‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 40 sur 129 · CHAPITRE VI. iSg · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. iSg

tentait de se glisser sur les derrières de Farinée de Silésie ; précaution fort sage , car si l'armée française eut fait volterface ) elle eût trouvé en colonnes de marche le corps du général Yorck qui venait de passer la Meuse à Saint-Miliiel et Commercy. Enfin prévoyant que le feld-maréchal Blucher pouvait être attaqué par toutes les forces françaises y le généi*alissime ordonna aux réserves et aux gardes russe et prussienne de filer de Ghaumont sur Bar , afin d'être prêtes à entrer en ligne en cas de besoin.

L'armée française continuant son mouvement , combat de la cavalerie du général Pire formant tête de colonne , découvrit ^ à 7 heures et demie du matin , Tennemi en position entre Maizières et Brienue. L'Empereur ordonna de continuer la marche avec prudence et résolution. Vers une heure après-midi on rencontra 2 régimens d'infanterie légère sous les ordres du prince Scherbatow.Oa continua de filer; mais ayant été soutenus par 6 escadrons de uhlans et 4 pièces légères , ils barrèrent la route à la hauteur de Perthes et commencèrent à canonner. Pendant qu'on leur ripostait, la tête du corps de Sacken qui revenait de Lesmont^ se plaça en colonne derrière Brienne sur la route de Yitry à Bar; le prince Scherbatow^ se replia sur le chemin de Lassicourt , et Iqfcômte de Pahlen qui avait flanqué le .mouvement de Lesmont sur. Brienne, se forma ]• 11

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en première ligne. .La ville fut occupée par le corps d'Alsusiew.

Cependant la cavalerie française s^étant déployée ' dans la plaine , le comte Groucky ox^ donna au 5^ corps qui en formait la gauche.de se porter eu avant sous la protection de 3 batteries. Le comte de Pahlen qui n'avait pas au-delà de 2 mille 5ûo chevaux, jugea la partie trop inégale pour se mesurer : il se plia en colonnes et se mit en mouvement sur Brienne , faisant faire bonne contenance à son arrière-garde , prête à êti-e chargée par les dragons des généraux Briché et Lhéritier ; trois bataillons du prince Scherbatow la garantirent du choc, en leur opposant des carrés d'où partit un feu meurtrier. Parvenu à la hauteur de Saint-Léger, le comte de Fabien traversa la grande rue de Brienne et alla pi*endre la droite du corps de Sac^en , où il fut rejoint par la cavalerie de ce dernier, aux ordres du général Wassiltschikow qui avait faitTarrière-garde et détruit le pont de Lesmont.

11 était déjà trois heures ; le mauvais temps avait retardé la marche de Tinfanterie française dont La présence devenait indispensable pour continuer à pousser Tennemi. La cavalerie russe était inabordable, i^pliée derrière son infanterie qui avait postée quantité de tirailleurs dans les larges fossés de la route de Bar , dans les jardins en avant de ik ville et sur le chemin de Morvilliers et de Doule-

vent. Vers trois heures et demie ^ là tête de la colonne du duc de Bellune partit à hauteur du bois d'Ajou, Ce corps était harassé et ne pouvait s'arracher des boues; dès qu'il eut atteint la ligne de cavalerie V le maréchal poussa en avant la division Duhesttie»

Alors s'engagea un feu d'artillerie et de mousqueterie qui duïa près d'une heure sans avantage niarqué. Le jour tombait* L'Empereur pressa le prince de la Moskowa d'arriver, et lui ordoùna de marcher à la tête de 6 bataillons de la division Decouz surBrîenne, pa^ le chemin deMaizières^ tandis que le générai Duhésme ré'nôUVéllerait son^ attaque , et que le général Château sie porterait à droite pour s'emparer diî «hàtealt' en- tournait la ville. ..... ,

Les trois colônpes se mirent* aussitôt en tuoià-* vemént; mais le *màréchal Blùcher s'apercévaùt qu'elles n'étaient pi'Otégées' que pardeTartilIerie, • et que toute la cavalerie française se trouvait en-* coreà la droite, ordonna aux généraux Pablëu €t Wéssiltschikow de charger la colonnie du général Duh'esm^. Assaillie en un instant par 40 esr cadrons , elle est ramenée en désordre pt pei'd'S pièces de canon. ' ' ■

Cet échec nuisit aux progrès de la colonne du centre qui , après s'être emparée de ta pièces de canoû , et prêté à pénétrer dans la ville , fut forcée de les abandonner aux 4® et 34® dç chasseurs

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russes, et de se retirer derrière les jardins.

Cependant la colonne de droite s'introduisit par le parc dans le château. L'ennemi qui n'imaginait pas qu'on eût l'audace d'y pénétrer de ce côté , n'y avait laissé que peu de monde ; il fut enlevé sans coup-férir. Enhardi par ce premiei* succjès , le général français , après y avoir laissé 400 hommes des 87® et 56^ régimens, sous les ordres du chef de bataillon Henders , descendit sur la ville avec le reste de sa colonne , culbutant tout ce qui se trouvait sur son passage. Mais dans ce moment même, la cavalerie de la garde aux ordres du général Lefebvre-Desnoëttes qui avait tenté une charge à l'entrée deBrienne , fut rejetée par celle des Russes sur la division Duhesme qu'elle entraîna* Favorisé par cette circonstance, . l'ennemi réunit des forces supérieures contre la colonne descendue du château et la repoussa.

Toutefois la possession de ce poste rendait les Français n»aîtres d'une partie de la ville. Il deve« . nait urgent de les en chasser , car le parc qui retnontait de Lesmont à Dieuville était compromis. Le feld-maréchal Blucher résolut de faire faii>e aux corps d'Alsusiew et de Sacken un effort combiné; Le premier eut ordre d'attaquer le châtea^i en flanc et sur ses derrières; l'autre de dinger une forte colonne d'infanterie dans la grande rue de Briemie pour balayer tout ce qui s'y trouvait

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