CHAPITRE VU
bavi^roise , qui en. fit un grand nombre prison* niers , et enleva la batterie qui les protégeait. Favorise par cette èharge , le corps de bataille se déploya malgré le jeu de l'artillerie française et les efforts , de la cavalerie du général Doumerc. Aussitôt que la ligne fut formée , le comte de Wrède ordonna au général Spleny de tourner le village de Chaumenil par sa droite, tandis que le général^echberg l'aborderait de front , et que la division Hardegg avec une brigade d'in&nterîe et une de cavalerie bavaroises , l'attaquerait par le chemin de Brienne.
La brigade Joubert établie dans une ferme , au centre de la position qui couvrait ce village , 9e mit en devoir de s'opposer à la marche de ces colonnes ;. mais abordée par 4 bataillons' ayant pour réserve le. reste de la division Rechberg, elle en fut bientôt chassée et poursuivie vive* ment , par la cavalerie du général Spleny qui lui enleva 3 pièces de canon ejt une centaine de pri* sonniers.
La droite du duc de Raguse , se trouvant ainsi découverte , il se vit obligé d'abandonner MorvUliers où il avait tenu jusqu'alors spus la protection de soii artillerie, et de rejoindre sa x'® brigade en avant du bois d'Ajou*
L'Empereur prévenu de cet échec , en craisnit ©«nxième m» les conséquences , appréhendant que son adver- l Empereur
, , . . . . porte du sc-
saire ne dirigeât ses masses vers ce pomt, ne prit cours à sa gau-
che.
i8^ CAMrâeN% nis i^i^^
sa» ligne d^hutriUe à revtrt , él u'accalAV Tafrinéé adoi potffs^ de'f Aube , îi SHtcùutnt «ipm la- division Gftyol et untt bautriè qu'it fitff|i^]far par une brig£u}e de kr division Meumier ; màâd ce renfort n« r^t^A^K* pas Véqai&hFe : rarâllei^e française ciMfftebàitue par ta pièces dd eàvonqnele baron Fnwi^iiÊ^ |>eria rapîdéM^nt en eiV»M dn viUage, fut bi0»t^ péàvÈM au silenee, et la <5«Taderie ^impr^hsiifwoim e» prefila poAr e:sé«Mer ime c^t^e daxi9 taqctelte éll^ eùleva 7 pièces et tme centaine dttottMiesv
Troisième mo- Lcs progrès décisifs du cottle ^ "Wrède , coin-» LTmpereur Codant flvec la grande cliarg^ sur le eenfre , FËm-p
«ufoM dé* r^ p^*eui? jiige^ (lé»4or© ]a balifine perdife, et ne
^"*** ^'occupa plus qi^e de& inoyens ^aa^urer la re-
traiter A cet effet , il erdatma ai* cennCe Grouch y de retarder autapât qo'il le poul^rait arec la cava^ Jerie dn eotsite MUfoand , la marebe de Tennemi dao^id cette partie, et de sontenir le <}iig de Bel- Itftie, et an généra) Nansonty de faire bonne con-r tenance en arrière de la Rotbière avec celle de la garde; en même temps pour mieux faire prendre le ebange aux alliés ^ il prescrivit au duc de Reggio d0 marcher sur laRotbière avec la division Rotbeitibourg et de chercher à j rentrer.
