‹ Mémoires pour servir à l'histoire du chapitre de la cathédrale de S. Jacques de Montréal [microforme]Chapitre 21 sur 49 · RE · texte numérisé non relu

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A cette époque, Kingston se trouvait absolument dénué d’Etablissements religieux, et Mgr. Gaulin, qui en était alors Evêque, en était réduit à n’avoir auprès de lui, pour la desserte de sa ville Episcopale, qu’un ou deux prêtres qui n’avaient, pour faire leurs fonctions que la modeste Eglise de St. Joseph, changée aujourd’hui en maison d’Ecole.

Les Sœurs de la Congrégation, instruites de cet état de pénurie dans lequel se trouvait ce diocèse, et prévoyant tout le bien qu’il y avait à faire dans cette ville, où les catholiques étaient si délaissés, s’offrirent généreusement pour cette mission, qui fut pour elles, dans le principe, l’occasion des plus pénibles sacrifices, mais qui, avec le temps, est devenue une source des plus abondantes bénédictions ; car c’est à dater de cet Etablissement que cette Communauté a pris un accroissement prodigieux. Mais il leur fallait, pour faire cette fondation, un Prêtre éclairé pour les diriger au nom de l’Evêque, qui ne pouvait se charger de ce soin. Personne ne fut jugé plus propre à remplir ce ministère apostolique que Mgr. Prince. Au prernier appel qui fut fait à son zèle et à sa charité, il n’hésita pas à tout quitter encore cette fois. Il a donc sa part aux fruits de bénédiction que porte aujourd’hui la mission de ces bonnes Sœurs à Kingston, qui obtient un trèsgrand succès ; et comme il a en même temps préparé les voies à l’Etablissement des Sœurs de l’Hô-

tel-Dieu dans cette même ville pour le soin des pauvres malades, sa récompense aux yeux de Dieu n’en sera que plus grande.

Les services de M. Prince à Kingston n'étant plus aussi nécessaires, il fut rappelé à Montréal où l’attendaient de nouveaux travaux. Il s'agissait de régulariser certaines œuvres de charité qui se faisaient par une vertueuse veuve, Madame Gamelin et une pieuse demoiselle qui s’était associée à sa charité, en jetant les fondements d’une compagnie de Filles de la Charité semblable à celle fondée en Europe, par St. Vincent de Paul. Un noviciat fut ouvert à cet effet le 25 Mars, 1343. Madame Gamelin et les nouvelles novices formèrent une petite maison de Providence, pour le soin des veuves les plus délaissées. Des Dames charitables s'étaient faites

leurs protectrices, et l’œuvre acquit avec le temps

assez d'importance pour mériter l’attention de la

Chambre qui l’incorpora en 1841.

Mais pour former ces nouvelles Sœurs à la vie religieuse, il fallut que M. Prince fut mis à contribution. L'intérêt qu’il portait aux misères les plus répugnantes à la nature, le remplit d’une telle charité qu’il sacrifia tout pour.cet Institut naissant dont il fut directeur. Pendant plus de cinq ans, il n’épargna ni les travaux, ni les veilles pour former dignement ces jeunes religieuses à la vie de Cominunauté : tellement qu'après Mgr. Bourget, cette com-

munauté le regarde comme son second fondateur. Si donc, elle rend quelques services dans différentes parties du monde, en exercant la charité qui est la

. première des vertus et sans laquelle toute aut”° ver-

tu n’est rien, il faut encore en attribuer une bonne part de mérite à ce zélé collaborateur de toutes les saintes œuvres.

Une autre communauté de Montréal dut se ressentir de son zèle pour la perfection religieuse et le salut des âmes. Ce fut celle du Bon Pasteur à laquelle il prodigua pendant un certain temps tous ses soins. Il en fut de même des autres communautés, colléges et établissements divers qui furent, dans Poccasion, l’objet de sa vive sollicitude. On peut donc lui appliquer, en un sens, les paroles que 1Eglise a dites de St. Isidore de Séville : ‘ Il érigea ‘“ des monastères, des maisons d’éducation, en s’ap- ‘ pliquant aux études et aux lectures sacrées, il ‘ instruisit de nombreux disciples qui venaient se ‘ placer sous sa direction. ”

Mais cet éclat que répandait ce pieux chanoine

dans le diocèse de Montréal et ailleurs, ne put pas demeurer plus longtemps caché, et la lumière jaillissant d’une vertu aussi solide, se fit jour, et il dut être placé sur le chandelier pour briller d’un éclat encore plus vif. Aussi fut-il présenté au St. Siége, pour être Coadjuteur de l’Evèque de Montréal. In-

formé du dessein que l’on avait conçu de l’élever à

cette dignité, il ft, pour ne point l’accepter, toutes les démarches que lui inspirait sa profonde humilité. Il s’adressa au Souverain Pontife par quelqu'un qui avait sa confiance, afin de lui exposer toutes les raisons de conscience qu’il croyait avoir de refuser de se rendre à l’appel qui lui était fait de monter plus haut. Mais Grégoire XVI, qui occupait alors la chaire de St. Pierre, lui ayant fait dire qu’il devait se soumettre à la volonté divine, il n’apporta

plus aucune résistance.

En conséquence, ses bulles furent expédiées le 5 Juillet, 1844, et le 25 Juillet, 1845, il fut consacré sous le titre d’Evêque de Martyropolis, avec Mgr. A. N. Blanchet, alors Evèque de Draza, et main-

tenant Archevêque d’Orégon-City.

Placé sur un plus grand théâtre, son zèle n’en devint que plus pur et plus ardent. Toutes les paroisses et missions du diocèse de Montréal, alors beaucoup plus étendu qu’il ne l’est aujourd’hui, puisque l’on en a formé deux autres, celui d’Ottawa et celui de St. Hyacinthe, furent l’objet de sa sollicitude, car il partageait celle de évêque titulaire dont ii était comme un autre lui-même, tant étaient intimes les rapports qui les unissaient pour le plus grand bien de ce vaste diocèse. Ne formant

qu’un cœur et qu’une âme, et n’ayant qu’un seul et

même but, ils se partageaient en frères les travaux

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