‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 75 sur 129 · CHAPITRE X. !i · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. !i

tin bataillon et deux pièces de 4 ; 1^ cavalerie , réunie sous les ordres du baron Delort, can-^ tonna sur la rive droite de la Seine , entre la ville et Egligny. Tous les gardes nationaux non armés lurent renvoyés à M elun , et la défense de M oret Alt confiée au général Montbrun.

Le i4 , le corps du prince royal de Wurtem-* berg se porta sur Bray , et celui de Bianchi qui le suivait , tourna à gauche et se présenta devant Montereau. Le général Hardegg étant pai*venu à déloger Favant-poste deFossard , le comte Pajol , À la vue des masses qui se développaient devant «es deux petites divisions , informé d'ailleurs que les ponts à sa gauche étaient forcés, et que les ducs deReggio et de BeUune battaient en retraite sur Nangis , jugea inutile de faire une plus longue ré* sistance , évacua Montereau, en fit voler le pont , £^acnationd« et alla prendre position au Châtelet. Montereau^

Les progrès des alliés auraient dû s'arrêter là , car telle était la volonté du généralissime; mais le général Ignace Hardegg , ayant jugé convenable de pousser de Montereau une reconnaissance sur Moret , les Autrichiens y entrèrent sans obstacle par la précipitation avec laquelle il fut évacué (i). La prise de ce poste entraîna celle

(i) Le comte -de Pot... racontait un jour en ma présence une anec* €k>te assez pic[uante, au sujet de renlèyement de ce poste : le colonel

stô CAMPAGNE DE iSi^i

de Fontainebleau , où Favant-garde autrichientië eat d'autant moins de peine à s'établir , que Fé* cole d'instruction de la garde en était partie là veille pour défendre Pïemours , menacé par lés cosaques»

Mais c'est en vain que ces jeunes gens , soutenue par une centaine de cavaliers et un détachement de 3ôo hommes de la ligne , envoyés de Melun ^ avaient volé à la défense de Grez ^ et de ce posté important , le bataillon entier fiit enlevé le lendemain à Nemours par l'hetman Platow. Plus loin^ le général Seslavin , maître de Montargis , poussait ses [Partis jusqu'aux portes d'Orléans« D un autre côté, le général Moreau, ayant renvoyé d'Auxêrre une sommation que le prince Maurice de Liechtenstein lui avait adressée de Joigny, cette ville avait subi le sort d'une place prise d'assaut, et sa petite garnison cherchant à se faire jour sut le chemin de Toucy , avait été passée au fil de l'épée*

Rad'o* o&argé par le général Hardegg d'en faire la reconnaissance ^ le trouva d*un accès très-difficile , et jugea ne pouvoir Tenlèterque par une surprise ; mais afin d'eu rendre Teffet plus cértainy il résolut de la faire précéder d'une fatiàse attaque. La retraite prématurée du général Montbrun ayant permis au bataillon de Bannat allemand^ qui en était chargé , d'entrer dans Moret sans coup férir; l'inquié*» tude que le colonel Rad.... en. conçut » égala son étonnement, et il dépêcha plusieurs ordonnances à son frère, pour en réclamer du renfort , craignant que son bataillon n'eftt doxuxé dam itn piège èm. général Montbnm.

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Ainsi les lignes de TYonne et du Loing , sut les^ quelles Napoléon avait beaucoup compté ^ n arrêtèrent pas plus de vingt *- quatre heures la marche des colonnes ennemies. 11 en fiit de même de celle de la Seine.

Le duc de Bellune ^ informé le lo février, du mouvement offensif des comtes de Wrède et de Witigenstein , fit prendre position à la réserve de Paris en arrière de la Chapelle-Godefroy , la droite appuyée à Tournebride et la gauche à Bernières. A peine était-elle établie , qu'on vit débou-^ cher de St.-Martin , les têtes de colonnes de la . division autrichienne Hardegg. Le maréchal fit opérer un changement de front, qui porta sa droite à Màcon ^ et prolongea sa gauche eu ar^ rièredeSt-Aubin. La cavalerie du comte Milhaud se forma efi première ligne; le 2® corps d'infan-» terie à Nogent. Cette manoeuvre était bonne; mais il aurait convenu peut-être de lui imprimer plus de vigueur, en portant tout aussitôt la division Hamelinaje, qui formait la droite , à St.-Aubin, et garnissant le front de bandière de toute Tar^ tillerie disponible.

