‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 21 sur 129 · CHAPITRE lï · texte numérisé non relu

CHAPITRE lï

même un palliatif. Le feu de la révolte dvnit de proche en proche gagné toutes les iles de la Zé^ }ande , où la station d'une e&cadre anglaise , pcr^ tant des troupes de débarquement , l'attisait en^ core. Les gardes^côtes , gens du pays, et les soldats des régimens étrangers auxquds , faute de meilleuiHîs troupes , la garde de ces contrées peu affidées avait été confiée , tournèrent , oomme on en avait prévenu l'Empereur depuis long-temps , leurs armes contre leurs chd£$. Le général Ros* toUand fut fait prisonnier par ses propres soldats, dans le fort Duqueane; le général Ducos, assailli . dans Zjrick-rZée par l^s flots d'une populace mii^. tinée, abandonné de sa garnison, s'estima trop heureux d'obtenir du commandant d& la station anglaise, la permission de se retirer dansTholen avec 3o hommes fidèles. Le général Gilly dansHto de Walcheren, le général Rousseau dans celle de Cadzant , n'ayant que de& garnisons composées en partie de troupes justement suspectes, enviiH)nnés de bâtimens anglais , réclamaient des secours qu'on ne pouvait plus leur donner. Les forts de Batz, de LiJto, de Santvliet n'étaient gardés que par des gard^s-eôtes. Steenbergen et Tholen n^étaienb point occupés ; il n*y avait à, Gertruydenberg, à Berg-op-Zoom , dans Bois-le- Duc et dans Breda , que quelques centaines de marins et de vétérans : du reste ces quatre places importantes, les clefs de la Belgique, n'étaient

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pas même à l'abri d'un coup de main. Enfin pour comble de maux , Anrers se trouvait sans garni-* son. D'un autre côté un parti jeté près de Dusseldorf , sur la rive gauche du Rhin, par le général Borstell qui bloquait Wesel , avait surpris Neuss. A la vérité ce poste fut repris de suite par un détachement aux ordres des généraux Beauvais et Quinette , du corps du comte Sebastiani ; mais cette incursion avait forcé le duc de Tarente à s'éloigner de F Yssel , et. à porter vers Neuss les divisions Amey et Charpentier.

Tel était l'état des choses sur cette frontière , à l'époque du 4 décembre , lorsque le comte Decaen arriva à' Anvers, et que les 12^ et i3® régimens de tirailleurs formant la tête de la division de jeune garde aux ordres du général Roguet^ entrèrent à Bruxelles.

Mesures pn- L^ général en chef, informé à son arrivée de

«es par le ge- O '

oérai Decaen. ç^g divcrs événcmens , et voyant l'enoen^i maître de la plupart des points de la ligne de défense qui lui avaient été assignés , se décida à rester à Anvers, et prit les mesures que la brièveté du temps et le manque absolu de ressources lui permirent, pour arrêter les progrès de l'ennemi.

A cet efietle vice-amiral Missiessi et le préfet maritime furent invités à afTecier au service de terre tous les matelots et ouvriers nés français ,. dont ils pouvaient se passer , et l'on en forma divers détachemens pour renforcer les garnisons de

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Berg-op^Zoom et Breda , et former celles de Steenbergen etBatz; Ton requit des chevaux pour atteler une demi-batterie qui fut attachée à une c<;^lonne mobile , dont le général Ambert se servit pbur en imposer aux hftbitans du pays , et assurer les communications de Breda avec Gertruydenberg et Got*cum. Le général Roguet reçut Tordre de réunir ses troupes à Louvain pour être en mesure de soutenir sur Maëstricht ou Grave le duc de Tarente , s'il rencontrait l'ennemi en force aux environs de Neuss. En même temps l'on s occupa de. l'approvisionnement des places , ainsi que des premiers et plus urgens travaux de défense de Berg-opr-Zoom et d'Anvers.

