CHAPITRE XIV. 4o
des deux années , le duc de Raguse après avoir rallié la division du duc de Paaoue , se porta le soir, de Roucy surCorbeny , la cavalerie du i" corps à Craone , • poussant de fortes reconnaissances sur la route de Reims vers Aiselle , et sur celle de Laon h Soissons , afin de garantir les derrières de l'armée. Toutefois ce mouvement n'empêcha pas que le parc des équipages ne fut surpris , pillé et mis en fuite « de Corbeny sur Béry-aù-Bac , par un parti de cosaques.
La cavalerie française laissée devant Soissons , y rentra sans difficulté et recueillit l'artillerie cnclouée et un équipage de pont que le général Rudzewitsch avait abandonnés faute de chevaux.
Des renseignemens donnés pur des paysans dans la soirée , ayant fait connaître la possibilité de tourner le défilé d'Etouvelle , Napoléon crut devoir en profiter pour tenter un coup de main sur Laon. A cet effet » le chef d'escadron d'ordonnance Gourgaud » fut chargé de tourner le poste d'Etouvelle avec 2 batailloits de chasseur» à pied et a escadrons de chasseurs à cheval de vieille garde , tandis que le prince de la Moskowa forcerait la chaussée avec son infanterie , et pu^ vrirait au comte Belliard un débouché pour se précipiter dans ta ville à la tète de la cavalerie pêie-méle avec les fuyards. Vainement cet aidemaior-général lui représenta la témérité de l'en^
4o6 CAMPAGNE* DE l8l4»,
treprise ; induit en erreur par le rapport d'un général de sa garde qui lui peignait le coup de main ^ très-facile du côté du faubourg de Gheni^elle , il insista sur son exécution , et chacun se prépara à obéir.
Atuqoe de A onze heures du soir,le baron Gourgaud partit
nuit «ur Etou- « -., . . • . i
▼elle, etpro- dc Chaviguon avec sa petite coJonne , et se porta Uon ^Vem-parle moulin dé Cléry et Chavelloîs à Chivy ^^^** où il devait arriver vers une heure du matin :
mais les difficultés du terrain* et l'obscurité de la nuit retardèrent sa marche , et bien qu'elle ne fiit troublée par aucune patrouille ennemie, elle ne produisit point l'effet que l'on en attendait dans l'armée française ; mais la vivacité de l'attaque du prince de la Moskowa causa une véritable surprise dans Etouvelle. Les grandgardes russes , endormies auprès de leui^ feux à demi-éteints,sont éveillées avee les baïonnettes du 2^ léger , aux cris "prolonge's de vwe V Empereur ! elles n'ont pas le temps de courir aux armes , et dans le tumulte inséparable d'une surprise de nuit \ un grand nombre d'hommes fut tué ou fait prisonnier avant d'être en état de défense. Le Prince qui soutenait cette attaque avec' le reste de son infanterie , pénétra sans peine dans Chivy , où la colonne du chef d'escadron Gourgaud ne tarda pas à le rejoindre. Une demi-heure avant le jour; le comte Belliard déboucha de ce village avec la division Roussel ,