‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 18 sur 129 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

bien même ces renforts seraient entres en ligne, ils n'auraient pas rétabli Téquilibre dans la balance des forces.

Les cadres de la grande arniëe destinés à tenir EmpUcemtnt

de la grw*"*

tiHe à Tennemi occupaient vers la fin de décem- année. bre, les positions suivantes :

Le duc de-Bellune avec le 2® corps d'infanterie de 85oo hommes, et le 5^ de cavalerie de 36oo x^hevaux observait le Rhin, depuis sa sortie de Ja Suisse jusqu à Strasbourg.

Le duc de Raguse , avec le 6® corps d'infanterie «d'environ 10 mille baïonnettes et 1200 sabres du i^^ corps de cavalerie ; couvrait le fleuve de Strasbourg à Mayence. Cette place était gardée par le 4^ corps d'infati^terie aux ordres du comte Morand, lequel avec 18 mille combarttaps, devait observer le Rhin jusqu'à- Goblentz. Le 5® corps d'infanterie, sous le duc de Tarenle, réduit à une division de moins de 5 mille hommes, s'étendait depuis le confluent de la Méselle jus^ qu'à celui de la Lippe, ayant pour surveiller lés bords dU' Rhin, 1200 chevaux du 3^ de Cavalerie, le to«it aux ordres ' du côhiïe Sébastiani. Le 11^ corps d'iiifaâterie qui comptait: 10 mille combattans, garnissait, sous les ordres immédiats du maréchal , l'intervalle entre Grevelt et •Nimègue^ ayant sur sa droite i5oo chevaux du ' u^ corps, pour former le coi-don depuis Wesel jusqu'au fort Saint-André,

4$ tAMPAGNE ÙE iSlJ^^

. . Le comte Maison , k rextrême gauche àe U ligne ^ avec les fonds de dépôts des 17^ et a4* diri^ sions territoriales , les cadres de 3 divisions d'in^fanterie de jeune garde et 800 chevaux ^ couvrait Anvers el devait protéger la Belgique. La Uol^ lande était déjà envahie (i).

Ainsi pour garder plus de 60 myriamètres du cours du Rhin ^ il n'y avait pas 60 mille hommes d'infanterie et 8 mille de cavalerie» Strasbourg ^ Dusseldorf , Landaw^ ^ Mayence et Wesel avaient^ il est vrai , des garnisons; mais ces grands points d'appui ^iblement liés entre eux. par des places moins considérables » étaient de peu de secours <x>ntre ime invasion imminente ; d ailleui^s la plupart dénués d'approvisioonemens , n'auraient offert que des asiles peu surs aux corps qui s'y seraîjent réfugiés.

Ds^s l'intérieur^ deux divisions de jeune garde s'organisaieùt à Métis , deux à Bruxelles , deux ai^tpes à Paris , une à Sarrelouis , l'autre à Lille* Des réserves de conscrits^». habillés et àrteés k la hâte se ras$emblaieiiLt à Bordeaux « Nimes , Mont* pellier et Lyon; mais toutes ensemble ne for^ maient point encoX'e 4 mille combattans»

(i) Une insurrection po{)ulaire| secondée par l'apparition du corps de Bnlow , avait déterminé l'évacuation de la Hollande , dte la Un de novamiire , ainsi qu'on le verra dans le chapitré suivant.

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Le totalises forces agissantes ne s'élevait donc piandedéjeii-

, , , -Il 1 ■ ••51 fiivede 3S[apo*>

pas a plus de loomille hommes, amsi quon leiéon. voit au Tableau y nP IF'.

L'Empereur se faisant néanmoins illusion sur le BQmbre de ses ennemis, sur la réduction de ses cadres, et sur le dénuement absolu de toutes ressources, ne songea pas à o}>érer de réforme dans son état militaire, et prétendit conserver 3 corpsd'armée, lorsquil lui restait à peine assez de troupes pour en former 3. Cette faute, comme on.le verra par la suite, commise en vue de ménager Famour-propre des maréchaux , lui devint très-funeste par le peu d'ensemble qui régna entre leurs dispositions , lorsqu'ils opéa^èrent hors de sa^ présence. Enfin cqmmre. son génie se pliait aveci. difficulté aux combinaisons de la défende, et qu'il se flattait de trôuv.er incessamment Toccaaion de reprendre J/offensivie , il adopta un plan de i^ampàgne , pour Texécution duquel il n'eût, pas failu moins de i5o miUe hommes.

