‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 99 sur 129 · CHAPITRE XllU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XllU

CHAPITJEIE XIII. ■

Marche de V armée de Silésie sur Paris , par la dallée de la Marne. — Jonction des corps des ducs de Raguse et de Trévise à La Ferlé. -^ Combats de Meaux^ de Lizj, de Gué^à-Trême et de Neùillf 'Saint-Front, — Marche de Napoléon sur les derrières de V armée de Silésie. — Capitulation de Sois sons. — Jonction de V armée de Silésie a^ec les corps de Bulow et de Winzingerode. — U armée combinée du Nord et de Silésie repasse V Aisne.

« (Consultez pour les marches , la carte des ponts et chaussées ^ de TEmpire; et pour les positions, les feuilles de Cassini , n* 44» 45, 46; 79, 80 et 8i.)

l j' ARMÉE de Silésie repoussée à Méry, le 32 février , par le général Boyer , se maintenait dans sa position sur la rive droite de la Seine , quand le maréchal Blucher apprit le 23 , que le généralissime renonçant à livrer bataille à Napoléon, évacuait Troyes , poursuivi par Tarmée française. Dès ce moment , se croyant abandonné à lui^ même , il jugea n'avoir rien de mieux à faire que de passer l'Aube , de se jeter sur le corps du duc de Raguse , et d'obliger par-là Napoléon à faire 1. â3

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un gros détachement, qui le forçât à se tenîr avec le re&te ^ur la défeaûve : maso^ivre basée sur uu principe erroné , dont l'application lui avait été récemment si funeste. '

D après cette résolution , il détruisit les ponts d'Arcis et de Plancy , et mit loutes ses troupes en marche le a4 février de très-bonne heure , en iiQrte qu'elles se trouvaient entre Saron et Anglure , lorsque dans la soirée , un courier lui apporta Tordi^e du généralissime de se diriger par Piney surLesmout et Dienville derrière. l'Âube , poi:^r prendre la droite de la grande armée. Dans M position actuelle de l'armée de Silésie , ce mouvement présentait de graves inconvéniens.

Il fallait remonter la rive droite de l'Aube, au risque de voir entamer l'arrière-garde par le général Boyer qui déboucherait de Méry, outrepasser cette rivière à Plancy ou Arcis, en présence de l'Empereur , qui de Troyes pouvait se porter visiè*'via ces débouchés, et la culbuter avant <cp&'elle eût le temps de se formiei\ Celte altei^ native sembla trop désavantageuse au £did*-maré- ^dial, pour qu'il ne préférât suivre son premier projet. Il s'excusa donc auprès du généralissime ^e ne pouvoir exécuter ses ordres ; et se jugeaisi ^s-lors maître de suivre Sa première idée , il se ^dirigea en deux colonnes, par Barbonne et Cbicbey , sur Sézanœ.

Eetrûte du . Le duc de Bagttse qpi s'y trouvait en ob&ervar

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lion , jfbt loin de penser , voyant déboucher duc de Ra- Temieim par ces chemins détestables , qu'il pre»naii Tolfensive contre lui , et supposant que c'était uu corps pressé par TËmpareur , qui cherchait à s'échapper , il détacha tioo cheraux «ur les hauteurs de Pleurs , > pour larréter dans }e cas où il chercherait à se retirer sur Chàlons après avoir été battu , ou le harceler s'il vou*lait gagner Château " Thierry , sans avoir été entamé. 11 se disposait à appuyor cette reconnaissance avec le reste de ses troupes, Ibrsque elle fut raoïenée par la cavalerie du général Kor£ Comme le maréchal était très-faible, et qu'il lui avaitjété recommandé de ne pas se cpmpro* miettre , il prit le parti de se retirer sur les hauteurs de Vindey , un kilomètre en arrière de Séaanne^ et d'informer promptement TEmpereur de la marche de l'ennemi.

Pendant que ceci se passait sur les bords de Le duc de l'Âube , le duc de Trévise qui depuis le 1 5 février, poriiTur u observait de Villers-Cotterets , le corps de Win- ^*^''* .zingerode , s étant «perçu qu'il se jetait sur la Marne, laissa dans Soissons le général Mo^ean avec une bonne garnison , et se porta en deux marches à Château-Thierry, où il se réunit le 124 au corps volant du général Vincent.

