CHAPITRE ni
Entrée en France de la grande armée alliée. -^ Caup'^Pœil mHUaire sur la frontière de tEsL — Prise de Genève. — Moupemen» des dOiés* de/nds le Jtkiit jusqaes dans les hautes mdlées dé la Marne et de la Seine^
(Consultez pour les marches I9 €ar%e des ponts et chaussées
* ail l '
de l'Empire » et pour les positions les feuilles de Cassini , >4^> i47i ^4^1 >^9» >'«9 ii9yi«3», if4 et Ii5v}
A.ii œomeBt où la Batlande se délachaîli aiwt de l'Empire , el donnait un. P(0¥ireau point d'appui ^ la coaUlion, et ou Napoléon, nonobetatit lo dénueokenf àè toute espèce de resMurces ^ 30 flattait encore de ressaisir U ligne de la Meuae et du Wahl avant que Lea grandes arsieeaiusseiit en état de tenter Tkivasion sur les fronùèrei àà l'Est, le généralissime., prince de Schwarseilbaiig» mettait en mouvement toutes les troupes de la coalition pour l'exécution du plan de campagne arrêté à Francfort; mais avant d'aller plus loin , les militaires jetteront peut-être avec plaisir ui^ coup-d'œil sur la frop^tière ^e tant de massQ« ^'apprêtent à franchir^
CHAPITAE III, 71
Personne n'ignore que le haut massif des Al- Coupd^œii pes , entre les Grisons , le Tyrol et la Yalteline , tîère d« veh, foime le fond du bassin du Rhin , lequel embrassé jusqu'au Saint-Gothard , les sources et les afHuens du fleuve) jusqu'au point où il prend un seul nom et se réunit dans un seul lit
Depuis le Saint-Gothard jùsqu a l'entrée du Rhône ,. dans le lac de Genève , la chaîne des Al* pes, entre le Yallais et la Suisse» sépare les bas^ «ins du Rhône et du Rhin.
Entre le lac de Genève et la Suisse ^ la chaîne s'abaisse et forme les collines du pays de Yaud, coupées par les communications faciles qui se dirigent delà Suisse sur Lausanne et Genève»
Vers les Rousses y la chaîne de collines du pays de Yaud se relève et se rattache aux massifs des Juras. La crête du bassin qui depuis le Saint-Gotbard» courait de l'Est à TOuest , changje ici de direction , et va courir du Sud tm ]Nord.
C'est la chaîne même des Juras 4}ui > des Rousse^ jusqu'auxr sources de laBii^se» forme la créta du bassin du Rhin, et le sépare de celui du Poub» et des autres afiluens du Rhône* Cette par^ tie de la chaîne est aoupée par les grandes com* munications qui se dirigent de la Suisse enFran-^ che-Gomté«
Jusqu'ici , la gauche du bassin du Rhin embrasse les sources de l'Aax^ et des autres cours
73 CAMPAGNE DE iSl^»
d'eau qui arrosent la Suisse , et vont grossir le fleuve au-dessus de Dâle.
Depuis les sources de la Bîrse jusqu*.V celles de la Savoureuse , la crrte commune des bassins da Rhin et du Rhône , s'abaisse et forme entre let massifs des Juras et des Vosges , la trouée qui con-^ duit de Bâle dan? les plaines de la Saône; c'est sur cet abaissement que se trouve le col de Valdieu, point de partage du canal du Rhin au Rhône. Celte partie de la chaîne est traversée par les grandes routqs qui se dirigent de Bâle sur Besançon y Dijon et Langi^es.
Une remarque intéressante à faire en passant ; c'est que cette trouée entre les Vosges et les Juras, correspond en Franche-Comté à celle que lea Alpes tyroliennes et les Moutagnés noires for* ment en Souabe.
Au-dessus de Béfort, le contrefort qui sépare, les afiluens du Rhône d'avec ceux du Rhin, se relève, change de direction, court de l'Est h l'Ouest , et par ses masses , sa hauteur et sa constitution , appartient au grand massif des Vosges. C'est ce chaînon qui sépare une partie des affluens du Doubs , les sources et les hants affluens de la Saône ^ d'avec les sources et les hauts affluens de la Moselle et de la Meuse.
