‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 92 sur 129 · CHAPITRE. XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE. XI

Cette petite ville s'élève sur les deux rives de la Seine, réunies par un pont; ses maisons comme toutes celles, de la contrée sont en charpente y garnie d'un torchis dans lequel il entre: beaucoup défaille: la toiture^ de la plupart est en chaume.

La brigade Gruyère formant tête de colonne , aborde l'ennemi à la baïonnette , et le culbute sur. le pont. Celui-ci y met le feu , se rallie de l'autre côté et engage une vive fusillade. Le feu se communique du pont aux premières maisons de la rive droite, bientôt un vent du nord propage tellement l'incendie, que les Russes étouffés par la fumée et la flamme, sont obligés d'évacuer. Les tirailleurs français passent en déterminés sur .les poutres enflammées du pont et vont s» poster au-delà de la ville ; le général Gi:uyère les suit.au pas redoublé avec le reste de sa brigade dans l'intention de donner la chasse aux fuyards;, mais voyant l'armée de, Silésie en bataille sur deux lignes dans la plaine, à cheval sur la route, d'Arcis , il prit position devant la ville. La fu-, sïUade continua jusqu'à la nuit et mit hors de combat cet oiEcier général. Privées de leur chef, les troupes , repassèrent alors prudemment la Seine et bivouaquèrent sur la rive gauchç.

Les premiers pas des autres corps de l'armée française qui s'étaient mis en marche dès Je ma^ tin, furent également marqués par des événe^

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mens d'heureux présage. La cavalerie du duc de Tarente surprît et enleva un poste de .2100 che^ Taux à PaTiiion ; une compagnie entière de chasseurs, séparée la veille de la division Maurice Liechtenstein par la reconnaissance du gén^I Ameil , se laissa prendre et amener au quartier-* général par 5 coureurs. L'escadron d'avantrgarde du général Gérard mit en fuite près de Villeneuve la horde de cosaques de rhetmaa Plar to^, après lui avoir fait une cinquantaine de pri* sonniers.

A midi , l'armée débouchant sur trois colonnes dans la plaine de Troyes , la vit couverte d'ennemis. Les corps de Wrède , de Bianchi , de Giu" lay, ainsi que les réserves autrichiennes étaient déployées , la droite appuyée à la Seine en- face de Yillaoerf , la gauche se prolongeant pardelà Moaguttux jusqu'à Saint - Germaiii ; leur cavalerie j^cée en première ligne, l'infanterie en seconde , el ils avaient pour réserve trois divisions de cuirassiers russes , celle de cavalerie légère de la< garde russe , et la brigade de cavalerie de la garde prussienne , le tout sous les ordres du grand^duc Constantin^

A la vue de cette ligne imposante, l'Empereur croyant les alliés décidés à accepter la bataille , ne voulut pas l'engager avant d'avoir toutf^s ses forces réunies : en conséquence il donna l'ordre au comte Gérard de presser sa marche , de ve-

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Aîf encore le soir même s'établira YUIemaur, et âé se Ker par Pniriay avec le duc deTarente^ qui ôeipuparËehemiQes^et Pavilloû. Le due de Regr gio tùriÈià &xft Grez la gariche de k ligne. La garde impériale se tint en' réserve à GfaAtres. Enfin le comte Grotroby qui arprès le dénoter combat dé Stontiâtiirail^ , s'était dirigé par la traverse de Ftanibôuin sur Provins , dans Fespôir de couper le prince de Lubomirski qu'on ne savait point avoir été rallié par le général Diebitscb , reçut Tordre d'accélérer sa marcbe, et de rejoindre au plutôt sur la route de Nogent

L'attente d'un grand événement agitait tous les esprits : l'Empereur qui n avait plus d'espoir que dans une bataille , se félicitait que le prince dç Schwarzenberg prit la résolution de la lui livrer; car l'inconvénient d'avoir une rivière à dos balançait chez les AUiés l'avantage de la supériorité du nombre. Ajoutez qu'ils étaient en quelque sorte démoralisés par la série de revers qu'ils venaient d'essuyer , et l'irrésolution du généralissime. Jamais au contraire depuis l'ouverture de la campagne , les Français n'avaient montré plus d'ardeur, et pour Napoléon aussi exercé à tirer parti de cet enthousiasme guerrier, qu'habile aie faire naître, il devenait le sûr garant de la victoire. Reléguée entre l'Âube et la Seine , la position de l'armée de Silésie sur son flanc gauche ne lui causait nulle inquiétude. Pour jeter un pont

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de vive force sur le fleuve , ou venir au secours delà grande armée, il lui faUait au moins vinglh quatre heures. Or, dans icet intervalle ia, grande question eût été décidée , et rien n aurait empêché TEmpereur de ^volera la rencontre du feld« maréchal Blucher , et de rendre Troyes à jamaia célèbre par une double victojre remportée devant ses murs sur les armées de l'Europe Ijguée contre lui*

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