piyers'ion sus Ccttc divisiou s'ébraula aussitôt el arriva dcr vant le village à la chute du jour, au moment où le géûéral Golbert , par une charge heureuse , vipiiait d'y refouler les Russes, Le duc de Reggiq
CUÀPITK& Vif. i83
saisissant Fà-propos ordonna au général Rothembourg d'y pénétrer avec sa i^® brigade, gardant la seconde en réserve. Ce général divisa sa petite troupe en tpom colonnes , confia le commandement de celle de droite aa général Marguet qui marcba sm; la route , celle du centre au colonel Trapier , et se mettant à ]a tête de celle de gauche, s'avança dans cet ordre sur la Rothière; ses colonnes furent ac/cueilliés par une grêle de plomb à travers laquelle celles de droite et du centre parvinrent jusqu'à l'église, mais là, ayant été chargées par la â® division de grenadiers russes , conduite par le feld-maréchal Blucher en personne , et soutenue par le corps du général Alsusiew et la brigade autrichienne de Grîmmer , elles furent ramenées jusqu'au bout du village. Cependant le général Rothembourg rencontra face à face une colonne russe qui en débouchait. A son aspect, les conscrits saisis d'effroi , font une décharge mal dirigée et se pelotonnent de manière à ne pouvoir avancer ni reculer. L'officier commandant la colonne russe attribuant leur immobilité à l'intention de se rendre, s'avança vers le général Rothembourg qui les exhortait à le suivre , et lui proposa de mettre bas les armes. Celui-ci croyant au contraire que l'officier russe voulait parlementer en faveur d un détachement coupé par les deux autres colonnes , s'approcha de lui, reconnut son erreur et chercha
l84 CAMPAGNE DE l8l49
h le faire prisonnier. Une lutte singulière s'engagea eotr'eux et suspendit un instant les coups des deux parus. L'oflicier russe s'échappe enfin et court donner Tordre aux siens d'arriver; mais le général Rothembourg détourne cette charge , en les faisant mitrailler à bout portant par 4 pièces de canon. Cet heureux dénouement lui permît d'opérer sa retraite et de rallier les débris des colonnes du général Marguet et du colonel Tra* pier, à 4oo mètres* environ du village, où il at- . tendit de nouveaux ordres.
Kouv«i échec Tandis que ces choses se passaient au centre , le prince royal de Wurtemberg ayant été renforcé par une division de grenadiers et deux de cuirassiers russes , fit attaquer le duc de Bellune à la Giberie , par la brigade Dœring. Ce poste vaillamment défendu, fut enfin cédé au nombre, et le maréchal se retira entre Petit-Mesgnil et Chaumenil , poursuivi vivement par les Wurtembergeois, dont la brigade Stockmayer emporta lé premier de ces postes , et se mit par-là en communication avec les Bavarois.
Cette dernière opération fut le. coup de grâce pour l'armée battue. Le prince fit aussitôt couler sa cavalerie entre Petit-Mesgnil et la Rothière pour attaquer celle du comte Milhaud qui était venue appuyer sa gauche au bois d'Ajou , face à Chaumenil. Prise en flanc et dans l'obscurité , la cavalerie française n'eut pas le temps de se pré-
traite.
GHÀPITRE VII. l85
parer contre cette attaque , et s'enfiiît à toute bride sous la ferme de Beugné , où l'on parvint à la rallier. Six pièces légères tombèrent au pouvoir de Tennemi. Pendant cette charge , des chevau-légers Wurtembergeois se précipitèrent sur une batterie placée à la lisière du bois d'Âjou, la seule qui incommodât encore les Bavarois dans Ghaumenil, et s'en emparèrent.
Tel était l'état des choses , vers huit heures , ^fj^ **« '•• lorsque Napoléon informé des derniers succès de l'ennemi sur sa gauche et de l'issue peu heureuse de sa diversion sur la Rothière , ordonna au général Drouot d'incendier ce village , afin de contenir les alliés pendant que l'armée opérerait sa retraite sur Brienne. Déjà le prince de la Moskowa ,et la cavalerie de la garde avaient repris la route de Lesmont. Cette opération eut lieu de la gauche à la droite avec un ordre qu'on n'osait attendre de troupes neuves, exténuées de fatigue et de faim. Le duc de Raguse traversa le bois d'Âjou et alla se former à l'embranchement des deux chemins , ayant à sa gauche la cavalerie Doumerc. Le duc de Bellune bivouaqua en arrière de la ferme de Beugné. Le duc de Reggio ne se retira de devant la Rothière qu'après l'avoir vu en flammes, et retourna dans les bivouacs qu'il avait occupés la nuit précédente; quant au comte Gérard, il ne céda le pont de Dienville qu'à minuit. La cavalerie du comte M ilhaud couvrit }a plaine.
i86- camfàcns de i8i4t
Ces retours offimsift , Tordre et le calme a?ec lesquels la retraite s'effectuât firent douter longtemps au feldnviaréchal Bludier que NapoUcm se tint pour battu; en effet les gardes russe et prussienne vinrent prendre vers six ketu'es la position de Trannes » que les grenadiers et les cuirassiers quittèrent pour renforcer Fattaqne de la Rothière et de la Giberie. Satis&it d^avoir gagné Je champ de bataille, il ne poursuivit pas les vaincus , et bivouaqua un peu en avant de la ligne qu'ils avaient défendue.
