sui» ï^a*™»*»® '«-

*• . , vient sur set

la droitetie son adversaire , en$e portant par Con-^ pocher sur Garlin, et de rentrer, s'il élaît possible^ à Aire , espérant par- là forcer lord Welling* ton à rappeler le maréchal Beresford, qu'il ne

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croyait pas aussi près du terme de son expé* dition.

Mais avant de commencer ce mouveanent , 3 ▼ou]ut savoir de quelle manière Pau étaiit occupé à sa gauche, et chargea le 2^ de hussards de cette reconnaissance. Le colonel Séganville part de Pontrac à la chute du jour, arrive devant cette ville à deux heures du matin , culbute les avant -postes ennemis^ et ramène un capitaine et 3o dragons montés, qui apprennent qu'elle est gardée par deux régimens de cette arme aux ordres du général Fane , et une brigade d'infm*terie portugaise.

Le Maréchal rassuré de ce coté , avait Finten^ tion de se mettre en marche le lendemain ; mais la retraite lui ayant fait perdre la ligne de ses magasins sur le Bas-Adour et la Garonne, il fut forcé d'attendre qu'on eût ramassé des vivres dans les cantonnemens. Enfin l'armée s'ébranla le 13 mars, laissant le corps du comte d'Erlon cflTftierM à dans la vallée de Bigorre pour garder la corn- * ^ munication de Tarbes. Le général Berton for^ mant avant-garde culbiite les avant-postes portugais , charge sur le plateau de Yiella avec le 10* de chasseurs un régiment de cavalerie de cette nation , le poursuit l'épée dans les reinf jusque sur la route d'Aire , et ramène une trenr taine d'hommes et 70 chevaux. Sii* Rowland Hilji menacé par ce mouvement , se h&t^ de concentrer

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SCS troupes entre Aire et Garlîn ^ derrière le grand Lées , où lord Wellington le renforça sur- le - ''Ghamp de deux divisions disponibles qui lui restaient sur la rive droite de l'Adour. L'armée française allait continuer son mouvement de Viella et de Moncla , le i4 » sur Aire , lorsque le duc de Dalmatie apprenant que sir Hill venait 4'être renforcé, supposa que c'était par les deux c

divisions désignées pour l'expédition de Bor- . deaux. Dès-lors ayant atteint son but sans effusion de sang, le Maréchal aurait cru commettre une imprudence de s'avancer sur le flanc d'une armée qui n'avait qu'à marcher devant ' elle pour culbuter le peu de troupes laissées * dans la vallép de l'Adour , le prévenir luimême à Tarbes , et l'acculer aux montagnes.

Persuadé qu'il n'avait pas un moment à perdre pour opérer sa retraite , il se porta le 16 â L'année fran. Simacourbe et Làmbége , et de là sur Vie- XIT Tarbeït

Dlrv^m...» suivie par les

Bigorre. ^^^J

Tant? que les Français restèrent sur le flanc droit de l'armée anglaise , lord Wellington n'osa les inquiéter en menaçant leurs communications , ce qui lui eût été néanmoins facile en marchant à Maubourguet qu'aucune troupe ne couvrait : mais dès que le mouvement de retraite fut prononcé, il se mit sur leurs traces le 18 en trois colonnes, la droite sur Couchez, le centre vers Castelnau, la gauche sur Plaisance. Ce jour-là il n'y eut qu'un 3. ao

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engagement de cavalerie entre les dragons hano* vriens et le lo® chasseurs.

Le duc de Dalmatie supposant que lord Wellington le suivait avec toutes ses forces sans avoir fait filer de colonne dans la vallée du Larros , s'établissait le 1 9 sur le plateau de Lama jou , au pied duquel coule le Layza , dans Fintention d'accepter le combat , lorsqu'il fut informé que l'aile gaucbe des Alliés ayant suivi la route de Plaisance à Maubourguet^ se montrait déjà sïir le plateau de Sauveterre. Il renonça à son pro- \ jet; et jugeant alors qu'il était urgent de gà« gner Tarbes, il se dirigea sur-le-champ vers cette ville, laissant au général Berton le soin de faire -l'arrière-garde et de contrarier la marche de l'ennemi , jusqu'à ce que le comte d'Erlûn eût pris position à Vic-Bigorre, Affair«deca- A pciue le général Berton eut -il placé ses boarguct?**"^vant 7 postes en avant de-Maubourguet et de Sauveterre, que la cavalerie du général Fane, qu'il avait déjà combattue la veille, déboucha par le chemin de Madiran. Le général français n'ayant sous sa main que deux régimens de chasseurs , les échelonna derrière Maubourguet, et attendit l'ennemi de pied ferme. Bientôt les dragons hanovriens débouchent sans défiance de cette ville , en colonne serrée par peloton , sur la grande rouie, qui est bordée de larges fossés; mais chargés par la compagnie d'élite du 21^,

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