CHAPITRE XXIV. 3a
» Au nom de noire maître , au nom de tout cq » que vous avez de plus cher , mon Prince , parT . » lez-luî, ëçrivez-moi^^t sauvons son trône ^tla w patrie. )> ,
Ce fut dans cette circonstance que se réunit ouverture le congrès. Il était composé du comte Rasu- ch^tiiion. mow^ski, du comte Stadion , et du baron de Hum-? boldt ) plénipotentiaires de la Russie , de l'Autriche et de la Prusse. L'Angleterre , non contente de diriger de loin les négociations , nomma aussi trois plénipotentiaires , c'étaient les lords Aberdeen et Cathcart (i), et le général Charles Stewart.
Ainsi le duc de Vicience devait avoir affaire à quatre négociateurs , ep.ne comptant les trois Anglais que pour un. Effrayé de la tâche qui allait lui être imposée, il pria l'Empereur, à plusieurs reprises, de lui adjoindre deux ou trois plénipotentiaires. La voix\ publique désignait même le baron de Saint- AigPân. auquel Iç comte de Metternich avait fait les. premières ouvejiures à Francfort. Mais, soit que Nappléon prévit que cette négociation ne ressemblerait en rien aux au* très , soit qu'il craignît de n'être pas servi avec autant de zèle et de dévouement , ou enfin qu'il
(i) Le même qui commandait rexpédition de Çopenliague et coleva la flotte danoise le 6 août i8o^, contre la foi des traités.
rence.
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voulût se ménager rAuiriche et la Russie qui tê^ moignaient assez de bienveillance au duc de Yî* cence, il persisia à le laisser agir seul.
i" confé- La première conférence eut lieu le 5 février. Le duc de Yicence n'y assista qu'en tremblant , n'ayant pas recules pouvoirs illimités qu'il attendait , et craignant que cela n'occasionnât quelques difficultés. Heureusement le comte de Rasumowski déclara n'avoir pas encore les siens, et le plénipotentiaire français saisit cette occasion pour observer qu'ordinairement , on n'échangeait les pleins-pouvoirs qu'au moment de la signature, et qu'il suffisait jusqu'alors de s'en remettre de» copies certifiées. Cette proposition étant adoptée, le comte de Stadion remit alors deux décla^ rations.
Par la première, les plénipotentiaires déclarent qu'ils sont chargés de stipuler non-seule-* ment pour les Cours qui les ont envoyés, mais aussi pour toutes les puissances de l'Europe engagées avec elles dans la présente guei^e.
Us font connaître par la seconde , que les Cour»
alliées regarderont comme contraires à t'objefi
'de la réunion du congrès et au rétablissement de
la paix , toute insistance de la France pour enta-i
mer une discussion sur le code maritime.
Le duc de Yicence ne manquait pas d' observa* tionsi. à faire sur ces deux pièces ; mais ne vour lant pas élever 4^ difficultés dès ^e principe , il
cHÂPiTR£ xxir. 3^9
ti'opposa rien à la première , et répondît en termes généraux à la seconde : « que l'intention de » la France n'a jamais été de demander rien de » dérogatoire aux règles du droit des gens , » dans l'espoir de se ménager ainsi la liberté d'y revenir.
Il eût bien désiré que l'on entrât surJe-champ en matière, mais la'séance fut remise aju lendemain.
Dès la première conférence , le duc de Vicence s'apernut que ses adversaires n'avaient tous qu'une seule et même instruction , dressée par les Ministres d'état des quatre Cours; que leur langage borné et absolu, leur avait été dicté d'avance , et qu'ils ne feraient point un pas , ne proféreraient pas un mot sans en être d'abord convenus. Dès-lors aussi il put juger que l'insertion au protocole des observations les plus simples, sur les faits les plus constans , et les expressions les plus modérées deviendraient le sujet d'un débat où il serait toujours forcé de céder , pour ne pas consumer le temps en de vaines discussions.
Dans la seconde conférence^ les plénipoten- ' a« coofétiaires alliés consignent la demande qui forme la base fondamentale de leurs instructions :
« Les Puissances alliées unissant le point de D vue de la sûreté et de l'indépendance future de » l'Eiv'Opç , avec leur désir de voir la France dans
rence.
