CHAPITRE XI
Nangis et Mormant donnait prise sm* lui; que son intention , en poussant son corps et ceux de Wrède et de Wurtemberg sur la rive droite de la Seine , était moins d'avancer sur Paris , que de les établir à Montereau , Donnemarîe et Provins , de manière à faire front sur le flanc droit de l'ennemi; qu'il eût à se retirer le lendemain au point du jour à Provins , laissant seulement son avantgarde échelonnée à Nangis; à occuper Villcnoxe par deux bataillons et quelque cavalerie; à s'éclairer sur la Ferté-Gaucher et Coulommiers , et enfin , dans le cas où il serait forcé de se replier, à se réunir à la grande armée par Bray.
^ La position générale de la graade armée le 16 au soir , était donc :
Les réserves russes aux environs de Nogent , avec ôi^rede rompre le pont de Pont; le comte de Wittgeustein à Nangis , son avant-garde à Mormant ; les Bavarois à DonneiAarie , la division Hardegg à Nangis ; les Wurtembergeois à Montereau, s'éclairant sur les routes de Melun et de Nangis ; le comte Biancfai entre YilIeneuveJa^Guyard et Moret , son avant-garde à Fontainebleau; le comte Giulay à Pont-sur-Yonne; les réserves autrichiennes et la division légère du prince Maurice de Liechtenstein à Sens.
Sur Les ailes de l'armée à droite , le général Diebitsch continuait à courir sur les derrières du duc de Raguse , et le prince Lubomirski obser-
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yait le Grand-Morin à Meilieray. A gauche , FheN man Platow s'était emparé de Nemours; les co« saques du général Seslavin répandaient l'alarme jusqu'aux portes d'Orléans.
Tel était l'état des choses, lorsque le 17 fé-* vrier au point du jour , Tarmée franchise s'éhranla. Le général Alix avec sa division et la caralerie retirée au général Montbrun , ajant Tmâmterie du comte Charpentier pour réserve , se porta de Melun sur FontaineU'eau dont il chassa la divi-* ^ sion Hardegg. Le comte Pajol partit de St.*Ger-» maiu-de*Laxis, délogea les chasseisrs wurtembergeois du Châtelet et des Ecrecmes , et les ramena jusqu a TEcluse, où le prince Aidaim de Wurtem^ berg avec sa cavalerie et mille ivcontnds d'îafaziterie le tint en échec , jusqu'à l'ararrée de ht division Pacthod qui prit position au Pietît-Clhàteleti Combat de L'E^upercur à la tête du a* coorM, se mit en
formant. *" , * ,
marche sur Mormant , et découvrit T^imeiiii à la hauteur de l'Etang : c'était le comte de Pahlen qui se retirait sur la grande route, ses flancs couverts à droite par deux réginieiis de cosaques» à gauche par 4 escadrons de hussards ou lan^^ers avec deux escadrons en réserve; sa forcefîit évaluée à 2,5oo fRmtassins e:t i vBoo chevaux.
Le duc de Bellune se déploya de pied ferme eu avant du village de Péqueux , la réserve de Paria au centre du 2^ (corps d'infanterie, ayant ia division GhÂteau à sa <lroite 9 et la division Dahesme
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à sa gauche; le comte de Yalmj avec les diyi- 6ioBS de dragons rHéritîer et TrelUard prit la droite de .cette ligne : le comte Milhaud la ganehe aviec les divisions Kré et Bricbe. Les ii* et «j** corps d'infanterie qui arrivèrent ensuite, formèrent seconde ligne, et la garde reserve à Guignes.
Napoléon , voyasit la faiblesse du corps qui se repliait, doubla de vitesse pour le joindre : le duc de BeUane se mit en mouvement sur M ormant au pas aooélére , tandis que les comtes Mîthaud et Yalmy , tournaient ce viUage par ses flancs. La brigade Suj>ervie fit un quart de conversion à droite et sabra les tirailleurs, tandis que le gén&xbI Pire , avec sa seconde soutenue par la division Briche, se portait au trot sur les escadrons russes , que de aon côté , le comte de Valmy était sur le point d'atteindre dans le même ordre avec les dragons des généraux Trelliard et THéritier.
Cette attaque adaptée à la nature du terrain , qui de Guignes à Nangis est une vaste plaine en labour , renfermée entre TYvron et rAncœur, eut un plein succès , et Mormant futà^peine disputé. Le chef de bataillon Gérard avec le 5* bataillon du 3a®, j entra au pas de charge. L'ennemi pressé de toutes parts , était déjà dans un grand embarras, lorsque le général Drouot s'avança ' avec toutes les batteries de la garde. Ecrasé par le ieu d'environ 36 pièces qui sillonnaient ses
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masses, il ne songea plus qu'à s'échapper, et la cavalerie seule y parvint; l'infanterie ,aban^ donnée à elle-même dans cette vaste plaine , se forma vainement en carrés ; abordés par les dra* gons des généraux Milhaud et Yalmy , ils mirent bas les armes. Un seul essaya de se sauver en se jetant vers le marais d'Ancœur; mais assailli eu queue par les 4^ et 16® dragons , et en tête par les 6® et 1 3® , il fut enfoncé et obligé de se rendre.
En vain le comte de Pahlen cherchant à se soustraire au châtiment de son imprudence , consumait le temps en messages inutiles auprès du comte Hardegg, pour l'engager à le soutenir; ce général mieux avisé , qui avait deux régimens de cavalerie à Bailly , et son infanterie à Nangis ^ s'y réfusa , et commença son mouvement de retraite. Il ne fut pourtant pas asse;^ prompt pour éviter que les uhlans de Schwarzenberg et les hussardsde Ferdinand, qui formaient son arrière^ garde , ne fiassent joints au défilé du bois de Nangis, et rudement chargés par le général Pire. Quelques escadrons s'était jetés sur la route de Provins, furent poussés l'épée dans les reins jusqu'à la Maison-Rouge*
Déjà 11 pièces de canon, 4o caissons et au^ delà de ^,000 fusils étaient tombés entre les mains des vainqueurs ; les fuyards se sauvaient sur Provins et Yilleneuve-le-.Comte : l'Empereur ordonna de les poursuivre dans toutes les. directions;^