‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 38 sur 129 · CHAPITRE ru i5i · texte numérisé non relu

CHAPITRE ru i5i

SaintJMihiel , pour continuer sa marche sur Cbà- Ions.

Dans cet état de choses , Napoléon voyant la nrentma-

'F J ncBUTrer «or

possibilité de commencer l'exécution du plan i« «»« d« u

• . • . • • jfw^de arme*.

qu'il roulait dans sa tête depuis huit jours , résolut de réunir toutes ses troupes à Vilry , d'en déboucher sur Sain^Dizier, pour se rabattre par Joinville et Chaumont sur Langres , où il augurait trouver la tête de la grande armée alliée et lui livrer bataille. En conséquence , il ordonna au duc de Bellune de masser ses trouj^s près de Saint- Dizier , au duc de Raguse de l'appuyer avec la di- , vision Lagrange et la cavalerie Doumerc.

La division de jeune garde Decouz fut réunie à celle du général Meunier pour former une petite réserve dont le prince de la Moskovra prit le •commandement ; enfin , comme il fallait employer tous le^ maréchaux présens, le duc de Reggio eut ordre de se mettre à la tête de celle du général Rothembourg. La cavalerie polonaise, qui se trouvait être la meilleure de l'armée , fut admise dans la garde et forma une petite division sous les ordres du comte Pacz. L'ordre fut cxpé- •dié au duc de Tarente , de faire remplacer la division Ricard à la naissance de l'Argonne, jusqu'à ce que les armées ennemies eussent été rejetées dans le bassin du Rhin. Cette dernière division , •ainsi que celle du général Dufour, eurent l'ordre de se réunir à Vitry. 11 ne resta à Ghâlons , sous

l5:?. CAMI^AGKE DE l8l49

le duc de Valmy, qu'un bataillon de douaniers et quelques détachemens pour la garde du grand parc, des-ambulances etdu grand quartier-génëraL Par cesdi)»positions el la vivacité qu*il espérait imprimer à ses manoeuvres , Napoléon se flattait de surprendre les alliés , de les battre l'un après l'autre , et de délier le nœud de la coalition. Peu s'en fallut que ce plan ne lui réussit; car les Souverains arrivés à Laogres s'épouvantèrent de la rapidité de leurs succès* I^ ferveur des deux Empereurs s'était éteinte ; l'enthousiasme avait fait place aux calculs de la prudence , et Tinvar sion résolue à Francfort allait peut-être dégénérer en une guerre méthodique. L'Empereur de Russie commençait à sentir qu'eu coopéraotà l'abaisseiA^nt de la France , il travaillait k ftccroitre la puissance d^ l'Angleterre et de l'Autriche. François II de sou côté , ne pouvait conseutir par :égard pour sa fille , au détrônement de son gendre. Ajoutez que les conseils de l'un et de l'autre^ n'étaient pas dénature à les encourager; on mettait sans cesse sous leui^s yeux les efforts Ëiits par la nation française en 1793, ces i4 armées, ce million d'hommes levés pour, assurer Tintégrite du territoire. Le silence des départeiuens envahis, l'accueil sopibre et farouche reçu dans quelques autres , tout dénotait selon eux , que les armées de la coalition marchaient sur un volcan. A les en croire , si l'on n'avait point rencontré de

Page 1