CHAPITRE !• II
et le comte de Lariboisaîère , proureat que FEmpereur au déclin de sa pui^aioice , aooge encore à relever l'éclat de ^ ocmr et à opérer la fusion défi deux noblesses.
Gh^rchant en même temps & captiver Topi-^ mon des classes inférieures, il visite les monu*mens , résultats sinon les plus glorieux, du moins les plus durables de son règne, et semble mendier par cette popularité quelques acdamations; mais sa cour même trouve de Tafièctation dans le choix des lieux parcourus , et une exagération maladroite dans les cris de joie dont le Moniteur est récho«
Cependant un décret du i®' décembre proroge Prorogation
• 4 19 . 3 1 ' • 1 de la session
jttsquau 19 1 ouverture de la session du corps du corps lélégislatif; et dans cet intervalle t l'activité de^"^**^* l'Empereur semble prendre un nouvel essor. .
Craignant de manquer de soldats , et sans faire Konveiies le-
.1,7,, , , vées d'iiom-
attention a la pénurie a armes qui rendra cette mes. levée plus gênante qu'utile, il propre à son conseil d'état de rendre mobiles 121 bataillons de gardes nationales , dont il se promet de former 18 brigades, p<mr couvrir les viUes de Paris et de Lyon , et foimer plusieui^ autres réserves. Le décret ajourné d'abord, est rendu le 6 janvier , avec cette seule modification , que ces ba^ taillons seront licendés aussitôt que l'étranger sera chassé du territoire de l'Empire.
13 CAMPAGNE DE l8l49
Afin de rendre toutes les troupes et les noo* velles levées disponibles , il charge la garde na* tionale de la garde des places , et du maintien de la tranquillité publique dans Tintérieur. Bien avant que le désastre de Leipzig eût menacé les frontières , le sénatus-consulte du 3 et le décret du 5 avril avaient pourvu à la défense des côtes y et spécialement à celle des chantiers de marine , en groupant les départemens voisins en six ai^ rondissemens , où des sénateurs avaient organisé des gardes nationales. Le contingent de chacun de ces arrondissemens variait de i5 à 3o mille hommes, et des détachemens de i5oo à 3ooo hommes d'élite, s'y trouvaient déjà en activité, prêts à se porter sur les points menacés. Le décret du 5 avril avait en outre créé 3^ cohortes urbaines, pour la défense particulière des places maritimes. Un autre décret du 1 7 décembre , long-temps discuté dans le conseil d'état, étendit cette mesure à toutes les places de guerre et aux villes de l'intérieur, et porta à près de 160 mille hommes , la force des gardes urbaines appelées à seconder ou à remplacer les garnisons. Tandis que l'Empereur préparait ainsi la guerre, sa diplomatie n'était pas oisive, et les négociations qu'elle poursuivait avec chaleur étaient^ du moins en partie , cause de la prorogation du corps législatif 9 sous les yeux duquel
GIÎAIPITRÊ t. l3
il convenait à sa politique de dérouler les pièces propres à le convaincre de la sincérité de ses vœux pour la paix.
A peine était-il de retour à Saint-Cloud , qu'il Négociation
* ^ , ^ et traite de
songea à terminer sans retour la guerre d'Espa- ??«»▼«« Feigne , en rendant à son légitime possesseur^ la couronne que ses baïonnettes n'avaient pu maintenir sur la tête de son frère Joseph. L'ouverture de la négociation était aussi humiliante que la conduite en était délicate , car outre qu'elle déce;lait sa détresse, elle ne lui offrait aucune garantie. En effet, il pouvait se faire que dans l'impatience de recouvrer sa liberté , Ferdinand souscrivit à toutes les conditions qui lui. seraient imposées, avec la ferme intention de ne point les remplir , dès qu'il se trouverait réassis sur le trône de ses pères. Dans la supposition même qu'il traitât de bonne foi , il était probable qiie les Cortès s'opposeraient à l'exécution du traité , sous prétexte qu'il lui aurait été arraché par la violence. Dans une position semblable , Napoléon aurait beaucoup mieux fait sans douté, de renvoyer son prisonnier , et de s'en rapporter à sa parole pour la conclusion de la paix désirée ; mais non moins défiant que Charles-Quint, il voulut mettre à prix sa liberté , et chargea le comte de Laforêt , ancien ambassadeur près la cour de Madrid , de lui porter une lettre autographe où il lui faisait part de ses intentions.
l4 tAMPAGNE DE idi49
La réponse du Monarque espagnol, empreinte fl'une noble fierté, prouva que TadTersité ne Favait point abattu, et qu'il ne signerait rien qtie de ragrément de la r^ence. Obligé de plier MVts la volonté du Roi captif, FEmpereur con* sentit alors k entamer la négociation sous le bon plaisir de cette autorité; et le 8 décembre, le duc de San^arlos et le comte de Laforét con^ durent xm traité de paix, qui rétablissait les rela* tîons de FEspagne et de ta France , sur le pied où €f)Ies étaient en 1 792.
