CHAPITRE XIIK
Milon jusqu'à May-en-Mulcien , prit position i ce dernier endroit. Une fusillade entreméJëe de coups de canon ne cessa pas une minute durant une nuit de douze heures , malgré une forte pluie de neige fondue. L'ennemi perdit dans l'affaire i5o à 200 hommes et autant de prisonniers. Les Français n'en eurent pas au-delà de 80 hors' de combat.
Le feld- maréchal prussien instruit dans la nuit de l'issue de ce combat , et apprenant d'un ^utre côté ^ que Napoléon chassait devant lui la cavalerie du général Korf , ordoifna au général Yorck , qui était encore à Jouarre , de passer la Marne et de replier ses ponts aussitôt qu'il l'aurait recueilli. Se flattant que les t>bstacles de 4ocalité retarderaient assez l'Empereur, pour n'avoir pas à craindre de l'avoir sitôt sur les bras, il résolut, pour le lendemain i^'inars, de faii^e passer l'Ourcq à Crouy , aux corps d' Yorck et de . Kapzewitsch , afin d'aborder les maréchaux parleur gauche , et de les prendre à dos, pendant que le baron Sacken les amuserait par des démonstrations devant Lizy.
Ce plan ne put recevoir son exécution. Le c<nahA d* xsorps du baron Sacken engagea bien la fusillade ^"^' recommandée avec celui du duc de Trévise ; mais le général Yorck, ayant trouvé le pont de Crooy rompu , fiit obligé de remonter jusqu'à Fulaines pour passer l'Ourcq. Vers six heures du soir , le
366 CAUFAiCIVE DE l8l49
felii*-mar6cbal désolé que son projet eét manque, euYO ja Tordre au ^nëral Kapse witsch de ùsan^ chîr la ririère à Gesvrea « après en avoir rétabli le pont. Celte tentative commencée sous d'heorettx auspices , finit comme on devait s'y attendre^ L'avant' garde russe effectua son passage devant la cavalerie du général Doumei-c qoi fléchit devant elle ; mais le duc de Raguse , ayant fait prendre les armes à son înûmterie , marcha à sa rencontre; et à la suite d'uo engagement assez chaud, où il lui fit 280 à 3oq prisonniers , la re«- )eta sur la rive droite de TOurcq.
Les deux partis passèrent la nuit du i^^ au 2 mars sur le qui-vive : néanmoins la plus grande crainte était du coté des Alliés. Les cris de la division Poret de Morvan qui rejoignit le corps du duc de Trévise dans ses positions , le fracas du train des 48 bouches à feu qu'elle traînait à $a suite , ne contribuèrent pas peu à entretenir leurs alarmes I et àleurfàira croire qu'une armée formidable , sortie de Paris , était venue renforcer les maréchaux^
Pendant que les ducs de Trévise et de Raguse , af ec leurs feibles moyens, disputaient si heoreusemént le passage de TOurcq à l'armée de Silésîe, des événemens non moins importans se passaient sur les derrières de celle-ci ; el pour en rendre compte d^une manière satis&isante , nous allons reprendre les choses d un peu plus bauL
CUAPITRE XIII» 367
lie corps de Bulo^ sijant été relevé ea Bel- PvUe de li ^ique, comme on le verra au chap» XX, par le >è® corps allemand) se mit en marche de Bruxel^ ies le 8 février , et se porta en éludant les places , par Mons , Pont-sor^SambreetCartignj sur Laon, où il atriva le 2^9 son ilanc droit couvert par le coi^s de partisans du baron de Geismar, qui descendit au n^éme moment par Lillers et Douriens à ChalHiy , où il s'ëtaisklit* Dans cette posi<tion déjà si sure , lie général prussien pren£»Qt ombrage de La Fère^ jugea devoir tenUer un coup de main contre cette place , dont lensemble des ' ouvrages en terre, élevés eu 1793, était loin de répondre au degré de force que ses établissemens considérables d'avtiilerie et la sàreté des moyeois de transports que lui donne sa position sur rOise, semblent mériter. EDe n'avait alors qu'une garnison de 400 hommes,, dont .environ moitié de gardes nationaux: , sons les ordres du général d'artillerie Pommereuii. Une brigade d'in- &nterie prussienne «& forma ImvestissemeQt le 36 février, insulta ses faubourgs et commença à y jeter des obus» Ce début intimida le go^ivemeur , qui , sommé et menacé d'une escalade qu'il ne crut pas être en état de repousser^ remit la place , et obtint la faculté de 8« retirer à JNoyoa, sous condition de ne point servir du reste de la campagne.
La ccmquête fiiÈcile de La Fère , en afiermissant
368 CAMPAcrvE de 18149
le âanc droit du général Bulow, fit tomber en son pouvoir plus de 1 00 pièces de canon , une infinité de caissons ^ et des magasins contenant un matériel estimé plus de 20 millions de francs. Elle n'aurait eu cependant aucune suite fâcheuse , si le feld -maréchal , prévoyant être bientôt pressé par Napoléon , n'eût ordonné au général Bulow 7 qui était retourné à Laon après ce coup de main , de se diriger sur l'Aisne et d'y opérer sa jonction avec le corps de Winzingerode.*
Celui-ci s'était porté , d'après des ordres qui ne s'expliquent pas d'eux-mêmes, de Gbàlons et d'Epemay sur Reims , d'où après avoir été renforcé du corps du comte de Woronzow détaché de l'armée du Nord , il se disposait à marcher . sur Soissons.
uarcite de De sou côté , l'Empereur qui de Troyes, niriesder- avdit Ics ycux fixés sur les mouvcmcns des de Si. deux grandes armées alliées , ayant vu celle de Silésie s'isoler une seconde fois pour se reporter dans la vallée de la Marne , n'hésita pas à marcher contre elle , disposé à lui prouver de nouveau à ses dépens , le danger des lignes doubles d'opération» Il quitta Troyes le 27 février, et vint le même jour coucher aux Herbisses , avec toute la cavalerie de la garde et la division Friant. Le prince de la Moskowa qui d'Arcis, avait rallié la division Roussel , un régiment de marche de cavalerie aux ordi^es du colonel Ghi-
xttrti
née
léftie.