‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 98 sur 129 · CHAPITRE Xlt · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlt

La grande armée aux ordres du prulce de Schwarzenberg considérée comme le centre^ devait se tenir en observation , tandis que celles de SUésie et du Midi regardées compie ailes, prendraient l'offensive avec vigueur , favorisées par ses manœuvres et les diversions qu'elle tenterait en cas de malbeur à l'une ou à l'autre^

On statua que le congrès ouvert à Gbâtillon liepuis le 4 février , fixerait au plutôt les bases des négociations pour amener la paix; et que dans le cas où Napoléon consentirait à un armistice , la Saône et le Rhône formeraient la ligne de démarcation des armées alliées.

Les résolutions de ce Conseil s'écartaient tellement des principes militaires , et portaient le cachet d'une si grande pusillanimité , qu'elles trouvèrent d'aigres censeurs parmi les chefs des divers corps alliés. Ils murmurèrent et se plaignirent hautement d'être les jouets de la politique versatile du cabinet autrichien ; et le généralissime pour appaiser tant de braves gens , humiliés d'une retraite que rien ne commandait , crut nécessaire de leur en développer les motifs dans une circulaire (i), qui servit de texte à plus d'un malin commentaire.

Quoi qu'il en soit , l'évacuation du pays jusqu'à l'Aube étant résolue , elle eut Heu sur les routes

(0 PIotlM) , Dritter. Theil , VIU. Kapitel, Seite a33.

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de Bar et de La FeKë , sans qa'on songeât à dis^ pu 1er le terrain sëriensement Comi>at c'e Le. ^6 février après-midi 4 le comte Gérard ae B«r. formant tête de colonne du duc de Reggîo , se présenta devant le pont de Dolencourt garde par la division Hardegg. Le général Duhesme remporta à la baïonnette , et poursuivant les Au^ trichiens au pas de chaire , entra dans Bar pèle^' mêle avec eux malgré le feu croisé de leurs batteries. Le duc de R^gio qui suivait avec le reste de ses troupes , plaça alors la 2* division du comte Gérard sur les hauteursr des Filles-Dieu , laissa la division Pacthod sur celles de la Are gauche de l'Aube à la garde du pont , et fit prendre position dans la vallée à droite , au 7* coi^ps d'infanterie et au 2* de cavalerie.

Le comte de Wrèdc s'était retiré, et n'avait laissé pour observer les Français , que Tinfanterie légère de Wlastow et la division Hardegg, dans les vignobles à gauche de la grande route. Cependant , infoimé sm' les six heures du soir, que Bar n*était occupé qu'avec peu de monde, il crut pouvoir l'enlever d*un coup de main. La situation de cette ville , encaissée entre les hauteurs des Filles -Dieu et la côte de Spoy dont l'Aube baigne le pied , ne lui eut sans doute pas permis de s'y établi , tant que les Français seraient restés maîtres des berges de cette rivière ; mais il fit peu d'attention à cette circons-

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tauce , et se flatta aans doute de surprendre la garnison.. Il poussa deux, bataillons eu oolonne serrée par le Caubeui^g de Ghaumont jusqru'à la porte dont ses tirailleurs s'emparèrent sans coup férir. Alors la colonne, s'avança avec confiance dans I^intérieur de la ville , et pénétra sans grand obstacle jusqu'à la place où se trouvait un batail* Ion de piquet. Celui-ci la voyant à portée, la reçut par une décharge qui jeta le désordre dans ses rangs; puis marchant contre elle à la baïonnette , la reconduisit battant jusqu'à l'extrémité du faubourg d'où il avait débouché. Cette entreprise téméraire coûta près de 3oo hommes aux Bavarois et à peine 5o aux F.rançais.

De son côté le duc de Tarente avançant sur une route déjà abandonnée , poussa jusqu'à Essoye , Landreville et Loches , postant sans peine sa cavalerie à Fontette. Une division d'infanterie et une de dragons foirent portées avec son quartier-général à Mussy-l'Evêque , d'où l'on éclaira les routes de Langres et de Chàtillon. Le parc resta à Bar-sur-Seine.

Ainsi à l'époque du 26 février , le gros des Alliés se trouvait rejeté entre Bar et La Ferté derrière l'Aube, et la retraite jusqu^au revers de la chaîne du Morvan paraissait irrévocable , lorsqu'un incident renversa tout le plan de Yandœuvres , et reporta de nouveau la grande armée à Troyes malgré le généralissime. Mais la mairche

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naturelle des évériemens exige que nous en su^ pendions quelques insUins le récit, pour rendre compte des opérations de l'armée de Silésie, qui va dans le cours de cette période , absorber toute Tattention de TEmpereur.

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