Ce traité ne devant recevoir son exécution qu'après avoir été approuvé par la régence , le duc de San-Garlos partit pour le mettre sous ses yeux. Les instructions du Roi à son ministre, étaient, ainsi qu'il est facile de le deviner, de deux Sortes; il en eut de patentes et de secrètes (1). Par les premières , il devait simplement engager la régence à approuver ce traité , comme avantageux à l'Etat ; si , composée de sincères et zélés royalistes , elle faisait des difficultés de le ratifier , il devait par les secondes , lever tous ses scrupules , en ne lui dissimulant point que l'intention de Ferdinand était d'en agir comme François I". Les obstacles et les retards que le duc éprouva en dispensèrent le Monarque espagnol.
(1) Voyez Schœll , Histoire des Tnûté» de Paix » tome X , chapitre XLI , page 3a 9.
CltAPÎTKE i. • l5
Le hasard ménaâ^ea à rEmperéur l^occasion Négociation d'ouvrir de nouvelles négociations avec les hautes **«. puiBsance» puissances alliées. Le baron de Saint*Aignan , un de ses ministres près les cours de Saxe, arrêté comme prisonnier , réclamait près du comte de Mettemich, contre cette infraction du droit des gens.
Dans ses entrevues à Francfort, il reçut du comte de Mettemich , du comte de Nesselrode et de lord Abe^deen , des ouvertures faites comme une sorte dé réponse à celles dont Napoléon avait chargé le comte de Merfeld , lorsqu'il l'avait renvoyé sur parole (i). Sur le rapport du baron de Saint-Aignan , le duc de Bassano dans une lettre du 16 novembre au comte de Mettemich , propose l'ouverture d'un congrès à Manheim, pour y discuter la paix t< sur la base de^ l'indépendance » de toutes lés nations , tant sous le point de vue » continental , que sous le point de vue mari* » tîme. » Le ministre d'Autriche , dans une lettre du 25 novembre , répond que ce principe un peu
(i) Le reid«Mârëclifdl-liMt«ikftnt , éomte de .Meffcld, Ttra des ^léliipoteatiaires dé Gampo-Foritiî^., ctHEnfbdndiiit tine division antrichieime à. la batfdlle de Leipzig^ Dans la soirée du 17 octobre , ayant voulu forcer le passage de laPleisse au gué déDœlitz, il eut son cheval ttié sôus lui , et fut (kît prisonbier. Amené devant Napoléon, celtiUci qtà. coÉdmexiçait à senitif rembarras de sa position , le renvoya sur pfurôle , et le chargea de propositions de paix c[ui restèrent sans réponse.
i6 Campagne de 18149
Tague , ne peut remplacer les bases générales et sommaires données au baron de Saint-Aignan ; savoir : la France resserrée dans ses limites naturelles , entre le Rhin , les Alpes et les Pyrénées ; l'Espagne sous sou ancienne dynastie; l'Italie, FAlIemagne , la Hollande rétablies comme états indépendans de la France et de toute puissance prépondérante.
Le duc de Yicei^ce réplique le a décembre, que TEmpereur adhère à ces bases générales et sommaires j et sous la date du 10, le comte de Mettemich annonce que les Souverains, réunis à Francfort, ont reconnu avec satisfaction que a l'Empereur des Français avait adopté des bases 9> essentielles au rétablissement d'un état d'équi- )> libre et à la tranquillité future de l'Europe ; » qu'en voulant que cette note fut portée sans 3> délai à la connaissance de leurs alliés , ils ne » doutaient point qu'après la réception des ré- 3) ponses, les négociations ne pussent s'ouvrir. »
Cette réponse qui en suspendait le cours , était cependant un gage que l'Empereur pouvait donner de ses intentions pacifiques; rien ne l'obligeait donc à différer davantage l'ouverture du corps législatif. Il lui importait d'ailleurs, et le discours d'ouverture lui en offrait le moyen , de combattre indirectement la déclaration que les alliés venaient de faire le 1" décembre, et à laquelle avait donné lieu l'exposé des motifs du
6eiiatu5*coiisulte du i5 nc^yembre dur la léVée de 3oo mille jhommeâ.