Le général Hardegg , n'éprouvant aucun obstacle , descendit par sa gauche le ravin où coule TArdusson, en colonnes serrées, par bataillon^ sous la protection de son artillerie et de sa cava* lerie. Au même moment ^ le comte Pahlen, corn*

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mandant Tavant-garde de Wittgenstein , attaqaa les troupes placées à la droite de cette petite rivière , pour couvrir le pont de la Chapelle , et s'empara du château de ce village , d'où il canonna sans succès jusqu'à la chute du jour. Les généraux Hardegg et Pahlen s'établirent siu* le champ de bataille même.

Le 1 1 février au matin , le duc de Bellune , assure que les corps ennemis s'avançaient à la suite des avant-gardes qu'il avait combattues la veille , -jugea prudent de porter ses troupes sur la rive droite de la Seine, laissant pour défendre Nogent le général Bourmont avec les cadres des ii^ et 29® légers et ceux du 18® de ligne.

sût ^* ^°' Nogent est une ville de 3,ooo âmes, accessible de toutes parts et sans défense contre une incursion; lé général Bourmont prit néanmoins des mesures pour s'y maintenir. Gomme on ne pouvait se servir des ouvrages commencés par ordre de l'Empereur, attendu qu'ils n'étaient qu'ébau- , chés, et eussent exigé pour leur défense quatre fois plus d^hommes qu'on n'en avait , on crénela des maisons, on barricada toutes les rues tenant à la principale , qui conduit au pont , et l'on transforma une maison de plaisance nommée le Belveder, en avant du faubourg de Troyes, en un excelletil poste avancé , où une centaine d'hommes attendit l'ennemi de pied ferme.

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Le 2* corps d 'infanterie ^ la rëservé de Parl^^ et le 5* corps de cavalerie alièrent prendre position à Melz , Mériot et Plessîs-Mériot*

Le comte de Pahlen , vbyant qne les Français passaient la Seine ^ se présenta avec son infante* rie pour entrer à Nogent; mais il fiit accueilli par une fusillade si vive, qu'il rebroussa chemin-: il reparut bientôt^ soutenu de là division Hardegg et d'artillerie, avec laquelle il ricocha le pont* Trois tentatives pour s'emparer du Belvedèr échouèrent complètement ^ et les feux croisés, di-^ rigés delà ville et du faubourgs firent un ravage efTroyable dans ses colonnes d'attaque*

Le général Bourmont ^ encourageant sa troupe^ fut blessé au genou vers minuit: mais remplacé parle colonel Voirol, du 18*^ de ligue ^ l'entiemi n'aperçut pas son absence ^ et la jfusillade conli-* nua le reste de la nuit avec la même activité.

Le prince de Schwarzenberg attendait de nio-* ment en moment qu'on lui annonçât la prise de cette ville , pour jeter les corps des comtes de Wrède et de Wittgenstein sur la rive droite de là Seine» lorsque le comte de Witte, dépéché la veille, à dix heures du soir, de Fère-Champenoise , parle maréchal Blucher, arriva à Troyes, et l'informa de la défaite d'Alsusiew et de la situation critique de l'armée de Silésie. Supputant là force de l'armée fî^ançaise , d'après la terreur qu'inspirait sa dernière opération , il annonça au

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généralissime , que Napoléon s'était établi , avec 5o mille hommes , entre les corps de Kleist et de Kapzewitsch , et ceux d'Yorck etdeSacken.Ceite nouvelle inattendue fit crouler l'échafaudage des projeta du prince : il résolut de concentrer à Méry les gardes et les réserves russes , que par un hasard heureux, il avait dirigées le malia même sur ce point, afin de pouvoir les porter sur Plancy ou Nogeut ; à cet effet , il ordonna au général Diebitsch , envoyé sur Plancy par le comte Barclay de Tolly avec la division de cavalerie légère de la garde et une brigade de grenadiers , de se porter en avant pour rétablir , le plus proraptement possible , la communication entre les deux armées. 11 prescrivit en outre au comte de Wîttgenstein , dans le cas où Nogent ne serait pas encore pris , de se préparer à passer la Seine plus haut , pour donner la main au général Diebitsch, et s'il était maître de la ville, de marcher aussitôt sur Yillenoxe ; enfin le comte de Wrède dut appuyer son mouvement en poussant .vivement sur Provins.

Lorsque les ordres du généralissime parvinrent aux généraux comtes de Wrède et Witlgenstein, désespémnt d'emporter Nogent, ils venaient d'arrêter, dans une entrevue, que le comte de Palilen 'en continuerait l'attaque, pendant qu'ils effectueraient eux-mêmes leur passage au-dessus et aujdessoi^s, l'un à. Pont, l'autre à Bray. Déjà même la

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