‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 59 sur 129 · CHAPITRE IX. !2^g · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. !2^g

mée en mouvement sur MontmîraîL La division de grenadiers à cheval , qui avait été relardée par la difficulté des chemins, se joignit au général Nansouty déjà en position sur les hauteurs de Montcoupeau. L'infanterie de la garde et la 2L^ brigade de la division Ricard s'ébi'anlèrent une heure avant le jour , précédées de la division de chasseurs aux ordres du général Lefebvre- Desnoëttes. L'Empereur arriva de sa personne à dix heures à Montmiràil. Il trouva le général Nansouty manœuvrant pour retarder la marche lc* généraux du baron Sacken qui , parti la veille à neuf heu- Yo^tx^r JZ res du soir de La Ferlé , montrait déjà ses têtes de poiS^'J"^. colonne en avant de La Renauderie. ^"^'

De son côté le général Yorck s'approchait également de Montmiràil. Son avant-garde ^insi qiie sa réserve de cavalerie étaient en pleine marche sur Sézanne où elles complaient arriver le lendemain matin. Lui-même , avec le corps de bataille , avait quitté la veille Château-Thierry, pris des cantonnemens resserrés sur la rive gauche de la Marne , et seulement laissé lô prince Guillaume de Prusse avec la réserve d'infanterie et deux escadrons pour garder le pont et pousser des partis sur Epernay et La Ferté.

En jetant un regard sur le terrain , l'Empereur saisit l'ensemble du champ de bataille. C'est un beau plateau couvert de bouquets de bois , de fennes etdebuissons , limité au sudparun vallop

élFoit OÙ couliç Lq PetitrMoriQ : |e h^mieau àe TEpiae-au-bois ,> situé 4 éga}e djstapçe de Fonto^ nelle et de Yîeu:3i-lV}ai$pos , à gaMcl^e de la roule de Paris , dans im léger pU de t^rr^in , eii occi]{>e à-peu-prèsle inilie.u.

dY'r!a*oiéon ï^e premier spin <)e Njappléo^ après sa réconnaissance , fut d'enFpyer le g/épéral Ricard garder le village de Pomessppe sit|i|é 4an^ le jfpiid du Fal« Ion par pii le9 JUissies ^embla^pt vouloir di-* boucher, et d'ordonner au prince de la Mosko* wa de porter ses d^v^x divisions dans celui de Marchaix : la cavalerie vint se p}4»çer sur deux lignes à droite , entre les roiftes 4o Château* Thierry et de La Ferté. Les 2* et 4® légers , détachés de la division Ricard , prirept position , pour les soutenir , à la lisière du petit bois de Bailly sur la droite de la ferme de la Ha^tie-Epine. La division Friant occupa la route de Cbàlons , éa colonne serrée par pelotoi|is , qhdque bataillon à 1 00 pas 4^ distancjer pisposiiions Arrivé à VieuxrMaî^oijs , le }^roa Sacken , se

des ennenus.

voyant prévenu à Mpntmirail , avait à opter entre deux partis : ppi^tinuer sa çiar^he? ou se jeter à g^i^cbe, pour joindre îie cprps prussien* Le derr nier paraissait plus prndent : le général Yorck le J^i conseillai);, e% ç'éjtaii aussi Tavîs du général Wassilts^biko w ; pi^Js il préféra employer la force pour exécuter littéraleinent les ordres de son général en chef, lise j/çta donc à droite , dans la vue

CttAPITRE iXk ûAi

Ât forcer le passage par le vallon du Petît-Morin ; forma sa droite, aux ordres du comte Liéven^ près de la ferm;e de Haute-Epine, située sur le jbord de la route de Châlons à La Ferté, et àp*puya sa gauche , sous le prince Scherbatow, au village de Blessine , dont il chassa les avant-postes français. Son front se trouva couvert, sur une étendue de mille mètres , par un ravin tapissé de buissons, qui conduit de la ferme au village de TEpine-au-Bois. Quarante pièces de canon en battirent les approches; des essaims de tirailleurs garnissaient les buissons , derrière lesquels s'étendaient ses lignes d'infanterie en colonne • par bataillon ; la cavalerie se prolongeait à Textrême gauche , sur deux lignes.

