‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 62 sur 129 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

parer une attaque de vive force, 200 grenadiers remontent le ruisseau jusqu'au village de la Petite- Noue, en chassent les tirailleurs, et s'emparent ainsi du seul débouché facile , qui ne fut pas battu par l'artillerie. Tout aussitôt l'infanterie du duc de Trévîse monte par la grande route sur le plateau. Six bataillons de la division Chris tiani se déploient dans la plaine, à cheval sur la chaussée , et sont soutenus par le reste de Tinfanterie , qui se masse derrière eux; en même temps la ca*« Valérie se presse de passer le défilé.

Dès que les divisions Laferrière , Desnoëttes , Golbert et Defrance eurent débouché, le prince de la Moskowa en prit le commandement , et manœuvra pour déborder la gauche de la cavalerie ennemie et lui couper la retraite sur Château- Thierry. A la vue de ce mouvement , le général Yorck qui avait encore sur le plateau de Nesle la division Bernodossow du corps de Sacken , et sa réserve de cavalerie intacte, leur ordonna à toutes deux de s'avancer pour dégager le général K.atzler.Le géuéralJurgasz forme sa cavalerie sur deux lignes , et s'avance fièrement à la rencontre des Français. La partie était égale : de part et d'autre on comptait 3,ooo chevaux; mais du côté des Français c'était des escadrons d'élite , des généraux consommés- ; les Prussiens avaient de la cavalerie de milice et un général peu expérimenté ; la charge ne pouvait être douteuse. Lq

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prince de la Moskowa dëj[)loie le$ dragons aux ordres du général Letort , masque avec eux les autres régimens qui restent en colonnes par escadrons , et dans cet ordre il redouble de vitesse» Le choc a lieu entre les fermes du Petit-Bull oj et de la Motte , à droite de la route de Montmirail à Château-Thierry» La première ligue des Prussiens est enfoncée et culbutée sur la seconde qu'elle entraine dans sa déroute; Tune et l'autre sont dissipées en un clin-d'œil.

Pendant que cette charge s'exécutait , l'infanterie de la garde , soutenue des escadrons de service , continuait à pousser à gauche de la route celle de l'ennemi qui se repliait en hâte , par les vignes dans le vallon de Château-Thierry ; mais découverte par le peu d'ensemble de ce mouvement et la défaite de la cavalerie , la brigade tîe Freudenreich , formant l'extrême di^oite de& alliés , reste seule en face des Français. ^Napoléon ordonne alors au général Belliard de la tourner avec les escadrons de service ; cette manoeuvre ^s'exécute avec la rapidité de l'éclair. Le général russe qui sapei*coit du danger qui le menace^ forme les régimens de Tambow et de Kostroma en carrés et cherche à opérer sa retraite en cet ordre , sous la protection de quelques centaines de tirailleurs ; mais bientôt ceux-ci , chargés par la cavalerie , se réfugient dans un taillis: qui se trouve à leur portée ^ et laissent les deux

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