CHAPITRE X
couvrait Monter eau avec 6 a 800 chevaux cantonnés au Fossard. Tels étaient les moyens réunis sur là Smne. Quelle que fût leur faiblesse , ils surpassaient de beaucoup ceux destinés à la défense de l'Yonne , qui dejk ne formait plus une ligne intacte , l'hetman Platow s'étant emparé des ponts de Joigny et de Villeneuve-le-Roî, le I ^^ février , avant qu'on eût eu le temps de les rompre ou de les retrancher. Le général Alix gardait Sens avec 2,400 hommes, et se trouvait échelonné à Pont par un millier dé gardes nationaux aux ordres du général MontbrUn, et environ 600 chevaux commandés par le général Ducoêtlosquet. A l'extrême droite, le général Moreau, chargé du commandement d'Auxerre , cherchait à y réunir quelques troupes, mais jusqu'alors tous ses moyens se réduisaient à la compagnie départementale et à une vingtaine de geudarmes.
Quatre jours s'écoulèrent avant que la grande armée prononçât de Troyes un mouvement of^ fensif. Délivrés par la victoire de la Rothière de toutes les craintes qui les escortaient en entrant en Fraiîce , les Souverains avaient pris une telle opinion de leur supériorité sur Napoléon , une telle confiance dans leurs dispositions, qu'ils semblaient attendre à Troyes l'effet du mouvement du feld-maréchalBlucher , plutôt que résor lus à le favoriser, en s'avançant vers la Seine avec Ja grande armée.
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Ce ne (ut que le lo février , au mometit où Napoléon écrasait le corps d'Alsusiew à Champ- Axlbert,quele généralissime mit en mouvement toutes ses masses sur Nogent , Sens et Auxerre , dans la vue d'ariûver à Paris par les deux rivesi de la Seine.
run d'opéra- D'après le dispositif arrêté dans le conseil , le& gr^de a^ev corps de Witlgeustein et de Wrède qui , dès la veille^ avaient fait repasser TArdusson aux troupes du duc de Bellune , reçurent Tordre de resserrer Nogent autant qu'ils le pourraient.. Le prince royal de Wurtemberg , marchant sur la route de Sens, devait concentrer son corps au plus tard le 12, dans les environs de cette place , et être soutenu par les réserves autrichiennes. Il fut prescrit au général Bianchi , qui avait succédé au comte CoUoredo dans le commandement du i^^ corps autrichien , de se lier par Arce et Cerisiers aux Wurtembergeois. Ces deux corps devaient être appuyés par celui du comte Giulay,
' les réserves autrichiennes et ladivision légère di| prince Maurice de Liechtenstein.
En conséquence , l'avant - garde wurtembergeoise. parut le 1 o devant Sens , investi depuis plusieurs jours par 3 à 4 pulks de cosaques. La ville a 8 à 9 mille âmes ; elle est ceinte d'un mur haut et épais , construit , dit-on , par les Romains , en avant duquel règne un large fossé. Les tambours récemment faits à ses portes l'avaient mise
À l'abrî d'incursion , et le général Alix était résolu à la défendre jusqu'à la dernière extrémité.
Le lendemain , le prince royal de Wurtem- ^'"* ^ ^^ berg réunit son corps d'armée en avant du faubourg de Fontvannes , et tenta d'entrer à Sens en enfonçant les portes à coups de canon. On les avait murées; son entreprise échoua. 11 essaya d'incendier la ville avec des grenades; mais le feu fut ^teinta l'instant. Il allaitrenoncer à son projet, lorsqu'on lui donna avis qu'il était possible de s'introduire dans la place par une petite porte du collège, attenant au mur d'enceinte ; aussitôt elle est enfoncée; mais un mur élevé par la prévoyance, barre le passage découvert par la trahison ; on cherche une autre issue , d'autant moins facile à trouver , que le collège était garni d'infanterie, qui fusiilait à bout portant. Cependant les assail^ lans pénètrent dans la cour de l'édifice à la faveur d'une brèche et croient pouvoir déboucher, lorsqu'ils s'aperçoivent que la communication du collège ^vec la ville est fermée par une porte derrière laquelle se trouve encore une grille. Sous la protection de cette double barrière , la garni* son les attend de pied ferme. Avant de l'aborder, il fallut se rendre maître du bâtiment , ce dont les Wurtembergeoîs ne vinrent à bout qu'après un combat opiniâtre ; alors ils s'avancèrent pour forcer la passage. Les Français , postés dans les mai*
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8ons adjacentes , font pleuToir sur eux une grelin de balles qui arrête les plus intrépides ; encoura-* gés néanmoins par le succès des attaquans qui avaient escaladé Fenceinte en-decà de l'Yonne , ils se pressent en colonne serrée dans la rue, et en repoussent la garnison. Assaillie de toutes parts , elle se retira alors en combattant sur le pont, où elle défila en qrdre sous les yeux de son général Le prince royal de Wurtemberg n'osa la poursuivre au-delà de l'Yonne , dont elle (^taît en mesure de faire sauterie pont.
Les Wurtembergeois ont accusé une perte de 1 80 hommes , .et il serait difficile de croire qu'elle n'ait pas été plus forte , car celle des Fran* Gais s'éleva â 3oo, malgré l'avantage de combattre k couvert toute la journée.
Le général Alix , après avoir rallié les brigades Montbrun et Ducoëtlosquet , prit position le 1 2 en arrière de Pont , gardant cette ville coo3.me avant-poste; mais bientôt l'avant-garde wurtem- ^^iwiïï. ^^^rg^^î*^ 1® força , à la suite d'un engagement Tonne. vigoureux , à se replier sur Montereau , où la cavalerie du général Delort venait d'être rejetée par les cosaques de l'faetman Platov^.
Ici le comte Fa jol prit de nouvelles dispositions pour arrêter l'ennemi. Le général Pacthod eu*' tra en ligne avec environ 4000 gardes nationaux entre l'Yonne et la Seine ; le général Alix fut plar çé en avant de Montereau , gardant le Fossard avec