» un état de possession analogue au rang qu ell^ j> a toujours occupe dans le système politique , 3> et considérant la situation dans laquelle FEu- » rope se trouve placée à Tégard de la France , à » la suite des succès obtenus par leurs armes , les y) plénipotentiaires des Cours alliées ont ordre de 7) demander que la France rentre dans les limites y> qu elle avait avant la révolution , sauf des arran- » gemens d'une convenance réciproque sur des » portions de territoire au-delà des Jimites de » part et d'autre , sauf des restitutions que l'An- » gleterre est prêle à faire pour l'intérêt général 3) de l'Europe , contre les rétrocessions ci-dessus )) demandées à la France , lesquelles restitutions ;> seront prisjes sur les conquêtes que l'Angleterre V B. faites pendant la guerre; qu'en conséquence, » la France abandonne toute influence directe » hors de ses limites futures , et que la renoncia- » lion à tous les titres qui ressortent.des rapports » de la souveraineté ou du protectorat sur l'Italie» » l'Allemagne ou la Suisse , soit une suite immé- » diate de cet engagement. » ijts piénipo- La teneur de cette proposition donna lieu à de
lent"* nient .p,,, , . .,
les bases de VUS debats. Lc duc de Viceiîce ^yant invoqué les
Francfort. it-« t* 1 t t\ i»
bases de Francfort, le comte de Kasumowski prétendit ignorer qu'on y en eût posé, le comte Stadi on paraissait en douter , Iqrd Abeerdea et ses collègues semblaient vouloir éluder la ques^ lion. S'apercevant alors, qu'il n'aurait pas plutôt
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fait une couôessîon que ses advers£>ires en exigeraient d'autres , le Ministre français, après avoir observé que la France resserrée dans ses limites^ de 1792 , lie conserver^^ît pas la même prépondé- , rance en Europe qu'elle avait sous Louis XVI , à cause des changemens qaavaient opérés les Hautes-Puissancea dans la géographie politique , déclara finalement, que la demande des. Alliés était d'une trop grande importance pour pouvoir y répondre immédiatement , et qu'il désirait que là séance fut suspendue quelques heures, ce à quoi les plénipotentiaires consentirent. ^ ^
Vers huit heures du soir, le duc de Vicence remit la note suivante :
« Le plénipotentiaire de France renouvelle i^ote du pié- » encore 1 engagement déjà, pris par sa cour de français à ce » faire pour la paix les plus grands sacrifices. *'^^* }) Quelqu'éloignée que la demande faite dans la » séance d'aujourd'hui au nonv des puissances )} alliées , soit des bases proposées par elles à » Francfort, et fondées sur ce que les Alliés eux- » mêmes ont appelé les limites naturelles de la » France ; quelqu'éloignée qu'elle soit des dé- » cl^rations que toutes les cours n'ont cessé de » faire à la face de l'Europe ; quelqu'éloignée » que soit leur proposition d'un état de posses* )> sion analogue au rang que la France a toujours )} occupé dans le système politique, base que les » plénipotentiaires des puissances alliées rappe-
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» ]aîent encore dans leur proposition de ce jour; » enfin , quoique le résultat de cette proposition » soit d'appliquer à la France seule un principe )) que les puissances alliées ne parlent point » d'adopter pour elles-mêmes, et dont cependant » l'application ne peut être justesi elle n'est point » réciproque et impartiale, le plénipotentiaire » français n'hésiterait pas à S'expliquer sans re- 3) tard de la manière la plue positive sur cette » demande, si chaque sacrifice qui peut étrefait^ » et le degré dans lequel il peut l'être, ne dé"- » pendaient pas nécessairement de l'espèce et da » nombre de ceux qui seront demandés, comme )} la somme des sacrifices dépend aussi nécessai* » rement de celle des compensations. Toutes les » questions d'une telle négociation sont tellement » liées et subordonnées les unes aux autres , qu'on » ne peut prendre de parti sur aucune , avant de » les connaître toutes. Il ne peut être indifférent » à celui à qui on demande des sacrifices , de sa- )) voir au profit de qui il les fait et quel emploi >} on veut en faire; enfin, si enfles faisant, on » peut mettre de suite un terme aux malheurs )) de la guerre. Un^ projet qui développerait )> les vues des Alliés sur tout leur ensemble , » remplirait ce but.
, » Le plénipotentiaire français renouvelle dona o> de la manière la plus instante , la demande que- » ceux des Cours alliées veuillent bien s'ex-^