CHAPITRE IX
Doumerc en tête de colonne , arriva vers neuf Champ-Auheures , sur la hauteur qui domine la vallée du Petit-Morin , et découvrit le corps d'Alsusiew , composé des divisions d'infanterie Udom et Kar« nielow , formant environ 5 mille hommes de pied et J34 pièces de canon.
La cavalerie française poussa ses coureurs jusqu'au milieu de l'avenue de Baye où ils s'arrê* tèrent , ne pouvant être soutenus ni par Tartillerie ni par l'infanterie , qui avaient beaucoup de peine à s'arracher des boues.
L'ennemi ne profita pas de ce retard qui lui laissait une voie de salut. Au lieu de commencer de suite sa retraite et de faire sauter le pont de \
Saint-Prix sur le Petit-Morin , il se disposa à le défendre^avec deux pièces de canon. L'Empereur arriva sur les entrefaites et ordonna l'attaque : il était neuf heures du matin. Le général Lagrange, suivi de la division Ricard , traversa les marais de Saint-Gond , s'empara du pont de Saint-Prix et poussa les.Russes jusque sous Baye, où leurs masses se déployèrent sous la protection de l'artillerie dont le 1^' corps de cavalerie essuya d'abord tout le feu ; mais bientôt la division Lagrange gravissant le plateau qui s'étend entre Baye et Bannay , arriva à son soutien , pendant qu'un bataillon de marine , appuyé par le 2* régiment d'infanterie légère , se dirigeait sur la
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droite du bois par où lés Russes pouvaîeïit debmicher. Attaqué en front et en flanc , le général Alsttsiew se retira insensiblement dé Baye , s'éfendant dans la plaine vers Bànnày qu'il occupait fortement. Le duc de Raguse fit attaquer sur-lechamp ces deux yiUàges. Le 4^ régiment léger s'empara de Baye ; tttais la brigade PeHepôrt fut repoussée devant Bannay. Le mùnieM était décisif : FEmpereùr fit monter toutes les troupes du & corps sur le plateau ; ordonna à l'infanterie du prince de la Mosko^a de les suivre et de se déployer dans la plaine en même temps qu'il dirigea toute son artillerie cûntre Baninay.
L^ général Alsusiéw , efirayé de la supériorité des forces contre lesquelles il se voyait engagé^ se disposa enfin à battre en retraite. L'Empereur ordonna au comté Girardin , àide-de-camp du prince de Nettfchâtel , de prendre avec deux des escadroïis de service ^ la tête de la càtaiefrie Doumerc , et de gagner la route de Paris pour y attendre l'ennemi. Jusqu'alors » lés Russes avaient cGmbsiliu avec un aplomb et un sang-^ froid admirables ; mais cette manoeuvre , contre laquelle leur général n'était pas en mestfre , les ébranla, bien que le détachement du général Girardin , porté vers Paris, ne tiienaçât ùuUement leur flanc droit ; il y eut du flottement et de l'in*certitude dans la tùarche desÉoaâses, qui pouv-