‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 127 sur 129 · CHAPITRE Xr · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xr

^gauche. Dispersé enti^e Noyon et Corbeny , il avait tout à craindre de ce mouvement. D s'empressa donc d'ordonner la concentration de ses forces à Laon, afin d'y recevoir la bataille, et enjoignit aux généraux Yorck et Kleist de se réunir à Clraone dans la journée même* Les troupes échappées de Reims, renforcèrent le corps du premier et celui du comte Langeron.

Cependant une leçon avait suffi à l'Empereur , Reprise d« et c'était désormais vers l'Aiiibe qu'il voulait dirî-d'Epemaypar ger ses pas. Déjà même une partie de èes trou- ** '^^^pes arrivait sur la Marne. D'un côté les généraux Vincent et Colbert partant de Château- Thîefry et de Reims chassaient d'Epemay le parti du général Tettenborn qui l'occupait; et de l'autre , le prince de la Moskowa avec les divisions Defrance .et Boyer entrait dans Ghàlons, que sa garnisoà abandonnait en toute hâte pour se replier à Vitry.

Pendant ces expéditio>ins faciles, le gros <}e l'armée eut trois jours de repos que l'Empereur employa à Je passer <en revue. Cette opénation, triste parodie des revues de Maria-Hilf ou de Chaminartin, lui montra dans toute leur nudité et leur faiblesse, les débris mutilés de ses belles arméesi Diminués de moitié depuis le passage de la Marne par le» nombreux combats qu'ils avaient livrés ou soutenus , la plupart des cadres des rég;imens d'în&nterie comptaient plus d officiers

que de soldats. Céuit un spectacle à la fois pé*nible et bizarre que leur composition. On ¥07311; à côté de quelques vieux soldats, dont Tair martial perçait encore sous les lambeaux de la misère , des conscrits enlevés avant TÀge , défigurée parpes souffrances , la fatigue et le besoin , cher^ chant à s'appuyer sur des armes trop pesantes pour leurs débiles mains. Au délabrement de la tenue des officiers, au désordre et au mauvais état de la cavalerie et des trains d'artillerie , au mélange confus de toutes les armes , on eût dit que c'était plutôt une cohue qu'une armée luttant avec gloire contre tant d'armées réunies. Napoléon lui-m^me^ étonné des succès obtenus avec cette poignée d'hoiniHes , ne put se dissimuler qu'il usait ses dernières ressources.; chaque victoire lui avait coûté une foule d'officiers moissonnés en cherchant à animer de leur ardeur les recrues sans force et sans énergie qu'ils mettaient au combat ; et le moment approchait où les remplacemens deviendraient impossibles, car déjà les sous^fficiers;, cette classe ItrédeUlse de sujets , manquaient totalement dans plusiem*6 corps. Décidé néanmoins à ne point sonsicrire aux condition^ de paix qne lui dictaient )es Souverains alliés , il Allait son^ à ivcruler l'aimée V et |)OUt^ y parvenir, il destina les 6 xûiUe gardes nationales de l'Aisne, requis par im décret du 5 9 à remplir les cadres appauvris éa duc

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