CHAPITRE I
même essaya bientôt après d'atténuer la violence. Mais le coup était porté. L'invasion qui venait de s'efiectuer et dont Paris avait les premiei*s dé^ tails 9 consterna moins que le renvoi du corps législatif, à l'instant même bù il commençait à se montrer le défenseur de la liberté : l'opinion ne vit plus dès-lors dans l'Empereur qu'un bomme qui n'envisageait dans là France que lui-même, et en qui l'esprit de conquête n'était pas plus enraciné que le génie du despotisme. Dès ce mo^ ment tous ceux qui voulaient que des institutions durables posassent des limites au pouvoir ai*bi^ traire, n'entrevirent de salut que dans l'excès dû mal , et n'espérèrent plus qu'en ses défaites. ^ A ce nombre d'ennemis secrets se joignirent dans là vieille France v les fournisseurs ruinés par ^s liquidations , les acquéreurs de domaines na^ tionaux dépouillés ou appauvris par les décomptes (t), et les royalistes qui, depuis 20 ans, es* péraient obtenir dans chaque bouleversement lé retour de la famille des Bourbons. Dans lés provinces transalpines, d'autres motifs grossissent
(i) Ce fut en vain que des Hommes éclairés s'opposèrent à ces mesurés fiscales. L'Ëmpereor^ disait un d'eux , dans le comité du contentieux du co^seil^dJétat ^ « TËpnpereur remue un fumier <fai. *^ renferme la peste. • Mais les besoins du trésor raveu^laîént sujr les dangers poétiques, au point d'armer contre sa puissance ions les !^ték>éît de'Aiéiùe Q^iBe.- ^. '* . ■.* '
a6 CAMPAGNE DE l8l49
]a foule des mécontens. Turin , veuve de ses rois , a vu disparaître avec eux cette cour qui lui donnait le mouvement et la vie ; la superbe Gènes pleure son antique splendeur, son commerce et son indépendance ; Florence . soupire après If retourde. ses ducs .qui l'ont gouvernée si paternellement, et Rome frustrée des tributs de la superstition, ne s'en trouve point dédommagée pa;* le stérile honneur de titrer un prince enfant. Ei^ Belgique des. agitateurs réveillent dans tous les esprits des idées d'indépendance et excitent le peuple des grandes cités à secouei: le joug dç l'autorité, impériale.
**** frMçïI Si le. concours^ dç ces diverses circonstances présageait la. chute .prochaine de l'Empire , l'état ax^tuel de l'armée semblait peu capable de retarder cette i^atastrpphe, En eifet , la. &iblesse et l'accablement des troupes,.. la désorganisa tioi^ du matériel « Iq déisordre de l'administration , ne laissaient plus de possibilité, je ne dis jpas seule- ' ment de tenir un point sur la rive droite du Rhin , mais de garder mé^ielariye gauche dès que Veur nemi voudrait y passer. L'infanterie qui , dans la campagne précédente le disputait encore à celle d^s fusses , a perdu sa foi:cie et sa mobilité , et ne marcheplu^qu avec un immense attirail d'artiller rie qui rend ses mouvemens pesans et incertains: Pans la cavalerie, ce qui reste d'hommes et de chevaux est usé de&tigues. L'artiU^rie.quifutpa]?
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