‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 41 sur 129 · CHAPITRE vr. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE vr. l

Ce château est un gt?and bâtiment de forme àpeu - près carrée , fort vaste , et clos de haut^ murs qui divisent plusieurs cours et de petits jai^ dins, 11 est assois sur une colline au pied de laquelle est adossée ïa ville , à 5ao mètres environ plus loin dans la plaine. Celle-ci est ouverte , et consiste en deux rues qui se coupent à angle droit. Le prolongement de Tune d'elles aboutit au château, la route de Vitry à Bar traverse l'autre dans toute* sa longueur.

Deux fois les colonnes russes escaladèrent le château sur des points diffërens , deux fois elles furent repoussées à la baïonnette; les cours , les escaliers, surtout du côté du parc , forent jonchés de cadavres, et le général Alsusi&w obligé de se retirer dans la ville sous un feu très-vif de mousqueterie. Ici s'engagea un nouveau^ combat. La brigade Baste de la division Découse, soutenue dé la division Meunier, après avoir repou35éFattaque du corps de SackeB dans la grande ru^, barrait la retraite aux assaillans , qui' se jetèrent de désespoir dans les maisons voisines. Chacune <^elles fut vivement disputée, et souvent par des retours offensifs , ils reprirent ce qu'on leur avait arrache avec des peines infinies. Bans un de ces combats particuliers , le prince de Neuchâtel fût atteint d'un- coup de lance sur la tête. Tous les corps se trouvaiaott pêle-mêle; c'était moins une bataille

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qu'une boucherie éclairée par l'incendie de la ville.

Sur la droite, vers dix heures, et à la clarté des ilammes Je général Grouchy fit exécuter une charge par les dragons du général Lhéritier , mais ils furent ramenés; le 33^ régiment seul tint ferme à l'entrée de la ville.

Enfin vers tninuit, épuisées de fatigue et rassasiées de carnage, les deux armées cessèrent leur feu. Les Français conservèrent le château , les Russes la presque totalité de la ville ; le quartier inipérial fut établi à Perthes. Les Russes , après avoir fait filer leur parc sur Dienville , se retirèrent en silence sur la route de Bar , ne laissant dans Brienne que des troupes légères.

Cette journée causa des pertes énormes aux deux partis; 3 mille tués ou blessés de chaque nation restèrent sur le champ de bataille : on se fit réciproquement quelques centaines de prison^ niers. Les français eurent à regretter le contreamiral Bastè, qui ne trouvant plus l'occasion de servir sa patrie sur mer, vint se faire tuer à la tête d'une brigade de jeune garde. Lés généraux Decouz et Lefebvre-Desnoëttes furent mis hora de combat : le premier grièvement blessé fui bientôt enlevé à l'armée.

Les généraux en chef des deux partis coururent personnellement de grands dangers. L'ëuh

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