La perte des Français ftit énorme : elle s'éleva à 54 bouches à feu et près de 6 mille hommes , dont 3,400 prisonniers; le général Marguet y fut tué , et le général Forestier y reçut des blessures graves. La perte des alliés ne fut guère moin* dre ; s'ils eurent peu ou point de prisonniers , le nombre de leurs blessés fut beaucoup plus considérable ; mais c'est en vain qu'on chercherait à uier qu'ils remportèrent une victoire signalée , et (]ui eut des suites incalculables sur le reste de la campagne. Elle acheva de détruire le prestige d'invincibilité attaché à la réputation de Napoléon , redoubla l'ardeur des troupes alliées , et affecta d'une manière grave le moral de l'armée française : le découragement s'empara de la plupart des généraux et des officiers, et la désertion exerça ses ravages dans les corps déjà si s^ffaiblis par les maladies et las fatigues.
€HAPITKE Tir. iS-^
€ette batài^ epn aurait dû clerenir décisive obaerratioia. tM dënatiÉfëe pt^ les bulletins des deax partis. ]9apo)écitt kireoi^senta^comme une simple affaire êf€MtèrB-gw<^ , et les miéi comme une action genêt^âk' dKmt 9é i^pportèrent toute la gloire au gêttie èa ftdd^marécfaal Blucher. Mais aux yeux de» âulkafrie& éclaifés , elle honora plus la bravoure des deux armées , qu'elle ne prouva l'habSeté du vtiiiqueur ; en effet , suivant leur opi- BÎOB , ee ù'est qa*xm choc en ordre parallèle , ou à valeur égale, les masses les plus fortes ont écrasé les plus faibles ; on n'y aperçoit aucune manoeuvre réellement savante. Si le feld-maré-ehal prussien mérite des éloges pour avoir su , après le combat de Brienne , ménager sa jonction avec la grande armée , attirer et tenir son ennemi en échec toute la journée du 3i ; il est bien loin te jour de la bataille d'avoir tiré de ses immenses ressources tout le parti possible. Dans la position où se trouvait l'armée française , la droite appuyée à l'Aube , sur une ligne visiblement trop étendue pour sa force, ils prétendent que le point faible était à sa gauche, et que le maréchal aurait du y diriger sa principale attaque. Ce vice ne l'ayant pas d'abord frappé , rien ne l'empêchait, lorsque le comte de Wrède eut chassé le duc de Raguse de Morviiliers , de porter rapidement les réserves sur ce point et d'attaquer simultané* inçnt ïa Giberie , Peti^Mi^sgnil et Ghaumenil ,
l88 CAMPAGNE DE l8l4»
afin de percer entre ce clemier yillage et le Boif d' Ajou. II. est hors de doute que la gauche des Français déjà entamée, n'aurait, pu soutenir c^ choc , et que l'armée pour éviter d'être tournée eût été ' obligée d'exécuter un changement de front en arrière sur Brienne , dont yraisemblablement sa ruine devenait la conséquence immédiate.
Au lieu de cette manoeuvre si simple, si certaine, le feld-maréchal , ajoutent les censeurs , s'opiniàtra devant la Rothière , où il envoya successivement ses réserves; et pour toute diversion , se contenta , bien tard encore , de faire attaquer le pont de Dienville par la rive gauche de l'Aube : manoeuvre fausse à tous égards, car supposé qu'on l'eût emporté , qu'auraient fait a brigades obligées de déboucher d'un étroit défilé ? D'ailleurs forcer l'aile d'une armée appuyée à une rivière, est une opération dangereuse , puisqu'un retour offensif accule les assaillans à l'obstacle. Enfin on reproche encore au feld-maréchal de n'avoir pas su tirer parti de la victoire. Il ne restait à l'armée française enfermée entre l'Aube , la Voire et les marais de Valentigny, d'autre retraite que sur la route de Troyes par Lesmont et sur celle de Vitry par Ronay, poui^quoi ne pas lui couper cette dernière de suite , et ne la pas poursuivre avec chaleur sur l'autre , afin d'atteindre du moins son arrière-garde au pont de Lesmont ,
CHAPITRÉ Tir. 189
OU il l'eût immaiiquàblémeat èntamëe, et pris une partie de son artillerie? Au surplus si le fèld-* maréchal répugnait à iengager un combat de nuit , il y avait encore une manœuvre plus décisive; c'était de faire filer sans perdre de temps un corps considérable de Dienville ou d'Unîeriville sur Piney. Ce mouvement qui eût coupé à l'Empereur la route de Troyes , et isolé totît-à-feit le duc de Trévise , était hardi , mais non pas téméraire, car les alliée avaient une énorme supériorité numérique sur l'armée battue.
