‹ Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinismeChapitre 17 sur 61 · Dans quel siècle voudriez - vous avoir vécu · texte numérisé non relu

Dans quel siècle voudriez - vous avoir vécu

5.^ o Avec la liberté du choix , quel état et quelle science préféreriez-vous ? »

6.^ «I En fait d'histoire , quel est votre auteur favori ou votre maître ?»

7.® c< Ne croyez - vous pas df .yotre devoir de procurer à vos amis éproi^M^s tons les avantages extérieurs possibles , pour les récompenser de leur probité et leur rendre la vie plus douce? EteS'Çous prêt à faire ce que V Ordre exige des Frères dans ce grade , en statuant que chacun de nous prenne rengagement de donner , chaque mois y avis à nos Supérieurs des emplois , du service , des bénéfices et autres dignités sembla^ blés dont nous pouvons disposer ou procurer la possession par notre recommandation ; afin que nos Supérieurs aient parAà occasion de présenter ' pour ces emplois les dignes sujets de notre Ordre ?i>.

M l*Impiiîté et de l'Anarchie* g5 * La réponse de Tinitië sera rédigée par écrit et insérée dans les registres de la Loge. On s'attend bien qu'elle doit exprimer le plus grand méconlentement sur Tordre actuel des choses, et témoi-* pier combien le candidat soupire après une révolution qui changeroit la face de l'univers. On s'attend bien sur-tout qu'il promettra de ne voir que les Frères dignes d'être élevés, soit à la Cour, soit à la ville , à la puissance et au crédit de Tillominisme. L'initiant part de cette promesse , et lui adresse alors ce discours :

« Frère , vous le voyez , c'est ainsi qu'après » avoir éprouvé les meilleurs des hommes , nous 9 cherchons peu à peu à les récompenser ^ à leur » sendr d* appui ^ afin de donner insensiblement i> au monde une nouvelle forme. Puisque vous » sentez vous-même combien peu les hommes ont li rempli jusqu'ici leur destination, combien tout » a dégénéré dans leurs institutions civiles , » combien peu les docteurs de la sagesse et de la m vérité ont réussi à leur rendre la vertu plus 9 chère , et à donner au monde une disposition

S lus heureuse; vous devez le voir aussi , la faute oit en être dans les moyens que les sages » avoient pris jusqu'ici* Ce sont donc ces moyens s» qn'il faut changer, pour rendre enfin leur ema pire à kl sagesse et à la vérité. C'est là le grand a objet des travaux de notre Ordre. O mon ami ! » ô Frère ! ô mon fils ! quand, assemblés ici loin a des profanes , nous considérons à quel point V le monde est livré aux méchans ; combien les * persécutions , le malheur sont le partage de » j'hoonéte homme ; et comment la meilleure » partie du genre humain est sacrifiée à l'intérêt » personnel ; à ce spectacle^ nous pourrions donc » nous taire , nous contenter de soupirer ? Nous a ne chercherions pas à secouer le joug ? —

g6 <!0!î5paÀTI0N DES SotttîSTBS

j» NoHt FrèrCy reposez-wus^n sur nous. QierchêC D des coopërateurs fidèles ^ cherchea^les, non pas t» dans le tumulte et les orages } ils sont cachés 9 dans les ténèbres. Protégés par les ombres de n la nuit , c^est là que^ solitaires^ silencieux^ ou 3» rassemblés en cercles peu nombreux ^ er^ans f* dociles g ils poursuitmit le grand œupre sous » la conduite de leurs chefs. Ils appellent à eux r> Tenfant du monde , qui passe oans l'ivresse* 3> — Combien peu les entendent ! Celui-là seul 3» qui a les yeux de Voiseau de Mineire , qui a j> mis ses travaux sous la protection de Tastre dé » la nuit y est sûr de les trouveréj»

Crainte que ce discours n^ait pas assez fait en-** tendre au Frère Tobjet de son nouveau grade, le secrétaire ouvre le Code de la Loge, intitule Coup d'œil général sur le système de rOrdre. L^illo^ miné apprend par ce chapitre ^ que l'objet de soa Ordre est de répandre la vérité et défaire trient'* pher la vertu. Rien de précis encore sur ce que rOrdre entend par pure vérité. On lui dit seul^ ment , qu'il faut, pour la répandre , a commencer

f>ar guérir les hommes de leurs préjugés, éclairer es esprits, réunir ensuite les forces communes pour épurer les sciences des subtilités inutiles : établir aes principes tirés de la nature, -r- Pour cela , continue le secrétaire , nous avons i ouvrit toutes les sources des connoissances ; nous devons récompenser les talens opprimés , tirer de la pous^ fiière les hommes de génie, nous emparer de l'éducation de la jeunesse , former entre les meiWleures têtes un lien indissoluble, combattre hardiment , mais prudemment la superstition , Cin-^ crédulité , la sottise ^ former enfin nos gens de manière qu'ils aient sur tous les objets, des pri»cipes vrais , justes et uniformes* »