Vers les sources de ces rivières , à-peu-près k la hauteur de Laugres, la chaîné qui* forme la
gauehe du .bassin du Rhin change exiçiore^e di> Tection, elcourt avec quelques inilexiws du Sud au Nord ; d'abord resserrée entre la Mq^çlle et la Meuse, elle se proiongé sûr les $ammîi4vS de# Ardennes , puis sur celles de TEiiÉfel > et va s'ar baisser en collines et plateaux peu él^éf: danf les plaines de Juliers^. pu DxASMS.ciéuisia ,$ans peine )e canal qui dévet^se uneparli^e df^s^aus du Rhin datis le lit de TYssel Qettcf çl^ne. çs( >coupëe>par les grandes et nombreuae^.coiQmu: .nicfftîons qui se dirigent doa villes et des places ^e la Moselle et <ie ia M^Mrtb^ , $Ur .QcJIqs, 4^ la Meuèé«
* • Dans te coude immcsEise.que forme la Gré(e^49 bassin dn Rhin, depuis les Jurais.jusqu'aux sp wce^ tïela Moselle et delà Meuse , et depuis jpe$ SQui>> ces jusqu'au groupe de FEifiel , se trouve enferma lé bassin pai^culîer de la^Mûselle* ; ' ^
Sa berge ganche n'est^aiitre quecellë du lUniu 9 mais à sa droite, les hautes dbaînea des Vosges .et ^U Hundsruck séparent 4ea affluens du ileuve , tels que l'Ul, la Lauter, la Queich» la X^abe, les affluens par]ticuliers de la Moselle, teISrqpe Ja Meurthe et la Sanie» Les chaînes des Vosges et du Hundsruck sont cpupées par les grandes çoiomu-r nicàtions qui se dirigent de T Alsace et du Pala<>tinat sur Metz et Nancy, et sur les.autres places ou villes de la Moselle. - ....
Parmi ces débouchés se trouve celui qui , M
^4 CAMPAGNE DE l8l4,
Goblentz à Metz par Trêves, suit en partie la vallée de la Moselle , et coupe les chaînons âevës ee difficiles qui séparent les bassins particuliers dea affluens que cette rivière reçoit à sa droite , et qui appartient comme le contrefort principal au massif des montagnes du HandsmcL
De Goblentai à Bftle , on ne peut passer de la vallée du Rhin dans celle de la Moselle « qu'en traversait les massifs des Vosges et du Hunda* ruck , qui forment en première ligne une barrière bien supérieure à celle qu'offrent en seconde^ les crêtes moins élevées qui séparent les bassins de la. Moselle et de la Meuse. Néanmoins cette seconde ligne présente «icore dans les défilés des Àrdennes et dans les appendices des Tosgeà deâ obstacles àanx on peut tirer parti dans la dé^ fense^
Cette direction mdme après avoir franchi 1# cr^te' du bassin du Rhin,^ ne conduirait letanenù que dans le bassin de la Meuse ^ et pour arriver dans celui de la Seine, il aurait de plus à fraur chir le contrefort qui sépare les sources et lea af&ue}i& de la Meuse et de la Marne , où se trou*^ vent aussi d'assez ^ands obstacles dans, les Ais dennes , T Argonne et les appe^diceâ de& Yo$^ ges et dfu Morvan*
Depuis'B^Ie jusqu'à Genève , l'ennemi une foSa: maître de la Suisse a le choi» de trois, grandes^ liçn^aof&naives^ '
€HAriTRi: ni, 75
En remontant d'Italie dan» la mflée de l'Isère , pour marcher sur Grenoble et Lyon, tesdiéboacfaëft de Genève sur ce& deux ville» Im donnent 1« moyengde«»c<mderpwmmmenteeite aflèn.
site; hor» cp cas , cette direblion In} oflfirirait en-^ core led uMjens d*ane ntile diversion , s^il est 9Mei puissant d'ailleurs pour drriser ses fbrces.
Entre Genève et Bâle , de grandes eofnniuiÂca-n tîmis praticaMes à l'artillfrie outrent , ir est vrai , la chatne des Juras; maïs attendu qu'elle est longue à tràvei^ser , qu^m y trouve des positions àeliaquepas, qu'il est fiieile de jeter les rontes dans des précipices en vingt endroits » et qcr'nne' poignée ^'homxûje^ peut y arrêter Favant-garde d'une iarmée, tout indique que ces débouchés nef seirviraient à l'ennemi que pour ftiire sur Besaàèdn une diversion utile; soit dans W cas pau probable où il se dirigerait de Genève à Mfteon etGbftlûn^, à travers les Juras, sek dàè» Fbjf pOtfa^^epltiîs na^ turelle ou it prendrait tùH ô^nsive par Bàle snr lidDgres ou Dijon.