Si le maréchal prussien ne sut pas profiter de ses ressources ni de ses succès , Napoléon , à son tour , paraît inexcusable , d'avoir donné dans le piège que lui tendait son adversaire. Voyant qu'il ne se retirait pas avec précipitation devant toutes «es forces déployées , il devait penser qu'il cherchait à gagner du temps ; et la position qu il 'prit à Trannes aurait dû achever de l'éclairer. Dès-lors il devenait prudent de cesser la poursuite le 3i , et de se porter à Troyes. Là , renforcé par le corps du duc de Trévise, il eût été à méitne de s'opposer aux armées ennemies, soit qu'elles débouchassent par Vandtoeuvres , soit qu'allés cherchassent à se jetèt sut la route de Sens. Son impatience et le besoin de remporter une victoire pour relever la confiance dé la nation et celle dé Tarmée , remportèrent sur tonte autre considératiçu , et il livra bataille sans ptouvoir raisonnablement;,
^e flatter d'n^ grw4 i^aultat i&o m» de wocè^ On a vu «A cçmm^n^êm^mt 4a dbapître , qm rjExnpereur arait hii-mém^ )il^ «a ]>o^itioa trop étendue , et celfi iwwt 4û h décider à «éditer te combat; maîa il crut ^bvii^ àcnH iftOonTemeiit &a ordonnant au duc d^ Bagn^^ dtf $^ retraiMhier àk Chaise et MorviUîers; «rrifito f«Ujiittf qua de$ re* tranchemeu^ cpti^trnit» à 1^ llâte, et «qu'il éwt fort * incertain d'avoir le tefaps d'ûcjfn^veîc ! Le pont d'Unienville q^i ouvrait }a ri^e gaucbe -de l!Aub<i aux alliés , ne fut pas détroit, aulre iin|»rude«* ce , qu'on ne peut cepe)»di9nt lut imputer « at^ tendu qu'il en avak oxâojmé la desitruotiou le Si janvier.
Retraite de Quoiquc heoreuse de n'être pas poursuivie f çaûe tur Tarméo £rança»e éteit dauiS une situatiou trop iu« ^'^' quiétante pour ^ua JNapoléou im aoooi^ât sur la rive droite de l'Aube un repos dont elle avaii si grand besoin. Apres une courte halte à Brieiuie« elle se mit en marche Jb 2 février 4e ^[rand inatin sur Lesmoat, à T^i^cçptioa du duc de Saguse et du 1*^^ corp$ de cavalerie qui eurent ordre de se porter sur Roa&y. La plupa<«4esh)essés furent abandoaanés dao9 J^4éco9ilii>e6i encore fomani» de Briexme , &ute de moyeu3 4e tmusport.
Au point du j<$ur la ca^alenîe foiwaut lamère* garde dans cette vaste plsine » était eu bataille eu. arrière du chemin de Doulevent , soutenue fpw plusieurs batteries 4'arlbyyierie l^ère^
' CHAFITAfi VII. 191
Vers bail lieurée , l'ennemi fit fit^ncer sa droite et ent^ danft Briemie après uii^ oonrte canon^ nade; Mais il était trop tard pour în^iéler la re^ traite de Tarnlée française ; elle aVàit déjà passé TAub^ en partie , et continuait ayec ordre son mouTenrent retrogi'ade ; le priïk^e de la Moskowa f(^rmait la oxaréhe sur là ohâtissée de Troyes , et derrière lui h^ cavalerie du c^iiite Milhand cotivrait la plaise : Teimemi n'avanèanl qti'âvec circonspectioB , s'arréla tout couH devant Lesmont) dont les approches étaient défendues par des batieriei de gros calibre» Après iifïie balte de quatre heures de l'autre côté éa pènt , rarméè continua sa marche jusqu'à Piney £)à rfle prît pot^ition. Le prince de lia Moskowa chargé de défendre le pont pour lui donner le tëlnî^S de filer, prit poste sur la rive droite avec ses a division^.
