CHAPITRE I
lions législatives , qu'il veut n'être point gêné dans le choix de celui qui doit j présider. On sourit du motif puisé dans la nécessité de mettre à la tête du corps législatif, un homme versé dans l'étiquette du palais; mais personne ne s'y méprend; et la mesure en elle-même excite des mouvemens, et ramène dans les esprits de fâcheux souvenirs. « N'est-ce pas assez , s'écrie-t-on , des » prisons d'état , des commissions militaires, et ?> de l'atteinte portée à la liberté civile dans le » séuatus-consulte du lo août dernier? Quand » le jury même est frappé dans ses bases , quand )) l'arbitraire attaque ou mine sourdement les » institutions civiles , faut*il nous ravir encore » jusqu'à l'ombre de nos droits politiques, en » supprimant comme un embarras du pouvoir , » une liste de candidats formée jusqu'à présent » par un corps sans action et sans voix? )>
C'est en vain que le sénat donne des hommes impôts reco«et rend plus facile encore le vote des contribu- décret, tions, il est impossible d'attendre ce vote légal. Les impôts décrétés le ii novembre, sont mis en recouvrement. Un décret du 16, affecte une portion de leur produit au paiement des réquisitions faites pour l'approvisionnement des places , les subsistances , les remontes , les transports et autres services matériels de la guerre ; mais un autre décret du 27, restreint cette application
lO CAMPAGNE DE l8l49
aux créances admises par un bureau spécial de <
liquidation , et lui prescrit de prendre pour base de son travail, au lieu de la valeur factice , que i
les circonstances donnent aux denrées et aux t
objets requis , leur valeur réeUâj mais fixée par l'administration.
d^nslfnSî- L'exécution de ces mesures, et quelques autres ^^Y^^^"^^' considérations , amènent un changement remarquable dans le ministère et dans les grandes cbar- ^ ges de l'état et du palais. Le comte Mole cède au baron Gostaz la direction des ponts et chaussées , et remplace au ministère de la justice le duc de Massa, appelé à la présidence du corps législatif; le duc de Yicence prend le portefeuille des rela- |
tions extérieures ; le duc de Bassano revient k la secrétairerie d'état , et le comte Daru remplace dans l'administration de la guerre , le comte Cessac , qui reprend au conseil d'état , la présidence de la section de la guerre. Le duc d'Âlbufera est |
nommé colonel-général de la garde impériale ; |
le comte Bertrand vient comme grand^maréchal occuper au palais une place , où personne encore n'avait été jugé digne de remplacer le général Duroc. Des décorations accordées à des généraux distingués , tels que les comtes Reynier et Maison, semblent destinées à réveiller l'émulation dans l'armée; et de nouveaux chambellans, parmi lesquels on remarque le baron de Montmorency