Danjs ce plan le cours dû Rhin, depuis Mayence: ju«(q^':è son . embouchure , devait être observé par 3 corps, d'armée. Gelw de droite aux ordres du comte Morand, stationné dans les environa de Mayence , comme celui de gauche commandé pur le comte Maison,, placé sous ^i^vers , auraient re^ leu vs ÎEistjrucliQns du duc de Tareute. , qui se i^ait tenu [au centre vers Nimègue , et aurait

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combiné , Le cas échéant , ses opérations arec les leurs.

La frontière menacée se trouvait divisée dand ce projet en 4 grands commândemens :

Le i^'^^ sous les ordres du duc de Bellune, devrait comprendre toute la plaine des diepartemensdu Haut et du Bas*Rhin, et couvrir les débouchés par lesquels l'ennemi pouvait gagner la crête des Vosges, depuis les cols de Sainle*Marie«>aiis- Mines et du Bon-Homme jusqu'à Thann.

Le 2^, commandé par le duc de Raguse, auraitrenfermé le bassin de la Moselle ,* la chaîne des Vosges , et ses revers sur le Doubs , depuis le col de Drummont jusqu'à la haute vallée de la Saône , communiquant avec le i^ par le débouché de.

ïhann.

Le 3^ commandement, réserva au prince de la Moskowa , s'étendait sur tous les débouchés du Morvan jusqu'à la Saône. Une' forte division aurait occupé Pont-de^ône et Gray , point d'où Von peut à volonté suivre l'offensive sur Besançon et Vesoul , et soutenir la défensive v^rs. les débouchés qui mènent du bassin de làSaôto^ dans ceux de TYonnie et de l'Àrmancon. •

Le 4^9 destiné au duc de Castiglione , aurait porté de Belley , comme centre , sa sphère d'ac^ tivité sur les crêtes , cols ou d^lés es^re le pont de Bellegarde , et Châtillon de Michaille d'une

ctiÀiPitRË u Si

bartyLes Échelles etPont-de^Beatlvôîsîn deTatitre* La liaison entre les commandemens du Rliône et du Mofvaû > eut étë fèilé p^r tin totp^ in* lermédiaire , composé d'tlné simple division d'infanterie et d'une brigade àe Câtaleriê légère , qui aurait surveîUé les débouchée de là Suisse et du Porentruy à»m U Tltàuche^Hùiaié.

En cas d'oflfetoéive » la garde impëf iale aux ordres des duci de? Tresse et de Reggîo se serait îrassemblée à GhaUmOnt; sinoil elle aurait été cai:)btonnée dans les environs de Langres.

Sur la frontière des Pyrénées, les maréchaux' ducs de Dalmatie et df'Albuîera , déjà sur la défensive , ne reciu*ent aucune instruction ï ils devaient par conséquent agir d'une manière tout-àfait îndépeddaiite , tant l'uti de l'autre que de là grande arâiée.

Lé prince vice^rdi âhrait ordre de répretidre rofFensiye eu Italie^ aussitôt qu'il aurait été rejoint j)àr l'armée napdlitaître. L'Erùpereui' espérait que ce renfort mettrait son fils adoptif à même , siiion de chasser les Autrichiens du royaume dltalie , du moins de les forcer à tenir sur les frôn^ tières de la Carinthie une armée de loo mille hommes pour couvrir Vienne»

Cette distribution de forces qui eût été con-obswTition». venable, si les alliés avaient donné le temps de réorganiser l'armée, devenait impraticable dès qu'ils étaient décidés à tenter l'invasion

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pendant l'hiver. Des militaires ont pensé que Na-« poléon , au lieu de s'amuser à coordonner les détails de ce projet gigantesque , aurait beaucoup mieux fait de retirer les troupes qui se trouvaient disséminées en Hollande ,. en laissant seulement des garnisons à Wesel , Maëstricht et An-. vers pour brider la Belgique ; d'évacuer tout*àfait l'Espagne , et de ne garder dans les Pyrénées que le nombre d'hommes strictement nécessaire ; de rappeler tous les Français épars dans l'Italie , après avoir jeté les Italiens dans Mantoue, et mis de bonnes garnisons à Alexandrie et Gênes , clefs de la presqu'île ; le tout afin de pouvoir rassembler loo mille hommes entre le Jura, les Vosges et le Morvan. Dirigée avec prudence, cette armée eût suffi selon eux pour arrêter l'invasion dès le principe. Il est vrai qu'en adoptant ce projet, il eût fiiUu abandonner à l'ennemi, un grand nombre de départemens , et que l'Empereur eût divulgué le secret, de sa faiblesse; mais qu'importait alors de la cacher ? à la guerre il est telle circonstance où un sacrifice fait à pra-: pos tire du péril où jettent les demi-mesures.

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