Dès que Briemie liait occupé, les Souvéraiitô conférenM se Fendirent an château pour régler ensemble rlLê iiu^ l'ordre dans lequel on pcrursuivrait le^ Françâîé. aê Brieimc" Il fut eonvexiu que l'armée de Sâésie marcherait sur Ghâlons , et qu'après y avoir été jointe parlés corps d'Torck^ Kl^ist et Langéroh, elle longerait laMâfrne pour «e portei? sur Paris. La grande armée dut au contraire gAffiet Troyeè et s'avancer vers la capitale par 1^ deux rivèa de la Seine. Comme oettd double direction réparait t^ntiéliment les deux masses , on «rrétà que leur liai- &ôa serait assmtfe^ab ïe ^éral Séslavin qui oc-
cuperait Sézanne avec a mille cosaques ^acr :2,5oo chevaux aux ordres du comte de Pahlea ^ qui battraient le pays entre cette ville et TÂube^ enfin que le comte de Wittgenstein cotoyerait sa rive gauche«
Cette détermination paraîtra sans doute pea conforme aux principes ordinaires, mais elle peut se justifier par Fimmense supériorité que le prince de Schv^arzenberg se sentait sur son adversaire. En effet, le concours des deux armées n'était pas nécessaire pour achever de détruire celle de Napoléon : ao mille hommes lan* ces vigoureusement à sa poursuite , eussent suffi pour l'anéantir.
Le corps de CoUoredo continua sa route sur Troyes, le prince royal de Wurtemberg et le comte Giulay suivirent le gros de l'armée française sur Lesmont; le comte de Wrèdese dirigea sur Ronay ; les gardes et réserves se dirigèrent en 2 colonnes , Vune par Dienville et Piney sur Troyes, l'autre rétrograda par Doulevent sur Vandoeuvres.
Sur le soir le gros des corps de Giulay et du prince de Wurtemberg arrivèrent devant Les^ mont , et voyant que le prince de la Moskowa ne se disposait pas à l'évacuer , firent leurs dispositions pour l'en chassén Cétait le signal qu'il attendait pour repasser la rivière, cette opération terminée , il rompit le pont derrière le -
lequel il laissa , pour s'opposer h SftTeçpp^lriiction, ur^e brigade qui ne se retira cpi-à OMe' heui!6s du soin
De son c6té, je > «duo de llaguse s-qi^pt jxhs^P combat d* marche sur Ronfiy , le matip par la petite ^route^ aurait exécuté :$Q|i mouvement sans trouble, |;ile ^ comte de Wrède , qui ^e dirigeait au imem^ tipoment sur Lesmppt, n'eût cru «on Hancdroit menace, et quitté ,qette direction pour^se iportersut Ronajpar la grande route., dans respoirde cqu-* per ce corps dii^reste d^ Farmée .firançaise*:MliIgra la diligence ^ qu'il mit à cette ^ majao9uvi:e , il nie 1^ devança pas au pont de j^ Yoire ; msiis il «(rriv^. assez .tôt ppur le çatioimerâi vivement, que lj9 maréch£|l se pressa de passer le rpremier pont et de le détruire. Les officiers du génie cM^gés de cette« opération , n'en ayant £ait enlever .que les poutrelles , 4 à J^oo;6avarois parurent presque, aussitôt sur la <rive droite , où » chargés par la brigade de cavalerie du général Curto,tout ce qui ne fut pas sabré demeura prisonnier.
