‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 15 sur 129 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sur le Rhin , et que les alliés pouvaient disposer d'environ 320 mille hommes pour opérer simul-» tanément sur la rive gauche de ce fleuve , il sentit que pour ne pas donner à Napoléon le temps de refaire son arniée , il fallait en poursuivre sans relâche les débris. En transportant le théâtre de la guerre au milieu de la France , on mettait l'Empereur dans Falternàtive de tenir la campagne avec des cadres épuisés et dé laisser ses places à la merci des alliés , ou d'y jeter des garnisons et de ne disputer aucune des approches de la capitale ; sur ce point il n'y eut qu'une voix : mais si tous les membres du conseil furent d'accord sup la nécessité d'une campagne d'hiver, les avis furent partagés sur la manière d'opéren

L'éiat-major autrichien appelé par le rôle que jouait le cabinet de Tienne dans la coalition, à présenter le premier ses idées, proposa de jeter les cosaques et toutes les troupes légères sur la rive gauche du Rhin pour parcourir la France dans tous les sens , y semer la terreur et l'épouvante » intercepter les communications et empêcher les rassemhlemens de conscrits. L'armée du priuce de Schwara^enberg , marchant ensuite par sa gauche , devait passer le Rhin au point où il sort de la Suisse , et tâcher de pénétrer en France , çn lougçaQt la frontière dltalie , afin de tendre la inain k l'armée autiiçhieone qui agissait dans cette cqntrée ou à celle dç lord Wellington. Le feld^

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maréchal Blucher eût franchi te fleuve entre Mayence et Strasbourg , tenu en échec l'armée française jusqu'au moment où le prince de Schwarzenberg aurait atteint l'un ou l'autre but ; à cet efiet l'armée de Silésie eût été soutenue par un détachement de la gradde 'armée qui aurait observé Kehl etBrisachj par où les Français pou^ imeni déboucher sur la rive droite. En même temps l'armée du prince de Suède, à l'exception du corps de Walmoden qui serait resté devant Hambourg , devait traverser le Rhin entre Dus* seldorf et Cologne , et se diriger sur Anvers en longeant la Meuse, pour couper la Hollande et prendre la Belgique à rçrerg. H ne serait resté en Allemagne que les corps de Benningsen et de Tauenzien , pour bloquer et assiéger les places où les Français avaient laissé d^ garnisons.

Ce projet s'écartait trop des principes ordinaires pour qu'il fût goûté par lés Russes et les Prussiens. Il isolait le^ trois masses principales sur des directions opposées au* but qu'elles devaient avoir naturellement en vue; on j entrevit d'ailleurs que l'entrée préliminaire des cosaques , si contraire à la déclaration du i®' décembre, exaspérerait une population qu'on avait intérêt de ménager.

Aprèsde longues discussions, on reconnut qu'il fellait au moins tenir ensemble âoo mille hommes , «on compris les corps d'observation de la Hol-

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