‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 55 sur 129 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

d'autant plus facilement à ce parti , que l'arrivée des corps de Kleist et Kapzewitscb à Chàlons ^ lui était annoncée pour le 8*

Les ordres» furent donc expédiés au général Yorck , de marcher sur Château-Thierry ^ eç s'il rencontrait trop de difficultés ^ d'y passer la Marne , d'appuyer à gauche sur le corps du baron Sacken , qui reçut l'instruction de se porter sur MontmiraiL La cavalerie fut envoyée sur Sézanne pour battre la campagne entre l'Aube et la Seine ; et il fut enjoint aux généraux Rleist et Kapzewitscb de forcer de marche pour être le 10 à MontmiraiL En conséquence de ces dis-^ positions , le général Yorck coucha le 6 au soir entre Cbâlons et Epemay , le baron Sacken à Vertus ) le maréchal avec le corps d'Alsusiew à Soiidron*

Le raisonnement d'après lequel le feld-maré-^ chai prussien agissait , était juste en principe , et certes s'il eut pressé sa marche avec les corps de Sacken et d'Alsusiew pour prévenir le duc de Tarente à Château-Thierry ou la Ferté, tandis que le général Yorck le poussait en queue , la poignée d'hommes qui osait disputer le terrain eût été dans une position désespérée* Mais si cette opération devait être avantageuse , exécutée avec célérité et par masses , elle devenait dangereuse faitç par 'des mouvemens lents et décousus ; et

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c'est pour avoir éié effecâuée de cette manière , qu'elle attira tant de désastres 6ur l'armée de Silésie.

Le 7 féirrier, le duc de Tareote contiouant sa retraite , occupa Dormans et Crézaacy. Pénétrant en partie les projets de son adversaire sur sa ligbe de retraite , il &t partir pendant la nuit la division Molitor , la brigade Simçier et la cavalerie du géfiéral Excelmans , ordonnant à ce dernier de laisser une brigade à Ghâteau-Tliierry, et de prendre position avec ie reste à la Ferté- SjDUs-Jouarre à l'embranchement de la roijite de Montmîrail.

Le 8 , le maréchal se replia sur Château-Thierry* Le général Brayer forniiant l'arrière-garde , s'établit pendant la nuit sur les hauteurs en arrière de Dormans. L'avant-garde dil général Yorek Faitaqûa de bonne heure, mais il tint fen^e et se cramponna de position en position jusqiu a drézancy où il fut relevé par la brigade MontQa[arie(i) soutenue de la cai^alerie du duc de Padôue. .Ces troupes soutinrent la retraite avep lameme fermeté , jusqu'il Château-^l^ierry , où elles s'établirent militairement après en av,oir

composait de 5 ba^illçns ; s^yoir : a du 9* de Toltigeùrs , un du iJH*", un du 5o* et un du i3q^ de ligne, formant à peine 2,400 hommes. '

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fait sauter le pont. Les ÏPrussîens prirent posses-* ^ sion da faubourg sur la rive droite dé la Mérne*

Le 9 au point du jour, on se fusilla des deux rives. L'ennemi ^eta uni pont de bateaux, au-dessus de celui qui avait ëte détruit , et passa la rivière sou« le feu de larrière-garde française qui se retira enf coiàbattant sur La Ferté. L'armée renforcée d'environ 2 mille conscrits , jetés dans les cadres de 3 bataillons: aux ordres du général Minot, y était déjà en position, lorsque l'avantgarde du baroçSacken , qui croyait l'y prévenir , Combat de déboucha par la route de Montmirail , et assaillit jouarre. avec une telle impétuosité les divisions Brayer et Molitor ^ postées à 4 kilomètres en avant de la ville y qu'elle les y rame&a en désordre; mais bientôt la divistioi^ Albert étant accourue de ses bivouacs ^ sur la route de Meàux- , à leur secoùrs^, le combat se rétablit; et apr^ plusi^iirs charges , où les brigaides Bigarré , Sche^er el Beàuvak rivaiisèrent d'ardeur ,• les Rists^es fureo^t repousses avec pert^ d'environ 4oo prisonniers»

Gependamt le maréchal Blucher eOnliinUa son mouvetnent avec tant dé lenteur , qu'il soriiblait atoir perdu de vue ^es projets conU'e lé duc de Tarente. Le baron SacLen laissant battre sou avaxi/t-garâe , séî.oumait le 9 à MontmiraiK Le général AIsusiew posté le xaèvm jour k Champ* Aubert 4 ne communiquât avec îtii que^ par quelques pulks de cosaques. Le ioàréobal attei»-

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dait seul à Vertus les corps de Kleist et Kap witsch, qui avaient couché, la nuit du 8 à Châlons.

T^rJ^se^ve^ Lc lo févricr Ic diïc dc Tarenle fitroler les i)U« à Meaux. ponts de La Ferté et de Triiport , et se retira sur Meaux où il trouva un camp de 8 mille gardes nationaux ; mais déjà sa retraite si sage , si régulière , si peu inquiétante pour la capitale , n'était plus troublée par Fennemi , et le feld-maréchal prussien touchait au moment de recueillir les fruits amerç de ses mauvaises combinaisons.

Le comte de Pahlen qui battait la campagne entre les deux armées alliées , l'informa dans la nuit du 9 au lo , et lui confirma le lo au matin y que Napoléon , avec le gros de ses forces , s'était tourné de la Seine sur la Marne. A cette nou* velle inattendue , il porta avec inquiétude ses regards sur la position de son armée. Cinq corps éparpillés sur un rayon de 5 myriamètres , exposés à être battus en détail , n'avaient d'espoir de salut que dans une concentration impossible peut-être devant un ennemi actif. Il fallait pourtant la tenter , et les ordres furent expédiés le lo au matin , au baron Sacken qui était en marche sur La Ferté , de se replier sur Montmir ail ; au général Yôrck de venir à lui par Viffort en s'assurant du pont de Château-Thierry ; enfin à la cavalerie de se porter sur Sézanne qu'avait abaadonné le général Seslavin à l'insu cfu feld-men

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réchal , afin de se procurer des nouvelles de l'empereur Napoléon.

Chacun se mit en mouvement ; le baron Sac- Retraite de

T » , . w rarmée de

ken rappela son avant-garde qui était entre La suésic. Ferté et Trilport ; à peine prononçait-elle sa marche rétrograde , que Tarrière-garde française lui tomba sur les bras ; mais elle fut contenue et ou lui enleva même quelques pièces. De son côté le général Yorck vint passer la Marne à Château- Thierry.

On voit du premier coup-d'œil l'insuffisance de ces dispositions : les généraux Yorck et Sacken pouvaient à la vérité en marchant rapidement opérer leur, réunion à Montmirail; mais dans tous les cas , leur ' communication avec les corps de Kleist et Kapzewitsch n'était assurée que par le faible corps d'Alsusiew , isolé à Champ- Aubert , et que le moindre échec séparait d'eux à jamais. Pour sauver l'armée de Silésie , iî fallait prendre un parti plus décisif; et le moment n'était pas éloigné où le maréchal allait payer par une sanglante défaite la timidité qui l^avait empêché de. brusquer un dénouement avec le duc de Tarente,la témérité de sa marche sur Paris , et l'incurie avec laquelle ih l'avait dirigée^

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