‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 65 sur 129 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

courageux pour braver la grêle de balles qui tombe sur le rivage ; ramenée heureusement à l'autre bord , une douzaine de soldats s'y jettent, débarquent , et bientôt suivis par d'autres , sont assez nombreux pour nettoyer la partie de la ville à portée du grand pont.

Une scène d'un nouveau genre vient ici reposer les regards fatigués de tant de carnage, et pénétrer le cœur des soldats des plus douces émotions* A peine échappée aux horreurs du pillage , la population entière de Château-Thierry se précipite sur leur passage en poussant des cris de joie et les nommant ses libérateurs : flatteuse recompense qui , en leur montrant le vrai but de leurs nobles efforts , les enflamma d'un nouveau zèle .pour la délivrance de la patrie. Le second pont s'élève comme par enchantement : hommes , femmes et enfims , riches et pauvres 9 tout travaille avec une ardeur vraii ment française. Dès qu'il fut praticable , la jeune garde le franchit au pas de course et alla prendre position en face de la montagne blanche , la cavalerie la suivit de près; on détela les chevaux et on ôta l'avant-train des pièces pour les £aire passer. A six heures toute l'armée était à la poursuite de l'ennemi qui déjà se trouvait hors d'atteinte. Le général Yorck avait gagné Fismes par Saponet et le mont Saint-Martin. Le baron Sacken se retira , à Reims par la traverse de

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Fère en Tardenois. Le duc de Trévise , avec led divisions Christiani , Colbert et Defrance , les poursuivit jusqu'à Rocourt où il plaça son quartier-généraL Les coureurs français poussèrent si vivement la cavalerie de larrière-garde , qu'ils lui firent 3 à 400 prisonniers et la forcèrent à mettre le feu à un grand nombre de caissons.

Les fuyards qui s'étaient jetés dans les bois pour échapper aux baïonnettes des soldats , tom^ bèrent^ntre les mains deshabitans qui, exaspéréspar le pillage et la dévastation de leurs propriétés, les immolaient sans pitié à la lueur de leurs * habitations en flammes. Il périt ainsi plus de

:2,ooo hommes. La capture d un grand nombre d'armes et de munitions , de voitures de vivres et de bagages , servit de stimulant à l'ardeur dont les paysans étaient animés.

Le fciamaré- Pendant que ces événemens se passaient sur reprend"î\ f- la Mamc , Ic fcld-maréchal Blucher , immobile îe"ducVe°Ra- ^ Vcrtus , attendait avec une imperturbable pa-: ^"*®' tience des nouvelles de ses lieutenans. Loin d'ap-

préhender pour eux le sort qui les accablait , il se flattait , dit-on , qu'ayant opposé une vigoureuse résistance à l'Empereur , celui-ci , arrêté par eux et menacé par les mouvemens de la grande armée, s'était retiré sur Sézanne. Tablant sur cette flatteuse hypothèse, il jugea que le corps du duc de Raguse , placé à Etoges , n'avait d'autre but. que 4e couvrir sa marche rétro-

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fgtaà^ , et il résolut de l'attaquer pour arriver à Montmirail% '

En conséquence le i3 février, l'avant-garde , forte de 3,ooo hommes , se mit en marche sur la route de La Ferté , suivie des corps de EJeist et Kap^ewitsch. '

Le duc de Raguse était en position à Etoges avec la division Lagrange , sa droite appuyée à ce bourg , et sa gauche à un plateau qu'occu^ pait la cavalerie du comte Grouchj.

La tête de l'avant^garde prussienne aux ordres du colonel Blucher , marcha droit sur Etoges , tandis que le gros ^ sous le général Ziethen^ a'emparait à droite des hauteurs qui dominent le bourgs et mettait de-lk ses colonnes en mouvement sous la protection de son artille^ rie. Alors la cavalerie française manœuvra pour couvrir la retraite de l'infanterie sur MontmiraiL Le colonel Blucher entra dans Etoges > poussa vivement l'arrière-garde jusqu'au-delà de Champ- Aubert ^ et se plaça ainsi que le général Ziethen entre ce village et Fromentières» Les deux corps d'armée s'établirent en arrière de Ghamp-Aubert , éclairant leurs flancs , dans les directions de Sézanne et Corrobert, par des partis.

Le duc de Raguse prit position près de Vaux* champs couvert par sa cavalerie.