Les généraux alliés, enhardis par la réussite Passage du

1 ^ -1 l^''« yVàl^l par

des entreprises le» plus téméraires en apparence , l'ennemi. se décidèrent à passer le Wahl, afin de se. saisir, sur la gauche, d'une ou plusieurs places propres à les mettre eu contact avec lé^ Anglais , qui devaient débarquer sur les bords de l'Escaut oriental , et à servir de bases aux opérations ultérieures. En effet, pendant que l'avant - garde du général fiulow pous&aît des partis sous Bommel et Gorcum, que des insurgés hollandais se rendaient maîtres de Briel, de Helvoët-sluy s , et de Hoye-Swaluwe , le général Benkendorf faisait embarquer ses troupes à Oordrecht dans la journée du .7 déc^tnbre), el forçait le 8 le poste de Yerkendam, à 5 kilomètres au-dessous de

Cl Campagne de i8i4$

GorcutUy s'emparait de la di^e de la Vieille^ Meuse , et filait à la vue de la place sur Breda , détachant sur sa droite des partis de cosaques, pom* observer Gertruydenberg et WilhelmstadL

L'avant-garde russe rencontra à ]a hauteur de Posihorn» 3oo marins que le général Ambert envoyait à Gertruydenberg , KJundert et Seeven* herg pour en renforcer la gamisDu. La fusillade s^engagea , et après denx heures d'escarmouche^ les Français se replièrent dans la place de Breda , dont les ponts-^levis furent aussitôt levés* . Informé de la maixfae de l'ennemi , le général Decaen , qui , sans un ordre exprès de TEmpereur , n'osait disposer de la division Roguet, avec laquelle il eût pu d'Anvers pousser une retounaissance pour s'assurer de la véritable force de rennean y supposa qu'il ne s avançait point sur Breda ) âaaQfS être en état de tenter un coup de ma»itt. Gratgnanif dèn-lorsi que le suctrès d'une pareille, eoitreprise ne le privât des sevla moyens qui restaieii't po»r couvrir Anvers , place autre* ment importacrte^ puisqu'elle renferlnait les arsenaux, les magasins et les chantiers de la marine ^ iiauitorâa le généa?al Ambert à évacuer Breda.

D'UH< autre coté^laplace de: Wilhelmstadt lui paraissant av«>ir p^rdu presque tout son importance par rinvesûssemont de Gertruydenberg , et la perte dea iles de Yoom et dé Corée, il en otdenana die- suite rér^neuation. •

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Le général Ambert^ qui n avait pas au*delà de 900 combattans, tant en marins mal armés, qu'en conacrits peu aguerris , avec 3 bouches à feu , n'était pas homme à rendre la place à un simple parti. U fit une sortie qui fusilla le reste de la ^ouri^e avec les coureurs ennemis; mais sur le soir, considérant que toute communication était coupée avec Gêrtruydenberg et Gorciim, qu'il ne pouvait résister à un coup de main, et courait risque d'être trahi par la bourgeoisie , il se décida à ne pas atteildre le gros du corps ennemi, et à évacuer la place.

Cette opération eut lieu le 9, en plein jour; la garnison emporta les clefs de la ville et se retira Evacuation a© sur. Braschaet où elle s'établit le lendemain. Vers neuf heures , l'ennemi en prit possession sur de& bateaux que les habitans lui envoyèrent par le ciUBal. 11 n'y trouva que 200 malades qu'on n'a vai t pu transporter ; faute de voitures. ' A peine le général Benkendorf fut-il maître de Breda 9 qu'il détacha 2 rëgimens de cosaques sur Wilbelmstadt. Le cokniidi Legrand gui venait de Evaluation de recevoir tordre detacoatiou, craignant détre coupé, se hÂta de Texëcuter, laissant dans la place un matériel d artillerie considéraUe , et 3^ chaloupes canonnières. La prise de celte place fut d autant plus agréablie aux alliés , que l'expé* dition anglaise y trouva pour débarquer un port commode et sàr. Pendant que le général

Grafaam se pressait de mçtti*e ses troupes à terre , le général Stall ayant été renforcé , sommait Ger^ truydenberg. Le général Lorcet qui l'occupait , avec une centaine d'hommes , après avoir tenté inutilement de s'échapper, consentit à remettre ce po$t6 à condition . de rentrer en France , ce qui lui fut accordé* Pri« d« nie JnsquesJà, le général Bulow n'avait point bougé de ses cantonhemens aux environs d'U-* trecht; mais lorsqu'il fut informé de l'occupatien de. Breda, de Gertruydenberg et de Wilhelmsts^dt, il fit resserrer le blocus de la place de Gorcum par la brigade Thumen , et se disposa à prendre possession de l'ile de Bommel. Le 17 dé-* cembre , ses troupes forcèrent en même temps le passage du WahJ , en face de Bommel , et près de Qorcum. L'intention du général Bulow était d'attaquer la ville de Bommel , située sur la rive gauche du Wahl, pendant qu'une colonne chercherait à couper la reti^ite de ses défenseurs sur Anvers. Il avait , à cet effet, divisé ses troupes en 2 colonnes. La 1'®, commandée par le- général Oppeu, était composée de sa cavalerie et des brigades d'infanterie de Thumen el du prince Louis de Hesse-Hombourg. La 2^ ne consistait que dans la brigade KrafTt