« C'est a cela que servent les écoles minervales^

vE'L'împïètè et de l'Anarchie. 97 et les grades inférieurs de la maçonnerie sur laquelle notre Ordre cherche à gagner toute Tin* Huence possible ^ pour la diriger vers notre but. Kous ayons ensuite des grades supérieurs , où les frères qui ont passé par tous les grades prépara^ «toires , apprennent à connoltre les derniers résultats de nos travaux et de tous les procédés de l'Ordre. >»

Il faut y pour obtenir un jour ces résultats ^ « ôter au vice sa prépondérance , f^ire trouver à rhonncte homme sa récompense y même dans ce monde. Mais dails ce grand projet , les pré^ très et les princes nous résistent ; nous açon^ contre nous les constitutions politiques dés peu^ pies. Que faire en cet état de choses ?- Favoriser •des révolutions , tout renverser , chasser la forcé par la force, et changer tyrannie pour tyrannie ? Loin de nous ces moyens ! Tdute réforme violente •est blâmable, parce qu'elle ne rend point les chosels meilleures, tant çue les hommes a^c leuri pas^ sions restent tels (fuUls sont y et parce que la sa^ gesse na pas besoin- de i^iolence.f^ •

«Tout le plan de l'Ordre tend à former les hommes , non par des déclamations , mais' par la -protection* et les récompenses dues à la vertu. R .fautinsensiblementlier les mains auxproteeteurs du désordre , et les gouçerner sans paraître les dominer* »

« En un mot , il faut établir un régime domi;- ' nateiur universel, une forme de gouvernement qui s'étende sur tout le monde , sans dissoudre les -iiens cisdls. Il faut sous cette nouvelle forme de gouvernement , que tous les autres puissent suivre leur marche ordinaire , et tout faire , si ce n'est empêcher notre Ordre d'airiver à son but , de faire triompher le bieo.du mal. »

a GsiteTictoirje de la vertusnr le vice , fut autre* foisTobjet du Christ^ dans rétablissement de sa ToM£ IIL G

^8 GONSPIRATIOK DES SOPRISTES

pure religion. Ilapprenoitaux hommesàétresaged, en se laissant conduire pour leur bien par les meilleurs et les plus sages. Alors la prédication pou-^ voit suffire ; la nouveauté faisoit prévaloir la vé« xité. Aujourd'hui il nous faut des moyens plus puissans. Il faut que llKmune y dirigé par ses sens , trouve dans la vertu des attraits sensibles. La source des passions est pure ; il faut que chacun puisse Satisfaire tes siennes dans les botnes de la pertu , el que ftotre Ordre en fournisse les mo** yens* *>

tt II faut aono aussi qnetaufi nos frères élevés ^ur le loema ton^i ^tiroitement unis les uns aux autres, n'aient tous qu'an mérnebut. Autour des Puissances de la terre.y il faut txissehiblerune légion d^hom" mes iïfatigahles , et dirigeant partout leurs tra^ pauxy suivant le plan de rOrdre^pour le bonheur de <Fhunumitéé»»xtïais tout cela doit se faire en silence ; nos frères doivent se soutenir mutuellement , se^ courir les bons dans l'oppression y et chercher à gagner toutes les places qui donnent de la puis^ sancCy pour le bien de la chose, t^

u Awns nous un certain nombre de ces hom^ pies dans chaque pays ? ils ponrrmit chacun en iformer deut autres. Qu'ils se tiennent unis et serrés 9 il n'est plus rien d'impossible à notre Ordre; ^t c'est ainsi que dans le silence il a déjà fait bien des choses pour le bonheur de Thumanité. n»

« Vous Voyex , frère, un vaste champ s'ouvrir à votre activité. Rendez-vous notre digne coopérateur ^ en nous secondant de toutes vos forcés. Il n'est avec noos point de travaux, sans récom-- -pense. »

A ces leçons succède la lecture de deux chapitres y plus (Spécialement destinés aux fonctioas du nouvel illuminé majeur. Le prtmier lui est déjà «onnu} cW le code du Frère^inùnuant ovl enrâ^

»B lImpiété et de l'Anarchie. 99' leor. Il en devient dépositaire , parce qu'il lui an, pâment désormais de juger les élèves de tout insinoant. Le secwid est le Code ou l'art du scruta, teur. H lui est confié , parce qu'il aura désormais à exercer plus spécialement cet art, en présidant aux académies Minervales ; et parce qu'il faut bien au il apprenne comment ses nouveaux Frères s'y étoientpris , pour tracer si ûdèiement son portrait histon^ue , ou pénétrer dans son inte>ieurmieux quelui-mdine; «comment il doîis'yprendrepour n admettre à soi» nouveau grade que des Frères aussi bien disposés qu'il l'est lulméme pour la secte. La faveur qu'il vient dp recevoir ne laisse plus entre hu et les mystères qo'un grade intermédiaire celm que l'Ordre appelle ChemUer écossais (o).

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