OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
Sur les Illuminés , et les Outrages qui semroht . de preui^es à ces Mémoires.
JLiA Conspiraiion qui me reste à dévoiler dans ces Mémoires, est celle des Illuminés de l'jithéiJh me , celle que j'annonçois dans le Prospectus de cet Ouvrage : sous le titre de Conspiration des Sophistes de l'Impiété et de F Anarchie , contre toute Religion et contre tout Gouvernement^ sans exception même des Républiques ; contre toute Société cisfile et toute propriété quelconque.
Le nom à' Illuminé qu'a choisi cette Secte ^ la plus désastreuse dans ses principes , la plus vaste dans %es projets , la plus astucieuse et la plus scélérate dans ses moyens ; ce nom A'Illu-miné est antique dans les annales des Sophistes désorganisateurs.Il fut d'abord celui qu'affectèrent • Manès et ses adeptes ; gloriantur Manichœi se de cœlo illuminatos. ( Gaultier, çerbo Manichœi , se9t. 3. ) Les premiers Ro^e*Croix qui parurent en Allemagne se disoient aussi Illuminés. De nos jours les Martinistes et diverses autres Sectes ont cie même leurs prétentions à l'Illuminisme. Pour la fidélité de l'histoire , distinguant leurs complots et leurs dogmes, je les réduis à deux espèces» II est aujourd'hui des Illuminés de V Athéisme et des Illuminés de la Théosophie. Ceux-ci sont plus spécialement les Martinistes , dont j'ai fait connottre le système dans le second volume , et les S^édenborgistes , dont je ne dirai en temps et lieu que ce qui. m'a été possible de savoir de leur Secte. Les Illuminés dont je vais dévoiler la Conspiration sont ceux de V Athéisme.
La quantité de lettres , de mémoires , de livres que j'ai reçus sur eux , depuis la publication de non Prospectus , m'a fourni tant d'objets à dé-
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(xij) voîler, que je ne saorois les développer dans un seul volume. La Secte m'a paru si étrangement combiner ses funestes projets , et les lois qu elle a su se donner pour arriver à l'exécution , que j'ai cru devoir commencer par bien faire connoître tout son Code ; c'est-à-dire loule la marche de se» grades , de ses mystères et de son gouvernement. Cet objet seul exigeant un volume , je me suis vu réduit à en faire un quatrième , pour lequel je réserve la partie historique de l'Illuminisme , et l'application de la triple conspiration aux faits de la Révolution. Je me suis livré à ces détails sur la partie lé^jislative de la Secte , avec d'autant plus de soins , qu'il n'existoil pas en- I core un seul ouvrage où l'on trouvât l'ensemble ! de son Code. On en laissoit les lois éparses ^ dans les divers monumens arrachés à la Secte. Je les ai réunis ; on en concevra mieux quel en est et quel devoit en être le résultat.
C'est ici sur-tout que je dois au public un compte spécial des ouvrages dont je tire mes preuves. Pour satisfaire à cette obligation , je vais donner la liste des principaux , avec une notice suffisante pour qu'on juge de leur authenticité :
1.® La première de ces productions est le recueil intitulé : « Partie des Ecrits originaux de » la Secte illuminée , découverts à Landshut , » lors des recherches faites chez le ci-devant ce Conseiller de la Régence , sieur Zwach , les » 1 1 et 1 2 Octobre 1 786 , et imprimée par ordre » de son Altesse Electorale. Munich , chez Ant. r> François , Imprimeur de la Cour. » Einige or£^ ginal schriften des llluminaten Ordens, wclche bey dem gewesenen Regierungsrath Zwach ^durch vorgvnommene haus-sfisitation zu Limdsuht den 1 1 und ï 2 Ocfob. 1 786, i^orgefunden worden. Auf hœchsten befehl seiner ChwrfutstUchen Durch-leuchtzum druck befœrdert. Mûnchen , gedruckt bey Ant. Franz Çhurfl. Hojbachdrucker. • * '' ;
( xiij )
^•^ Le second est un supplément à ces Ecrits -, n , mriginaux y contenant sur-tout ceux qui ont été "'' ' *" trouvés lors de la visite faite encore au château de Sandersdorf ^fameux repaire d'Illuminés , par ^ ^ ordre de son Altesse Electorale. Munich, 1787.^. HmAricl^tyou weitem original schriften , etc. t(ù. cI/Z/la
Dans ces deux volumes se troîïver?inii tout ce qui peut porter à Tévidence la conspiration la plus caractérisée. On y voit les principes , Tobjet , les moyens de la Secte , les parties essentielles de son Code , la correspondance assidue des adeptes , et de leur chef sur-tout , le compte qu'ils âe rendent de leurs progrès et de leur espoir. Les éditeurs ont soin d'annoncer la main qui a tracé les principales pièces ou lettres originales. En tête du premier volume et sur le frontispice du second , se trouve un a{?ertissement bien remarquable^ donné par ordre de l'Electeur , et conçu en ces termes : « Ceux f » qui auroient quelques doutes sur l'authenticité » de ce Recueil , n'ont qu'à s'annoncer aux archi- . » ves secrètes de Munich , où l'on a ordre de » leur montrer les pièces originales. » Wer an . der œchtheit dieser mi^amm.lung einen zweifol */ . /. trœgt , mag sich nur bey dei% hiesigen gehei-^ men archiç melden , allwo man ihm die uhrs-cliriften selbst wrzulegen Btfehliget ist* Miin^ chen y den 26 Merz , 1 787.