L'orateur, du gouvernemeut avait peiiit les ré- ^^^^^Î^^^'J^ sultats de l'invasion sau& le^s plus fortes couleurs* ^'^ décembre. ce La Pologne, avait-il dit, la Pologxie avilie ^ » partagée^ détruite, opprimée est ai^e i^çon )} teiTible et vivante pour la France meiii^t^éQ par 99 les mêmes. puissances qui sesçnt dji^pa(éje» » lambeaux de cette nxoqarcbie* )) Le rapporteur de la commission avait aussi rappelé ces mptj^ de rimpératrice au sénats dans la sédnc.e à^qj oc-^ tqbre : « Je connais mieux que persozme ^ ce » que nos peuples auraient à redouter ^ . s'ils se )) laissaient jamais vaincre. » Soit que ces, mots >
parussent aux puissances ^ soit que la politique «^
leur conseillât d'y voir une /^ropocâ^Tt, ellea^ jugèrent opportun d'y opposer la décla.ratioju ^ i" décembre* « Elles y promulguent à la.^e 44 . . ^i- » monde les vues qui 1^ guident ,Jles principe» ..^rri » qui Cont la base de leur conduite, .l^urs voeux; \
i> et leurs déterminations^ >). £n cpnséquexiçe^ le$ Souverains alliés proclamèrent : a qu'Usine fçti- ^^.^^ » soient point ta guerre à la France; qu'ils défii^ .» rent qu'elle soit grande jjorte et h^reUfSe ; qae » le commerce y renaisse ; que Ip^ arts y reileur » rissent ; que son terrifçire conserve une étendue » qu'elle n'a Jamais connue sous ses Jiois j parce ^^^ » que la ptussance française grandç et fottç , çst » «n Europe »»« d«s ha^^s fondam^W«B 4»
" lu'"'"'
l8 CAMPAGNE t>E t8l4 y
v)> réiliiice social; parce qu'un grand peuple ne » saurait être tranquille qu'autant qu^il est heu- 7> reux ; parce qu'une nation valeuk*eiïse ne dé- » choit pas pour avoir à son* tour ëpirouvé des V revers dans une lutte opiniâtre et sanglante......
» C'est à l'Empereur seul qu'ils font la guerre , » ou plutôt à celte prépondérance qu^il a trop A long^temps exercée hors des limites de sou Si empire , pour le malheur de l'Europe et dé la
Ai^sî tout dans cette déclaration tendait à sé-
paTei*ifei cause de Napoléon de celle de la France.
Ouverture de ' Le' corps léffîslatif ic réuttît donc le lo décem-
U session du / i # ' i ' * i
corps légisia- bt^, cu prescuce du sénat et du conseil d'état. Le diiscours que rEmpereui* y prfanonVîâ produis ^t sur les députés et sur le public de vives impressions^ Nonobstant les expressions outrées et inconvenantes, que la censure trouvait k y reprendre, les coeurs s'ouvrirent à ^espérance aux passage^ où 'il annonça, « que des négociations h britéêeehtàrhëèsai^ec les puissances j qu'il adhère » aux bases préliminaires qu'elles otit posées; 3) que les retards apportés au congrês^'Oe Man- >V'h)ekn ne sont pas attribués à la France; qu'én- » fin Aeix ' ne }s' oppose de sa part au rétablisse-i> inèrit dëïapctix; qufilsent tout ce qu^ elle ajoute w àia séciiHtë des trônes et au bonheur' des fa-j5' tnillesi 'î) ^n applaudit ètirtoùt h la communica" ft'ô'/^t[u'i^ veut faire au corps législatif </e toutes les
pièces originales qui se trouvent au portefeuille des relations extérieures; on convient que « les » nations ne traitent avec sécurité qu'en déy> ployant toutes leurs forces^ » Et dans Topinion de tous, les sacrifices me coûteront rien aiîx Français dès qu'ils auront la paix pour objet.
Ce discours ajGfaiblit TefFet qu'avait produit la déclaration des puissances dont quelques copies commençaient déjà k circuler, et arrêta les bruits xju'on répandait sur un projet de TEmpereur de se faire déclarer Dictateur , et d'établir des espèces de proconsuls dans les divisions militaires; la dernière partie de ce projet fut néanmoins réalisée par le décret. du 26 décembï'e ; mais il bornait les attributions de ces commissaires aux simpies mesures de défense^ de haute administration- et de police ; et l'effroi qu'avait causé l'annonce de la mesurie, étant ainsi calmé, l'on ne s'attendit plus à voir revivre en eux l'énergie ou l'extravagance des représentans en mission.