Plusieurs autrestentativesi^ent aussi infruc* tueuses, que la premièi^e : la glace 3e brisait sous le pied de ceux qui quittaient la icbaïASsée et cherchaient à s'approcher des bords de la^rivière par, la prairie ;;ils:eQfonçaient dans l'eau jusqu'aux j9ancs, ; et se trouvaient expos^&entre li^s glaçons au feu de l'artillerie. Le duc.de rRaguse s'était établi, .avec .ijpe p^rt^e dp .^pn ipfimt^rie et 4 ï. i3
194 CAMPAGNE DE l8l49
pièces , sur la hauteur en &ce du pont qu^elles enfilaient
Dans cet état de choses le comte de Wrède forma ses masses hors de portée , et se détermina à forcer le passage. Le bataillon de Gronegg , soutenu par le i^' régiment de ligne , s'avança Tarme au bras , jusqu'au premier pont qu'il franchit avec beaucoup ^ d'intrépidité et d'adresse sous un feu de mousqueterie très-meurtrier, entretenu par des pelotons placés dans les maisons adjacentes. Le général Lagrange ordonna alors aux. troupes qui étaient aux prises de se retirer derrière le second pont , où il avait préparé de meilleurs niojens de défense. Ce mouvement sVxécuta à la vue de la tête de colonne ennemie qui voulut le suivre ; mais à peine eut-elle fait quelques pas qu'elle fut arrêtée par une fusillade qui partit, comme la foudre , de l'église et des maisons voisines; placée entre deux ponts dont un à moitié détruit , fusillée à coup sûr , et incessamment menacée d'être char* gée par n bataillons en réserve sur la rive droite du ruisseau , elle n'osait avancer ni reculer , et sa position était critique. Enfin , après deux heures d'un combat trop inégal , elle allait lâcher prise , lorsqu'un parti de uhlans ayant passé la Voire à gué, au-dessus de Rancé , se montra sur la gauche de Ronay. Cet incident ranima l'ardeur des Bavarois, et le duc de Raguse qui
C»ÀI»1TKE VU. 195
d^aïUeurs avait à peu près rempli son but , se voyant menacé sur son flanc , profita d'un brouillard épais pour se retirer sur Ramera, où il s'établit
Le 3 février l'armée française arriva sous Position A»
* . , l'armée souâ
Troyes, où elle trouva le pont de la Guillotière Troy». occupé par la division MicbeL Le maréchal duc de Trévise , qui tenait cette ville depuis le 27 jan* vier, en partit le 3o pour se porter sur Arcis; mais informé que Tennemi occupait Bar-sur-Seine, il y était retourné le 3i , ignorant que Imtention de l'Empereur fut de l'attirer à lui. L'armée pritle 5 les positions suivantes : la vieille garde à pied et à cheval à Troyes, la jeune garde à Pont-Hubert, le duc de Bellune à Pont-Sainte-Marîe , la réserve de Paris renforcée de sa 2* division à Saint-Parreaux-Tertres; les dragons du comte Milhaud à Bouranton, Laubressel,Saint-Maur et Pont-Sainte- Marie; sa cavalerie légère àCreney; la division de gardes d'honneur du comte Defrance à Tennelière, couvrant la route de Bar-sur-Aube.
Le duc de Raguse arriva le même jour à Arcis , où il rallia la 4ivision provisoire de i,5oo cuirassiers , dragons , chasseurs et lanciers , organi^sée à Meaux par le général Bordesoulle , laquelle* y était depuis trois jours.; la division Ricard fut placée en intermédiaire à Aubeterre.
L'armée ne (ut poursuivie dans aucune direc* tion. Le comte de Wrède au Ueu de harceler la
1^ CAMPAGNE DE l8l4f
ducde'Raguse retouf^a sUr-Brî^nne , et de Ikk XestnoDl où i] Alt arrêté "vingt-t^lrte heures!, ainsi quele comte Gîùlay et ^leprittce de *Wurtemberg pour rétablir le pont. Le généralissime incertain si rEmpereûr opérerait sa 'rétraite sur Troyes ou'Châlons, lenroya la division de cavalerie légère de la 'gard)e'rti$se battt^ la campagne, et d'après ses rapports ordonna le 3 vers midi, ^ub le cfoïûte Cdlloredo* {/rendrait ' posi tîôn devant Troyes ; qne les gardes et réserves ^ Fécheloiinerdiènt à* Lusigny ; qne le cofiité 'Giulay et le priiice'rbyal de "Wurtemberg ^suivraient Fertuemi pied àpîdd jilstju*i Troyes; que les comtes de'Wrède 'et de Wîttgenstein se^ptw- ' teraient sur 'Arcià; thaïs que le dernier pousserait son avant-garde 'jus^qu'à PIancy/Etilnêttle*tetttps il for enjoint ali'pOmte'Gtilloredo et au prince Maurice de^Liechteùsfein de's'âtaticer^de'Bâr- ' sur^eihe Sur Troyes , 'et ' eùfin • aux • éorps ^vx>lans de l^ètman Plàtôw et du «général ^'Kaîsât^ô^ de ûe pnrtér sur Sens; celui dé Seèkvln ftit * rap- ^peléà^PîAey.
