‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 63 sur 129 · CHAPITRE IX* ^5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX* ^5l

carrés, tout-à-fait découverts. Chargés en flanc et en front , ils ne peuvent résister au choc et sont entamés. Tout ce qui ne fiât pas sabré ou pris se jeta dans le bois qui avait sauvé les tirailleurs , et , à sa faveur , alla se rallier aux autres troupes amoncelées plutôt que formées au pied de la côte de Nesle dans le vallon de Château-Thierry, en attendant* qu'elles pussent s'écotder par les ponts de cette ville.

L'armée impériale continua dès-lors sans ob* stacle sa marche sur Château-Thierty. Le prince de la Moskowa se dirigea à droite par les vignes pour rabattre sur Etampes et Chierry ; mais son mouvement que la nature du tétraiti t^etarda et força d'élargir , n'atteignit qu'imparfaitement son but. Le duc de Trévise, avec tt)Ute l'infanterie , suivit la grande route. Arrivés sur la côte de Nesle , les Français eurent alors Comme dans un panorama , le spectade du désordre et de la confusion de cette armée à laquelle il ne restait plus d'e^érance dé salut que de l'autre côté de la Marne; car la route d'Eperuay lui était coupée pat la caVaJerie du général Letort qui menaçait de l'acculer au pont.

Toutefois il devenait pour ainsi dire impossible dé tirer profit de ceç premiers avantages. La hau^ teur et l'escarpement de là côte mettaient les alliés à l'abri, attendu qu'il n'y avéut d'autre moyen

^53 CAMPAGNE DE l8l49

pour arriver à eux, qu'une leviée tracée en zigzag sur sa croupe , où la cavalerie pouvait à peine déboucher par quatre. Néanmoins quelques petites charges en fourrageurs , les refoulèrent dans le vallon ; et c'est alors qu'une plus sérieuse exécutée par le général Guyot avec l'escadron de grenadiers de service ayant été repoussée , l'Empereur ordonna au général Petit de marcher avec 2 bataillons de grenadiers à pied , contre les a que le prince Guillaume de Prusse avait fait sortir de la ville au secours des fuyards. Les Français se précipitent sur cette nouvelle ligne et la rompent comme une faible digue. Le prince poursuivi sur les ponts y n'échappe qu'en y faisant mettre le feu. Quatre cents hommes de cette réserve et tout ce qui se trouvait encore dispersé sur la rive gauche de la Marne y tomba au pouvoir du vainqueur.

La chute du jour ne termina pas entièrement le combat. L'ennemi rejeté dans Château-Thierry , démasqua une batterie de 12 pièces de gros calibre placée sur la rive droite en-deçà de la chaussée de Paris » qui fit un feu terrible sur les troupes chargées de ramasser les fuyards. Des tirailleurs se postèrent dans les maisons du faubourg entre les ponts , et n'en furent délogea que vers sept heures.

L'Empereur coucha au petit château de Nesie

Page 1