CHAPITRE XT
s'y trouvaient ^ de filer sur Ghàlons , ne gardant ^ntre Tinqueux et Sainte-Geneviève que 6 bataillons et sa cavalerie.
Ces mouvemens rétrogrades ne s'opérèrent pas sans confusion, surtout à la droite, obligée de traverser le faubourg de Soissons , dont Tissue rétrécîe par la flèche qui couvrait la porte , fut presqu'aussitôt encombrée , malgré les efforts du général Yajgow pour la tenir libre. Le comte Saint^-Priest ayant eu l'épaule fracassée par un éclat d'obus , lé désordre alla toujours croissant. Le comte Ségur s'en étant aperçu, tomba sur les dragons russes à l'embranchement des routes d'Epemay et de Fismes , en sabra et culbuta un grand nombre dans le bras gauche de la Yesle , et leur enleva 6 pièces. Toutefois cette charge qui aurait coupé la retraite à tout ce qui se trouvait sur la rive gauche , si le général Defrance avak pu la soutenir avec son autre brigade , n'obtint qu'un demi-succès. Le i*' bataillon du régiment deRezan se fit jour à la baïonnette, et secondé par le feu de son second bataillon et la mitraille de 2 pièces placées à la porte de Soissons , sauva son général expirant. Alors le lieutenant^général Pantschulidzew prit le commandement des troupes russes , plaça 2 bataillons à cette porte , et garnît les remparts de 4 autres. Le duc de Raguse péné^ tra aussitôt dans le faubourg , y forma son infanterie en colonne serrée pendant que son artîUeiie
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visait à rompre là grille du canal ; mais les boulets passant à travers leâ barr'eâtix , et l'ennemi fiisil*lant à couvert derrière un ^aulement les canariniers âur leurs pièces^ Je maréchal se décida à abriter ses divisiobs et à jeter un bataâlon du 30® régiment dans les maisons les • plus rapprochées du mur d'enceinte « d'où îl ne cessa de tirailler jusqu'à onze heures.
Pendant que l'entrée de la ville était disputée avec tant d'opiniâtreté, TEmpereur ayant £stit nettoyer les bords de la Vesle et rétablir le pont du moulin de Saint-Brice, le comte Rraczinski à )a tête dé ses chevau-légers gagna la route de Béry-au-BaÇ) suivi delà division Excelmans, et refoula sur Reims une grande partie des troupes qui se retiraient à Béry-au-Bac. Dès ce moment , la déroute fut complète , et les troupes éperdues n'écoutant plus leurs généraux , se cuvèrent à la débandade sur les trois routes de JNeufchâteL Réthel et Chàlons.
Le résultat de cette afiairé où les Français n'eurent pas au-delà de 7 à 800 hommes hoi'S de corn* bat, au nombre desquels était le comte de Ségur, fut pour l'ennemi une perte de fj à 800 tués, le double de blessés et 2,5oo. prisonni^^ , 11 bouches à feu , 1 00 chaiîots de munitions et un équi* :page de pont. Au Aiilieu des trophées d'une victoire si complète , P^apoléon eût uù secret dépit d'avoir laissé échapper celui qui aurait pu cous*
laler son triomphe à Paris ; mais il sut le déguiser par un adroit mensonge qui adoucit en quelque sorte les regrets des propriétaires des mânti€[icturès que les troupes légères russes avaient îttcendiéés. « La même batterie qui a tué le général » Moreau devant Dresde , dit le rapport officiel , » a aussi blessé à mort le général Satnt-Priest qui » amenait les Tartares dans sa beUùpàtrie^ »
L'Empereur entra dans Reimis à tine heure du matin. La ville fut, spontanément iiluâii^ée^ et le peuple dans l'ivresse de sa joié se précipita audevant de lui, et le conduisit en triomphe à rhôtel-de-viUe.
\ Tandis que par une sanglante défaite , le corps de Saint-Priest payait la fatale ^éelirité de son général. Te feld-maréchal Blucfaer déterminé à prendre quelque repos , étendait le ^éttïe jour ses cantonnemèns sur l'Aisne; le corps de Bu* low continuait sa marche sur Compièghe ^ lé comte Langeron était à Coucy-le-dliâteau , le baron Sacken cherchait vainement à déloger la division Ghristiani deis hauteurs dé Ordui, le corps de Kleist s'avançait sur les bérds de là Létte , celui d'Yorck prenait poss^i^siôn de Giorbeny , et le général Winriûgerode remplaçait le général Bulow à Laon>, pouBfsaùt^a calr^Ierié lé-* gère sur l'Aisne. Cdle d'Yorck envoyée eu îreconnaissaueè à Béry-au-Bae^ eut un téjgét*^kiw gagem^ent avec un parti de dragoil^ du génféràl
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Roussel , auquel elle prît ou blessa une ciaqoâtt^ taine d'hommes.
Le duc de Ra- Le i4 maps au matin, l'Empereur ordonna
gttse ponrsiut *'
reimemi sur que Ic duc de Raguse avec la division de cavaleHe Merlin se mit à la poursuite des débris du corps de Saint-Priest sur la route de Béry-au-Bac , et que le prince de la Moskowa avec Tinfanterie du général Boyer , et la cavalerie Defrance se portât vers Cbàlons. Le reste de l'armée fut cantonné dans les environs de Reims.
Le général Merlin qui commandait l'avantgarde du duc de Raguse ^ découvrit l'ennemi près de Courcy, et crut avoir affaire à la cavalerie battue la veille; mais le général Katzler lui montra son erreur en le ramenant vivement, et lui faisant une centaine de prisonniers. Heureusement qu'une brigade du général Ricard récemment arrivée arrêta la poursuite. Afin de se mettre à l'abri de surprise, elle s'établit sur les hauteurs en-deçà de Béry-au-Bac , barricada le pont, et le mina. Le reste des troupes du duc de Raguse cantonna dans les environs de Cormicy, la cavalerie à; Sapigneulie.
La nouvelle de là défaite du corps de Saint* Priest , et le mouvement du duc de Raguse parvinrent presqu'en même temps au feld-maréchal Bluçher, et lui firent présumer que Napoléon après avoir reçu des renforts , allait déboucher une seconde fois de Béry-au-Bac sur sou flaut