CHAPITRE TII
Ton commençait dans la ville la construction de six fours; et les ordres avaient été donnés pour y former un vaste hôpital et de grands magasins.
Mais toutes ces mesures prises avec affectation n'en cachaient que mieux les projets de l'Empereur aux yeux des habitans. Le due de Raguse , après avoir désembourhé son artillerie, continuait son mouvement sur Sézanne , d'où son avant-* garde , après avoir chassé un pulk de cosaques , alla prendre position d'attente à Lachy et Chapeton, De son côté, le prince delaMoskowa s'étendit surle chemin de Yillenoxe àSézanue, de manière à pouvoir , en cas de besoin , secourir promptement son collègue ou en être soutenu , s'il était lui-même pressé. Le départ de ces deux corps fut masqué à Nogent par l'arrivée 'des troupes qui avaient formé l'arrière-garde sous les ordres du duc de Trévise.
Grâce à cette heureuse retraite que l'incurie des alliés laissa e£fectuer au gré de ses désirs , Plapoléon se trouvait enfin hors du danger où la perte de la bataille de la Rothière l'avait jeté. Il avait , il est vrai , perdu beaucoup de terrain ; mais sa position devenait rassurante. Mattre de quatre ponts sur la Seine , pouvant à son choix m.anoeuvrer sur l'une ou l'autre rive, couvert sur son flanc g£iuche par un pays impraticable » et dont lui seul connaissait les issues , il n'avait presque plus rien à craindre de la grande krmée
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ennemie , à laquelle le passage du fleu?^ |>ouTftit être long-^temps disputé , malgré Tinfériorilé numérique de Tarmée française. Toutes «es sollicitudes se tournaient donc «vers la Maille où Tar* mée de Silésie semblait menacer la tcapttale. '
Avant de songer à manœuvrer contre elle^ l^mpereur avait besoin de mettre la .dernière main à Torganisation de la sienne. Avant l'ouverture de la -campagne , la cavalerie formait six corps ; mais elle avait éprouvétant de pertes , que malgré iles i^emontes successives des dé* pots généraux et celles envoyées de Yersaillas e^ de Melun , il ne put en^former que «quatre.corps dont 2 à 3 divisions. .11 confia le commandement du 1*' au comte fiordesoulle , le ^^ au comte de Saint-Germain , le 5® au comte Milhaud , et le 6^ au comte de Yalmy. Le colonel-général comte Grouchy fut investi du commandement en ch^f de l'arme ,*^qui s'éleva bientôt à la mille chevaux, non compris la garde. Çf^ojrez le Tableau j n? X).
tDécidéà marcher incessamment sur la M^rne, ili laissa, en observation sur la Seiue le 2^ et le 7^ eorps d'infanterie eu formation, à Provins et Nangis ;< la. réserve i de; Paris, le 5^ corps de cavalerie, auquel devait ^ joindre le{6^ en marche de Bayonnc sur Orléans. Outre ces troupes , la division Alix' postée :à Sens, les dépôts de cavalerie commandés par le général Pajol et plusieurs .b^ taillons.de gardes nationaux; de L'Ouest, ,organi*
Ses à Motitereau ' par le général Pacthod , ftiténl destinée à défendre les lignée dé T Yonne et du Lôing»
Toutes ces forces n^auraîènt pus excédé 36 mille combat tans; mais elles ne s'élevèrent ja^ ïnais à 24 ^lille ^ attendu qu'une division dû 7* corps fut bientôt détacbéë sur la Marne , et que le 6* corps dé cavalerie n'entra en ligne que long"» temps après.
Le bien du service exigeait que ces divers corps de troupes reçussent l'impulsion d'une même main ; mais Napoléon ne se départit point du système de ménagement qu'il gardait envers les maréchaux , en ne nommant pas de général en che£ U autorisa les ducs de Bellune et dé Reggio à déterminer l'étendue de leur* commandement sur la Seine; laissant même apercevoir âu dernier la confiance qu'il avait dans lé général Pajol: tout.en le m^ttanl soiis ses"6rdrte* ^ îl lui irecommemdà de^ déranger le tdoïûs possible lei dispositions déjà prises par ee général pour la défense des ponts de l'Yonne et du Loing» Ainsi trois chefs indépendans allaient se trouver devant la grande armée sans autres guides que leur zèle et leur patriotisme.