Un décret du 20 ajoute aux espérances qu'avait çommUsians
' ^ • . ^ •■' du sénat et du
données le discours d'ouverture. Il crée dans le corps légisiafiénat et le corps législatif les commissions desti- recevoir les nées à recevoir la commimicatioû des pièces di- tions aes pièplomatiques.ElIes sont composées dans chacun de ques. ces corps du président et de cinq autres membres, nommés chacun par un scrutin séparé, à la majorité absolue des suffrages. Ce décret est porté le
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lendemain au sénat et au corps législatif. Un des orateurs envoyés au corps législatif retrace dans un discours mesuré les guerres qui se sont guccédées depuis 1 79a , y défend la France du reproche d'agression , et développe les espérances de paix puisées dans la déclaration même des alliés dont il cite les expressions les plus favorables.
Mais ce discours ne parait dans le Moniteur du lendemain qu'affaibli, tronqué 5 sans couleur. Les dispositions pacifiques de l'Empereur y sont peintes en traits moins prononcés. Le passage du discours relatif à la déclaration des puissances a disparu. La défiance renaît parmi les députés ; elle se manifeste par des plaintes et des murmu* res, et inflpe sur le choix des commissaires. On rejette les listes qui circulent et portent le nom de députés placés dans la dépendance du gouvernement , et Ton accueille avec empressement les assurances données par quelques-uns que TEm* pereur ne veut point d'hommes^ lui dans la commission 9 et désire même qu'on exclue un député , d'ailleurs estimé de l'assemblée, parce qu'il est allié d'un ministre (1). Dans les conférences, le plus grand nombre s'accorde à élire des
(i) Fea M. Fdget de Banre, bcan-frère du comts Daru.
GHAPITKK I. ai
hommes indépendans , de professions libres et qui n'aient point mainjué dans les partis con^ traires de la révolution; d'un caractère et d'un mérite toutefois assez reconnus, poar voir et proposer ce qui pourra contribuer à la paix, et alléger à la France le joug du pouvoir arbitraire. Les choix sont faits dans cet esprit , et tombent $ur MM. Raynouard, Laine, Flaugergués 5 Gallois et Maine de Biran.
Pareille commission se forme avec moins d'efforts •' dans le sénat ; elle désigne aussitôt pour rapporteur M. de Fontanes. Le rapport adopté le 27 , présente le tableau des négociations et tend : à porter les Français à tous les sacrifices , en prouvant d'après les pièces diplomatiques , qu'ils n'auront pour objet que la paix.
. Le rapport au corps législatif fut le sujet d^une plus longue diseussion chez l'archi-chancelier , entre la commission et les comuiissaires du gouvernement. On s'accorde enfin » et le rapport est fait dans la séance du a8 décembre»
Tout en communiquant à la commission les autres pièces diplomatiques , on ae lui avaife pas soumis les bases générales et sommaires^ par le motif qu'il fallait les tenir secrètes > afin de ne pas décourager les habitans des pajs qu'on devait abandonner , et que les armées occupaient encore. .Ce motif parut plausible à la commission, qui d'ailleurs avait trouvé dans la der-
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nière lettre du comte de M ettemich , un gage irrécusable de radhésion de TEmpereur aux basea que les alliés eux-mêmes reconnaissaient comme essentielles au rétablissement de l'équilibre européen. En présentant le résultat des commu* nications qu'elle avait reçues , la commission comme celle du sénat insistait sur la nécessité de préparer la guerre pour avoir la paix ; mais elle ' foSlifn^* émettait le vœu que Napoléon opposât à la décla- ^"la^tifT ^^ ration des puissances, une déclaration propre à désabuser la France et l'Europe , du projet qu'on lui prétait de vouloir conserver un territoire trop étendu ou une prépondérance contraire à l'indé* pendançe des nations ; . puis elle ajoutait : ce ce 3) n'e^t pas assez pour ranimer le peuple lui->même« » D'après les lois , c'est au gouvernement à pro- » poser les moyens qu'il croira les plus prompts » et les plus sûrs pour repousser l'ennemi et asr » seoir la paix sm^ des bases durables. Ces moyens D seront efficaces , si les Français sont couvain-* » eus que leur sang ne sera versé que pour dé- » fendre une pairie et des lois protectrices. Mais )) ces mots consolateurs de paix et de patrie, » retentiraient en .vain , si Von ne garantit les » institutions qui promettent les bienfaits de » l'une et de l'autre»
» U parait donc indispensable à votre commis«- » sion , qu'en même temps que le gouvernement » prQpQ9er les mesures les plus promptes pour