t>ès ce niûnïëùrràrixKée de Silésie eomniettea à îTgir /pour' efte-tnême et 6ans cotâtmftiieàtion avec la grande âmîée;ptiisque les corps désignés d'abôVd potir ^entretenir ; recùrenf uneàUlre destination. Le fèld^tnaréchàl Bhicbèfr s^ tmt en route par Brâùx^lc?-(îomte et Fère-Giiâttïpetïoise , pour gagner k tiVe gàtiche de" lalilarae.
t/Oi^|ie.I?vi^ée^,f^^^ IJrxî^j^j, elle
9iQ, trouva le^ babit^^.cpi^stearues, Un^mpinje^ sil^enpe: régnait d9fl?iJiB&;rqg?, qjfip, traTjeçsa, l!Empe7 ijei*r. Tons^lçs riega;r/î^., S8m))lfil3q<;il'^pcqs^^ calamités clpftt,la ville, çt^t, io^îV?^e. Les h^l^itftfts, qcaigaattt uçç IctPg»*/?: dpfçi^e; cachaient ]^vffs, vf^^QS^ce^^ qt. les ift^asi^s. s^ trpiiyant pi;esque vides, àpe^u^les spldatf, reçurept-ils
V^nMdjélftiçspipgnlifuI; UreiS-fiiD^sJç- à l'armée, çompQ3ié|B; ea gç^pdi^ paJ^tie^ de spldats^ de nouvelle l^v4e,qiii ^^y^ipifl^ pi^ ^oçpre. acquis asse2i d^: {o^e^if^prale^ pAur, i:ésistîer à la,fpis à la faim, qt awi, i^Mgv^Sj. Cjça, j^iypes geas, s^ voyant tr£^i|és ay^c. . t^t ^e/ diif et4 I^^ Iç^^ cpmpar
tript^,^^ ai. p^.4^, 4i?i^3?^^- 4!^ l»wr& foyers, a^arv^pimèyient Iç^ r^^gs^ pà, q^lques jours
aiiR9F^T,aïvt, i|s, aymçnt; yaleureusem^t combajtlu, : eu, x^^îçisi, 4? k^^K bw^ plua.de 6 mille 4isp^i()*e|itt^çi cje vid^.fîjit, à:peine rempli par l'eUctrqe e^ligci^. de la division Hapxdinaye* Pour ÇOj;aI>l^ 4e niai^x, ou apprit la défection du rqi de l!f^pl^&» et cette i^cheUjSe nouvelle aurais plq^gétoua 1^ espritis^ d^us Je plus grand décou* ragieme^t,» W: ql|e n' avait- e^:)^ le, même jpw pQur çprreptif , rpïiveacUire: du^ çppigi^js^ de Cbâtillpn auqueL vinrent se r^ttaqb^ quelques es^péranppsi» L'armée gagna Troyes, ^^ii^ ohstaplg ; xn^aSjSr l^a trpupes étaient^ à peine en^ positip)^;, qu^
Tavant^garde du prince Maurice Liechtenstein parut sur la route de Bar - sur - Seine , et chassa des Maisons blanches le faible poste qui le gardait. La division Michel y fut envoyée, en repoussa à son tour les Autrichiens et y passa la nuit.
L'intention de l'Empereur était de tenir devant Troyes jusqu'à ce que l'ennemi prononçât son mouvement offensif. Cette ville située un peu audessus du confluent dé la Barce et de la Seine , dans une vaste plaine, a dans ses environs surtout sur la rive droite du fleuve , des positions où une armée peut se maintenir pendant quelques jours en manœuvrant habilement. D'ailleurs une population de 22 mille âmes, des fabriques et des magasins de toute espèce, rendaient cette ville trop intéressante pour la céder sans combat. Combat de ^^ ^ février, vers neuf heures du matin, le saint-Thié- général Michel avec sa division soutenue des dra-
bault ^t du ^ ^ ^
poutdecie- gons du général Briche, s'avança sur la route de Bar-sur-Seine à la rencontre dii comte CoUoredo et du prince de Lîechtenstein,qu'il trouva à la hauteur de Saint-Thiébault. Les Autrichiens surpris de ce retour offensif, n'eurent pas le temps de prendre de dispositions pour contenir le faible corps qu'ils auraient dû écraser, et furent repoussés jusqu'à Saint-Parre-îes-Vaudes où la nuit arrêta la poursuite. Le général Michel ne présumant pas qu'ils revinssent sur leurs pas pendant la nuit , s'établit à Saint-Thiébault , laissant un poste de