C'est enetiet dabs cette dletnière direction que 00 trouve la ligne d'opérations la plus directe dans une guerre dileisi^ ^ car Tèlinetiài u^a à iroE^ chir que la trouée entre lès hauts massifs des Juras et des Vosges ; dopt les déb<>uché9 sont occupés par de mauvaises plaoes telles que Béfort et Bla* nKHit , et ou les routes ne sont défendues que par
^6 CAHPÂONE DE l8l4,
des^ obstacles naiurela qu'on peut Taincre ou éàh> der sans grandes dhficultéai : Toutefois après avoir franchi dans cet abaisse^ ment la chaîne qui siépare.les bassina du Rhin el du .Rhône, renneini n'est encore que dans le bassin dç ce dernier fleuve, et il&ut «[u'il s*élèv& de. la vallée de la Saône sur la chaine du Morvan»
pour redescendre dans le bassin.de la Seine, soit qu!il pë;iètre par Dijon dans les vallées de F Yonne et jde TAnnaïAçon, soit qu'il tombe par Langrea dw$;|e8i vallée^ delà Haule^ejne et dc^ la Marne.: : Maj^ bi^n que la chajip€) du Moryi^l Pe soit pas. dépuée ' d'pbs^acles naturds » et qWelle offire d'excellentes positions,, elle ne pi^^ujte aucun point forti^é, e|; n'a ni cette profondeur, ni cette élévation ,' ni cette suite, ni. cette variéjté 4'ac;pideps qui rendent la défensive si facile dans^ les Vosgesii et suttoi;it dftii» les Juras. : . De ces aperçus généraux ^ il résulteque. c'étajit. 4ans^çette. direction que se trouvait la ligne d'o-^ pérations la plus favorable à FoOensive des alliés^ dans lUUe^ guerre' où ils étaient asse2>. forts pour
yioler s^ans crainte la neutralité' dé la! Suisse , e&
pénétrer au coçur de la France avec 3qo mille
hommes.
, Nous allons consacrer ce chapitre à développer
les mouvemens de la grande armée depuisle Rhiio^
et la Suisse jus^qu'^ son arrivée dims les. hautes
Vallées de la Seîne et de la Marne ; nous résôï^ei-ons les deux chapitres suîvans aux mouvemens des armées de Silésîe et du Nord , depuis le Rhin , base commune de leurs opérations , jusqu'à Tinstant où elles sont venues se mettre en ligne avec la grande armée dans les vallées de la Marne et de la Meuse.
Le généralissime, prince de Schwarzetiberg, ayant réuni du 16 au 20 décembre la majeure partie de la grande armée dans le grand coude que forme le Rhin sur sa rive droite , vis-à-vis de Bâle , ordonna le passage du fleuve pour la nuit du 20 au 2 1 . U eut lieu ^ur six colonnes dans Tordre suivant :
Le prince héréditaîk^e de Hesse-Hombourg uanpée aor avec les gardes et réservés autrichiennes à ocnalf- tre en suiMe: hausen , se dirigeant par Zurich sur Berne , où il arriva le 29 décembre. ' '
Le général Colloredo avec le i*' corps autrichien à Laufienbourg , marchant par Arau et . Arberg sur Berne , où il arriva le 26 décembre. '
Le comté de Bubna avec la 1^^ division légère autrichienne, et le corps du prince Louis de Liechtenstein à Bâle , se dirigeant par Soleure et Berne sur Frîbourg, où il fut rendu le 25, après avoir envoyé de forts délachenlens sur Néuchàtel et Pierre Pertuis pour observer llmmenthal et la route de Travers à Pontarlier. *
^8 tAMPACNE DE l8l4»
Le Qorps du général Giulaj suivit la i^^ cù* lonne par Soleure sur Arbergoù il s'arrêta le 2Ô«
Le général Bianchi avec sa division et celle du général Gréenville , passa également à Bàle , et flanqua la droite en marchant sur Biel ^ où il arriva le 24*
Enfin le corps austro-bavarois du comte de Wrède passa à Bàle, forma sur^e^hamp le blocus d'Huningue, et détacha la division Rechbei^ sur BéforL
Pendant que tous ces mouvemens s'opéraient sur la rive gauche du Rhin , le prince royal de Wurtemberg avec le 4^ corps , et le comte Barclay de Tolly avec les gardes et réserves russes s'établissaient comme réserves à Lœrach » déta-^ chant quatre pulks de cosaques contre le petit Bàle. Enfin le comte de Wittgenstein avec le 6^ corps russe, joint au contingent badois, relev«iil le prince de Wurtenoiberg au blocus de Kehl , et observait la rive dx*oite du Rhin jusqu'au fort Vaùban.
Ainsi, dans les derniers jours de décembre « le prince de Schwarzenberg avait la majeure partie de son aimée en ligne ^ depuis Béfort jusqu'au lac de Genève , et trois corps sur la rive droite du Rhin , depuis Fort-Yaiiban jusqu'à Lœ* rach» Quelles étaient les forces qui allaient entrer en lice avec ces masses imposantes ? On a vu que le maréchal duc de Bellune avec 8,$oo baïonnet*