Le passage du Wahl par la i^^^ s'effectua souS le feu de 60 pièces de canon , sans qu'on pût y apporter d'obstacles. Le général Molitor se retira

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^ti i)t)ti ùrJre et alla repasser lâ Meuse à Crèvetœur , d'où il prît la route de Grave; il fut vivement poursuivi par rennemi qui, après avoir enlevé la première de ces places, rabattit sur le ftw't Sainl*André^ doiil il se rendit maitre presque ^ans Coup férir. La 2® colonne passa à Meervelde , près de Gorcum , dont elle compléta le blôcus sur la rive gauche du Wahl , après en avoir repoussé une sortie; s'empara de Vorcum et de Lœvens* tein, puisse dirigea surlleusden où elle s'établit. Le peu de troupes françaises disponibles de ce côté , se trouvaient par l'effet de ce simple mouvement éloignées et concentrées sous les ordres du duc de Tarente dans les environs de JXimègue; dégénérai Benkendorf poussa alors sans crainte ses partis sur West-Vesel et Turnhout dans la di* rectiôn* d'Anvers, et le partisan prussien Colomb battit la campagne jusques sous les murs de Malines et de Louvain»

A la nouvelle des événemens qui mettaient en si grand danger les établissemeus d'Anvers , TEmpei^eur affecta une sécurité qui surprit tout le monde : il se contenta d'enjoindre au général Roguet ^ qui avait porté une de ses brigades à Louvain pour comprimer les mouvemens insmr* rectionnels que l'apparition des coureurs russes et prussiens y avaient excités , de se rendre à An- Ters sous les ordres du duc de Plaisance; mais loi^qu'ii apprit l'évacuation de Wilhelmstadt et 1. 5

Le général j^ Brcda , il fit écIatcr une grande colère contre

Decaen est , ^ ^

rappelé. ]e général Decaen , lui retira le commandement et ordonna qu'une enquête fût faite sur sa conduite. Cet acte de sévérité déguisait mal ses inquiétudes , et Ton ne tarda pas à s'apercevoir qu'il en avait de très-vives sur la place , à laquelle d'au« tres moins importantes venaient , dans l'impuis* sance de tout défendre , d'être saciifiées par le brave général qui encourait sa disgrâce.

Vu^^^fomer ^^^ ^^ cahuc trompcur qui régnait le long du ''arde'^eu Beï ^'^*^» ^^^ pcrsuadaut quc les premiers efforts des eHp«* alliés se dirigeraient du côté de la Belgique , il se

crut encore en état d'y tout garder, et dans ce but, il n hésita pas à y rassemblera la hâte un corps d'armée de la garde , à défaut d'autres troupes.

La division de cavalerie du général Lefebvre* Desnoëttes, et celle d'infanterie du général Barrois , reçurent ordre du prince major<^énéral de se rendre en toute diligence à Bruxelles , où elles devaient achever leur organisation , et être suivies tant par la division Boyer de Rebeval en formation à Lille , que par les divisions de vieille garde Priant et Laferrière^Léyêque qui s'y acheminaient de Trêves, sous la conduite du duc de Trévise*

L'intention de l'Empereur était que ces troupes reprissent Breda , fissent i^passer la Meuse ' et lé Wahl à l'ennemi , et donnassent le temps au

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1^' (corps de se former et de s'asseoir datis le ^amp retranché d'Anvers (i).

Mais en iattendaût. leur arrirée, il prescrivit ii<îo»°eo'fdre

■■ ' au comte Ro-

4IU co m té Roguet de marcher d'Anvers sur Breda , gu«t de re.

T A 1 1 » 1 i prendre Brt-

de tacher de s emparer de cette place par un da. coup de main, et de rouvrir la communication avec Gorcum» Le duc de Tarente eul Tordre dé favoriser son mouvement en se portant de Grave sur Bois-le-Duc.