Napoléon ^ persuadé que les alliés ne déboucheraient de Sens sur Fontainebleau qu'api*ès avoir forcé le pont de Nogent , se contenta de prescrire au duc de Bellune de le défendre ju^* i* 14
qu'à i'exiréipciUé , lai^sant^son coUègnç Ubr^ 4g hU pprtfir des se^ofirs s'il é(aU nécessçif:^
Si , au contraire , le prince de Schwèrz^|>f)^ ^t dirigé 8^$ maAS/e^ p#.r Sp9# e|b FQ9tfiW§liI|Bau «ans att^/çper NpgiBQt , l^ cfuc 4e 'R^g^^ 4^^t aller ^'établir à ]yi(wtpreau, a^ ç^nfl^ep^ 4$ l'Yoï^ie et de l^a Sfeioe , appeler ^ ]ini Iç dw^ d^ Bell^iu^ gui a#rait alpi55 pep^^ jie ôp^^e ^ WW tous les bateaux » consenré le pont d# ^ogcipM^ ç^ garde soigpeuseiçffat }a ri^e dllP^tç,
Paps cette hyppthèse cq^jçlts^^ 4^m tout ^uk^^ cas pressant , le^ mvàçlmai d^vm^Pt dapofir à» leçrs pouvalles a^ ifumi^^e de h gliei^ q^i ^\x% fait occuper les ppflts d* Mfll^Q t Corbefl f t
^ fiirent prévenus que riptont^pp de rj^mp^ rçîir éitait de revenir à r^iPgSSt ftufii^^ «j^rèf ^Vpir terminé sop opémtiop cçptr« l'arRi^ dt gijéffle , d'y cpncçntrer tpp» «es i»pyçn§ t ei 4f 4#)p!f$|Mr ep^^ Sip: la grAsde ViRSÇ aUÎ4««
XfîÂÏ>ïTftE TÎÏI.
Màrcfiè àet armée âè Siiésiè SùP ÛhdtèdUr-fhtètty et Meaux. — Prise de tjMions et de Fitrjr. — Combat âè ta FerU-sous-^oûarfL
(Côrkséitt p'ôtïrlbs fâ9fr(4i'es,1à caVte deé ^nYJB et ^âàâtôc^, de l'Ettij^i^e, et pêi» vk ^éÛûoiA^ lès f^uitteft de Cas- Mai^ a* 79 y 80 «t 45)i
teau de Brienne , dans la conférence dit 2 févi4€r, se^li Mar^
Vnifmèè de l^lë^ie ^ttittMûl k vâllés <fe là i^îbe , '''''
va fbWâ^ «é& pd^ 6^t le €^o^iil^éi€^f t i|^i sl8{)aieb
déflè iîvfêfè dft bMsui dé te Marùé. H iïhportë
doâto; ^oW Vïtk%^^&bl(ye deà ôpératiolàk qtii Vont
»Y p^sèi^y du péâ^iitWtM ébitït àp^rbil d^ c^ub
contrée.
Le eo<it^éfort^ilî^^>dl'ë cés^dëtiik rîyîè^ëd éiitre Epetflay et Mëry^ et sfé prolongé jiià<^'à lèttV cotyftaent, H'esl <^'iHi^ éh^lriè dié collines dtont ViHem^jce, Séiîânne, Pbm-Sfeint-l^rîx et Elbgë^ ôcc^étit lëd {S^iiièipâtix dékmèli^é en préifiièrb ligM^Lédiia nti, plat et tmi à Fèst dé céf te li^e , éàt Une t'CPlfë grasse , frdîdé et rebdBé k là culture qui nourrit à pèiM une pfOj^uliEittdh rare et plati-
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vre : à l'ouest, au contraire, les terre» fortes, argilleuses et fertiles entretiennent une population riche et nombreuse. Elles peuvent fournir abondamment aux besoins d'une armée stationuaire , tandis que dans la plaine, un petit corps de troupes éprouyerait toutes les angoisses de la disette dès le premier séjour.
La contrée mon tueuse est arrosée par plusieurs cours d'eaux dont les principaux sont le petit et le grand Morin , afiluens de la Marne , et i'Yères, affluent de la Seine. Aucun d'eux ne forme par lui-même d'obstacles aux opérations d'une armée;* mais leurs vallées présentent sur plusieurs points des positions défensives trèsavantageuses.
Ce triangle de terrain est coupé longitudinale-ment par trois grandes routes et quatre com* munications tratisversales. Les premières sont :
1® Celle de Paris à Strasbourg par Meaux, LaFerté, Château-Thierry, Epernay et Châlons , qui est superbe ;
2° Celle de Paris à Châlons par La Ferté, Montmirail et Etoges , terminée à un myriamètre près ;
3° Celle de Paris à Vitry par Lagny , Coulommiers, La Fer té-Gaucher et Sézanne, non achevée et impraticable en hivçr de Sommesons à Yitry.
Les routes transversales sont les suivantes :
1^ La communication de. Châlons à Troyes par Arcis , assez mal entretenue ;