. Le combat s'engagea dans cette position, et g^^^'^V^^J/ jusqu'à midi, sans succès marqués du côté des Russes. L'Empereur le remarquait avec plaisir; il attendait le duc de Trévise , qui amenait la division Michel. Aussitôt quelle déboucha de Mont^ mirail, le signal de l'attaque fut donné : il était deux heures. Elle devaitnécessairement avoir lieu sur la ferme de Haute-Epine ^ point décisif du champ de bataille; mais l'ennemi y avait accumulé tant de moyens ^ que pour réussir jl fallait en détourner sonattention. Le comte do Nansouty reçut ordre de se prolonger vers la droite afin de lui donner de l'inquiétude sur sa gauche, et l'on prescrivit au général Ricard de céder avec 2. 16

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mesure le village de Pomessône , afin de renhar"^ dir par rapparence d un succès sur le Morin. Ea même temps, le général Priant, avec 2 bataillans de chasseurs et 2 de gendarmes , s*avança à trois cents pas de la tête de colonne de la vieille garde , prêt à fondre sur la ferme.

Le général Sacken,comme on l'avait prévu, donnant tête baissée dans le piège , dégarnit lepoiut important pour renforcer à*ld*fois sa gauche menacée et sa droite victorieuse. Tout-à-coup le prince de la Moskowa , à la tête des quatre ha* taillons conduits par le général Priant, se jette comme un lion dans la ferme de Haute-Epine.

Les tirailleurs épouvantés, s'enfuient sur leurs masses , Tartillerie se tait, la fusillade elle-même est bientôt éteinte, et la baïonnette la remplace. Le baron SacLen reconnaissant sa méprise, et appréciant , mais trop tard, Tavis qu'il avait rejeté le matin, forme sa droite en colonne , et veut traverser la route de La Perte , pour s'appuyer au général Yorck dont les coureurs se montraient sur la route de Fontenelle. L'Empereur pénétrant son dessein,et voyant que la cavalerie russe ne manœuvrait que poUr son propre salut , en cherchant à se lier aux Prussiens, laissa devant elle le général Nansouty avec les divisions Laferrière , Colbert et Desnoëttes , et ordonna au général Guyot de pousser rapidement avec les escadrons de ^service de grenadiers, dragons.

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chasseurs et lanciers de l'extrême droite sur la grande route , pour y charger l'infanterie. Celte manœuvre s'exécute arec ensemble et précision : les brigades Dietrich et Blagowensko tombent sousie sabre de ces escadrons d'élite , qui Jes foulent aux pieds des chevaux , et en font une horrible boucherie. Aucun homme n'eût échappé , si le comte Nansouty en s'étendant beaucoup trop>sur la droite, n'eût facilité à la tête de la colonne , le moyen de se lier aux Prussiens vers Fontenelle.

Les premières troupes du corps d'Yorck débouchaient alors de ce village. La brigade Pirch prit sur-le-champ position sur les hauteurs en avant de la ferme des Tourneux^ jeta un millier d'hommes en tirailleurs dans le petit bois , et les fit soutenir par six pièces qui con?mencèrent aussitôt leur feu.

Le général Yorck crut faire tourner les chances du combat, en ordonnant à quatre bataillons, soutenus par une brigade, de s'avancer sur le flanc droit des Français , tandis que les Russes renouvelleraient leurs attaqués de front ; mais cette disposition n'eut pas le temps d'être exécutée. Le duc de Trévise , qui n'avait pas encore pris part au combat , s'avança au moment même avec six bataillons de la division Michel , nettoya le boii^-, balaya tout ce qui se trouvait devant lui , et entra de vive force dans Fontenelle , où il enleva partie

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d'un parc. II ne manqua à ce beau mouvement , pour obtenir un succès complet, que d'avoir été exécuté une demi-heure plutôt , car alors il eût détruit tout espoir de jonction entré les deux corps alliés.

Cependant le combat se soutenait avec opiniâtreté à la gauche des Français. La division Bernodosso w 9 sans s inquiéter de ce qui se passait autour d'elle, prit et perdit plusieurs fois en moins d'une heure , les villages de Pomessone et de Marchais, et dans ce moment même, le dernîer était au pouvoir de l'ennemi, qui en avait chassé la division Meunier ; les efforts des Russes sur ce point ne servirent qu'à mieux assurer leur perte. L'Empereur , tournant ses regards de ce côté , pressait alternativement le général Meunier et le général Ricard d'enlever le village ; mais les deux di^ visions aux ordres du premier, considérablement réduites depuis le combat de Brienne , et composées de conscrits qui commençaient à connaître et à craindre le danger, n'étaient plus capar blés d'un effort vigoureux; de son côté le comte Ricard ayant déjà perdu beaucoup de monde, demandait des renforts. Deux bataillons de la vieille garde lui furent successivement envoyés ; néanmoins jugeant que l'attaque en exigeait quatre, et qu'il compromettrait inutilement cette belle troupe , il la tenait en réserve et différait son attaque.

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