Le général Roguet se mit en mouvement le 19 décembre , avec environ 6 mille hommes d'in« ianterié et 800 chevaux , sm^ West^Y esel , dont

»mmimm^Ê0tlmlmÊ*mitmmmàÊmmmmimlm i nn i ■■.■■■ é" Vit ii ■■ h ■■ i ■ . ■i^b»—».— ^

(x) Dan» la guerre des Pays-Bas^ Anvers fut 4iouTert sur les deux rives de l'Escaut, par un système de forts et un camp retranché qui enveloppait le village de Borgerhout ; dans les guerres de Louis XlV et de Louis XV, cette place fut le point d'appui de lignes qui rejoi* gnaîent laNèthedans k direction à peu près dn canal projeté de l'Escaut à la Meuse. Lors de la dernière expédition anglaise ^ nn officier supérieur du génie proposa un camp retranché , destiné à recueillir les troupes , si elles venaient à être rejetées^de l'Escaut-Oriental sur Anvers. Le prince de Ponte-CorVo reconnut ce camp ^ mais seule-» nenCpottr agir sur l'opinion, et dit à cet officier , qai prenait ses ordres pour le tracer : « Comme vous VQudres , mort' cher çoft$- » mandant; ceci, vojreX'^ous , est un camp politise, » Quelque temps apiès , l'Empereur averti par cette expédition , conçut l'idée d*«n système âfs forts et d'un camp retranché, deitiàés tout à la fois à préserver les diantiem de la maxime de bombardement ^ etrà couvrir une armée de gardes nationales ou de nouvelles levées; m^éà ^ les ouvrages n'étaient qu'en partie exécutés , les levées n'étaient pas faitear; rn nn mot, c'était un de ces projets conçus pour u^ état de •j^issftnceet de prospérité, dont Vempire était déebn. • —

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il chassa les avant-postes da geDeral StalL Le 20^ il arriva devant Breda , et disposa toutes ses batv teries ponr y jeter des obns dans la nuit* Le général Castex alla observer Boi^le-Duc et Gheneghen avec la cavalerie; Un poste fut placée à Terheide sur la Marck pour rompre les communications par eau avec Gertruydenberg.

Atuqaft in-. ^. minuit 1 e bombardement commença , et dura Breda. SIX hcurcs. La placc n'y répondit que &iblement ,

parce qu'elle n'avait encore qu'une batterie légère; mais le prince Gagariu revenant de battre la campagne aux environs de Bruxelles, étant parvenu à déloger dans la nuit même le poste de Terheide, le convoi de grosse artillerie et de munitions expédié de Wilhelmstadt entra dans la place et releva le courage de ses défenseurs.

La journée du 21 se passa en attaques infructueuses sur les trois portes. Le général Castex s'étendit vers les lignes de Wugt. A dix heures du soir, le feu recommença et se soutint de part et d'autre avec beaucoup de vivacité, jusqu'au lendemain , six heures du matio , qu'il cessa du côlé des assiégeans , Êiutede munitions.

Des militaires ont prétendu que la place eût pu être emportée, si Ton en avait brusqué lattaque; noue ignorons si la qualité des troupes et les autres circonstances permettaient ce coup de main. Quoi qu'il en soit, il est certain que le général Benkendorf n'avait pas au-delà de i5oo

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hommes d'infanterie, que sa cavaleiûe l'em^barrassait plutôt qu'elle ne lui était utile; que u'ayant qu'une demi-batterie , et ne pouvant être secouru par \e^ Prussiena éla]>lis à I^eusden , ni par lea Anglais, dont les vents contraires empêchaient le débarquement , il* était .dans une pôsî-^. lion où il fallait beaucoup d'énergie pour ne pas douter de son salut.

. Itumédiatement après cette tentative infruc- ReJtraiu). suf tueuse, le général Lefebvre-Desnoëttes. qui v^enaît d arriver ( 1 ) , informé que le général Rrafft était qri ndarch.e de Heusdeu sji^r Brçdâ ^ et que le . général Grah^m détachait . aussi à son secours lin fort détachement de Sevenberg , jugea conve-: nable de lever le blocus et de marquer la retraite stir Anvers. Elle fut jEavor4sé^ par um- ép^i sbronîU lard, qui la déroba à la poursuite -dès â|ssiégés^ Le 34 9 ^^^ troupes prirent position à Hôôghstrae^ ten^ Minderbout, Braschaet et Malines, où legénéral Bnlow 1^ laissa paisiblement s'établir;^ tout glorieux d'avoir chassé les Français de la Hollande , en moins de temps qu^ils n'en avaient mis à la conquérir en 1794*

. (i) Le généijal JpefeJ)v^^D/î»hQëlte», qjii avaiç reçu f ordre dc| se rendre à -Anvers pour conunander la cavalerie de la garde, arriva le aSàHaagen» ou il prît , comme phis. ancien , le commandement de toiites les troup^ftite r^xpéditioB.

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