CHAPITRE IX
au milieu des bivouacs de la garde qui s'étendirent dans la plaine en avant de Château-Thierry. Les éclaireurs du général Letprt poussèrent jusqu'à Dormans , et firent une soixantaine de pri* sonniers. Les corps d'Yorck et de Sacken cour tinuèrent leur retraite sur la route de Soissons , le premier prit poste à minuit à Ghàtel , Tautre à Oulchy-la-ville ; les Cosaques du général Karpow restèrent seuls sur les bords delà Marne.
Cette journée qui ne coûta pas 4oo hommes aux Français , causa aux alliés une perte de 3 pièces de canon et de plus de 3,ooo hommes, dont au moins 1,800 prisonniers, au nombre desquels se trouvait le général Freudeureich.
Pendant là nuit , l'arrière- garde laissée à Châ- L'eanemi érar teau-Thierry , exaspérée par sa défaite , s'en xuerry. ***'^" vengea sur les malheureux habitans. La ville fiit livrée au pillage. Jetons un voile sur les horreurs qui s'y commirent , et rendons justice aux chefs qui firent tous leurs efforts pour arrêter les désordres de cette soldatesque effrénée.
Le combat de Château-Thierry , complément de la victoire de la veille , donnait à l'Empereur un juste espoir de se débarrasser entièrement des corps d'Y orck et de ' Sacken ; car il s'attendait , ou à recevoir un renfort qui le mettrait à même de reprendre le lendemain sa poursuite avec une nouvelle activité , ou k voir un de ses lieutenans tomber sur les vaincus de l'autre côté
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de la Marne ; mais il n'en fiit point ainsi : le dac de Tarente qui depuis Yitry avait tenu tête à l'ennemi avec les cadres de 29 bataillons écrasés de fatigue et réduits à moins de 3,ooo hommes , voulut les renforcer de quelques troupes du camp d.e Meaux , et perdit un temps précieux sans pouvoir y parvenir. Il n'envoya à la poursuite des alliés, le 10 , que la cavalerie disponible du comte Saint - Germain ; encore la rupture du pont de Trilport retarda-t-elle sa marche. Forcée de remonter jusqu'à Nantfeuil pour y passer la Marne , elle atteignit cependant à Salnt'- Fiacre l'extrême arrière-garde du corps de Sacken , et lui fit une cinquantaine de prisonniers. Le lendemain le comte Saint-Germain se porta surSaint-Jean-les-deux-Jumeaux, d'où les Russes s'étaient retirés pour se concentrer à La Ferté. La matinée du 12 se passa en manoeuvres avec leur arrière-garde qui le contint d'autant plus facilement qu'il n'avait pas d'artillerie.
^châtean^* Le i3 févrîcr au point du jour , l'armée impé- Tk^rrypar j-jaig commcuca à rétablir le pont de Château-
le« Français. ■* , , ,*■ ^
Thierry. Ce travail présentait des difficultés : les Cosaques fusillaient tout ce qui s'approchait de la rive gauche. On aperçoit une barque de leur côté ; un nageur cherche à s'en approcher malgré les glaçons que la rivière charie , et parvient à la démarrer à l'aide d'un citoyen assez