L'Empereur^ informé le i3 au soir du mou- i^«po14oiiyoU 1- 17

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M secours do yemcnt du feld*?maréchal Btuclier , ne balança

onc de Ragttse .••^•^'^i '^ ^ *^

pas à faire volte-face pour marcher à lui; Laissant le duc 4^ Trévisff arec les divisioqs Ghristiani , Colberl q^ £I^&aiioe en observation devant lea çprp3 l>9t||ia 9 il donna rQr4re à la division Priant et à la cavalerie du général Saint -GeimaÎH de se poiTter ^^w-le-schamp de Vieux-Maisons à Mpc^tQ^r^it çp U se f*efidit de Gh&teau-Thierrj le i4 feTriqr i quatre heures du matiii , avec le corps du pi:^QQe de la Moskowa et le reste de Ifi cavalme 4^ h ««wle. To^tes ces troupes arrivèreii^^ à ^nU^iraU vei^ h^it heures du matin , stfx vio^e^X même où le duc de Raguse , poussé pai;* Favant-garde prusaienne , s'y retirait par- la route d^ ÇhAloiis. Son mouvement rétrograde fut a];*ré(é Sîur4e-ebamp, et l'on expédia Fordre de reprendre rofifensive.

Combat de Lcs Prussienft occupaient déjà Vauxchamps : ps. j^ ^^ ^^ l^^siguse eut ordre d'attaquer ce viUâge en froat j ^t le général Grouchy. , sous les ordres du^gt^pps^A le comte l^aîntrGerraAin , celui de toun^ei? te poiitioxi par )a droite en passant dans les bioii^. pm; FËdhîelle^ Haulefeuille; et Serrechai^; ^« £^de à pied et à cheval- forisa réaçiçve $piç }Q..gKaAde, route. Le feld^maréchal fut bientôt informé par ses flanqueurs , que de fdrte^ maj^^s dp çii^aterie. p^rvepu^ à la hauteur- de sa droite , maugçuMraient pour la tourner , et i^aeuiisi u|V grQ& d'infiEUiterie àv été vu sup sa

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^ueké , se dit^èatit de Sésanne sur MontmîraiL biquiet à tê^ ik^iÉtelIed , particnlièremént pour sa gsaxùhe^ êetxV point par où il supposait que FËmpereiir put arriver , il la renforça à tout tévëâ6ifieiift déis deux régimens de cavalerie de sa

Mais hf plu» grand danger ne le menaçait point de ce^ côté : la^ colonne française dëcourerte' par les ëfefeireùrs prussiens , était Ta dîrision Le^ 9 qàh détachée sur Sézanne par le duc de Reggio , se trourait encore trop loin de Montmirail} pour pi^endre part à rattioUé

YauxchMllps était défendu par de Tinfanterie Cé Tiiiage «tt ^oà aVàil j^té dte monde dkns le petit bois en *"^*'^^ avanU Â dilt heut*es^ la division Ricard fut chargée èe^Y^ciey^t: Là première brigade s'approcha ' sur lacb*oité ài ler.feveur du bois de Beaumpnt; k secoMhs atta<|ua de front , en colonne serrée à gauebie^dé la routes €ette dernière fut repoussée ; et Tennemi enhardi par ce succès ^ sortit ntaladk^tement' de Tauxchamps pour là pour-^ suivre : le diic de Rkguse « n'ayant pas d'autre cavalerie sous lia main » lança sur lui son escadron df escorte ^i le ramena jusqu'à l'entrée du village»^Uli« si feible attaque n'avait encore rien d'alarmant ; maisi l'Empereur s'étant aperçu de l'isolement de cette infanterie ^ profita du dé-« sordre que l'escorte du duc de Raguse avait causé pour la &ire charger par' le général Lion

a6o CAMPÀGNK DE l8l4f

avec ses 4 escadrons de service : un bataillon se jeta dans la ferme à gauche du village , le reste fut sabré sous les yeux du gros de l'armée ennemie , formé à 6 ou 700 mètres en arrière; déjà ils avaient enlevé une batterie qui se sauvait*, lorsque cluu^é» à leur tour par un r^iment prussien , ils fiorent obligés de l'abandonner. Deux compagnies de chasseurs à pied de la vieille garde abordèrent la ferme où s'était réfugié le bataillon , en démolirent les murs et le firent prisonnier.

Pendant que ceci se passait sur la route , un autre combat s'engageait sur la droite entre la cavalerie de la garde et les cuirassiers et hussards prussiens. Après plusieurs charges, ces derniers furent ramenés en désordre par les divisions Lefebvre-Desnoëttes et Laferrière-Lévéque sur l'extrémité gauche de la ligne d'infimlerie qui , de peur d'être entamée , se forma aussitôt en carrés.

Toute l'armée française était en mouvement:

la division Lagrange en colonne par régiment s'avançait sur la droite de la route ; un peu plus loin sur la gauche et dans le même ordre, suivait la division Ricard. Ensuite arrivait FinÊinterie de la jeune garde aux ordres du prince de la Mos- Lowa , à droite de laquelle marchait celle de la vieille ; à trois kilomètres en arrière , se hâtait la division Levai qui ^ n'ayant pas encore vu

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