Le 25, le duc de Raguse toujours incertain des plans de son adversaire,mais siiiifisominent éclairé

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sur ses forces , se retira à La Ferté^GauéUér, d'oÀ il se porta le lendemain par Rebais , à La Fertésous- Jouarre. Son arrière-garde fut serrée de près sur lés deux rives du Morin , jusqu'à La Ferlée- Gaucher; mais le feu de Tartillerie légère tint les Alliés à distance respectueuse. Le feld- maréchal prussien , informé par divers rapports qu'un détachement de gardes nationales occupait encore Montmirail , y envoya un parti de 5oo chevaux , avec ordre d'éclairer le pays entre Epernày, Château -Thierry et La Ferté-sous- Jouarre. Ses patrouilles lui ramenèrent, dans la matinée du 26 , un officier de l'état-major du duc de Trévise , expédié de Château -TWerry , en mission près du duc de Raguse. Ses dépêches et ses réponses donnant à croire au feld-maréchal , que le. duc n'avait pas moins de 8 à 1 o mille hommes , il craignit malgré sa supériorité , d'effectuer le passage de la Marne, en présence des maréchaux français , et préféra manœuvrer dans la vue de tourner leur droite, et de la franchir sans combat. En conséquence , le 27 au point du jour, les Prussiens s'avancèrent par Rebais sur Jouarre et La Ferté , tandis que les Russes se portèrent des environs de Coulommiers où ils avaient couché , par St.- . Jean-les-deux-Jumeaux sur Trilport. Lç général ^Korf avec 4*000 chevaux , fut chargé d'observer

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ie La Ferté- Gaucher, les mouvemens que les Français pourraient faire des bords de l'Aube ou de la Seine.

Cependant le duc de Trévise, mieux instruit\j^^°*^*j^\^;f qu'on ne le supposait, se rendit le même jour ^^'^^^^^^l La Ferté ,* ordonnant au général Vincent de *«• former l'arrière -garde avec :âoo dragons , 100 gardes d^honneur et 5oo hommes d'infanterie.

Les maréchaux français ne voulant pas courir le risque de se Jaisser couper de Paris , passèrent le même jour la Marne à La Ferté , en brûlèrent le pont, et se dirigèrent sur Meaux. La division Ricard fut envoyée entre Trîlport et Monceaux pour couvrir ce mouvement rétrograde , qui demandait de la célérité ; malgré cette pré* caution, divers accidens faillirent les jeter daiis la situation la plps fâcheuse. II ne restait à Tril-^ port qu'un méchant pont de bateaux , sur lequel la cavalerie Doumeirc eut beaucoup de peine à défiler ; ce qui retarda le passage de Tin* fdnterîe, et donna le temps aux Russes devenir en chicaner la destruction.. On se félicitait d'ar voir réussi à le rompre , et l'on continuait la marche sur Meaux , loi^qu'on fut informé qu'un parti envoyé parle général Saoken ; pour faire des démonstrations contre cette place , qu'il supposait fortement gardée., était au moment' de s'en emparer. ' * ■- -

Meâux est divisé en trois parties par la Marne combat a«

Meaux.

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et par le bras de cette rivière où est recluse 4e navigation; la plus considérable est sur la rive droite ; elle est traversée par la grande route de Ghàlons à Paris ; là seconde partie forme une île ; la troisième occupe Tisthme de la pre^ qti'ile formée par les sinuosités de la rive gauche; celle-ci traversée par la roule de Coulom*mier; , et dominée de près par la colline sur laquelle cette route s'élève à traders un faubourg , est appellée le GoroiUon , du nom d'un ancien ouvrage qui eouvraît Ttstliiiie. Les Iroîa parties de Meatix sont réunies par des ponts de pierres. Leur eïieeînie autrefois défendue par un mur flanqué de tours, en avant duquel régnait un large fossé, mais alox^s presqu entièrement effacé , ne les mettait guère qu'à l'abri d'ineur-» sion , attendu qu^on ne s'était pas sérieusemeiit occupé de relever ses anciennes fortifications,^ et qu'on s'était borné à construire des tambcmra k ses portes*

Lorsque l'armée française y entra par celle de La Fer té , le parti du général Sacken occupait déjà le Cornillon et le premier pont de la Marne^ La ganaison ibrte de 1,600 gardes nationaux mal commandés 9 s'était dissipée au premier coup de carabine. Encore .quel(|nes minutes, et l'ennemi devenait maître de l'île et de la ville. 11 avait déjà dans le massif de la porte de Cornillon de l'in* £cinitejrie qui fusillait; tout œ qui se présentait vers

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