Je prie mes Lecteurs de ne pas oublier cet avertissement , toutes les fois que je citerai ces Ecrits originaux.
3.® • Le véritable Illuminé ^ ou le vrai , le par- ^ » fait Rituel des Illuminés y contenant la prépara- » tion ,1e noviciat, le grade Minerval, ceux du n petit Illuminé et de l'Illuminé majeur ; sans addi- » tion et sans omission ; derœchte illuminât ^ etc. »
Sur Taulhenticité de cet "ouvrage il , suffit de citer le texte suivant du Baron Knigge , sur-
natBXoé Philon^ le plus famenx des Illuiûiiiés après Tauteor de la Secte ; et celui-là même qui s'éloît chargé de rédiger et qui en efiet rédigea
{iresque tout le Gode oe la Secte y comme il nous 'apprend lui-même. « Tous ces grades , dit-il ^ » .tels que je les ai décrits » ont paru cette année » imprimés & Edesse ( Franck fort sur le Mein ) « sous le titré de Véritable Illuminé. Je ne sais ». quel est TËditeur , mais ils sont absolument % tels çuiiljS sont sortis de ma plume , c^estït à-dire tels que je les ai rédigés. » ( Derniers éclaircissemens de Phi Ion , page 96. ) Voilà donc bien encore un monument authentique sur la Secte , et reconnu par son rédacteur même. . 4»^ Je joins à cet Ouvrage celui que le même
. ^ Pbilon publie sous ce titre : Dernier éclaircis^ ^- ' jsement , ou bien dernier mot de Philon , et ré-r ponses à diverses questions sur mes liaisons avec les Illuminés. {Philos endliche Erklterung , etc*.) Ce Philon Knigge nous donne ici et son histoire , et celle de son lUuminisme , de ses conventions avec les chefs de la Secte , de ses travaux pour elle. C'est un compte rendu , dégoûtant de vanité* On y voit un de ces soi-disant Philosophes qui traitent les objets religieux avec tout le mépris qu'ils méritent eux-mêmes* N'importe; c'est un homme qui clierche à justifier tout ce qu'il a fait pour la Secte ; on peut donc au moins partir de ses aveux.
(n-f 4 '. 5.^ Derniers travaux de Spartacus et de Philon ; Die neusten arbeiten des Spartacus and Philo» Après les Ecrits originaux , cet ouvrage est le plus important qui ait paru sur riUuminismè. * U en contient les deux gracies les plus remarquables ^ par les mystères que la Secte y développe 9 et par les lois qu'elle y donne aux adep* tes. — Pas le moindre doute encore sur son authenticité. Ces grades et ces lois paroissent avec un certificat de Philon ^ su: leur conftf-
ïf
mité -à Toriginal ^ mnni du sceau de TOrdre. 'Nous
n*avioDspa$ besoin de ce certificat. Quand oïl sait
lire 9 on voit aisément que ces grades et ces lois ne
sont qu'une rédaction , et très-souvent , et sur tout
dans les eadroits les plus essentiels , qu'une copie
des discours , préceptes et principes contenus dans
les Ecrits originaux. L'Editeur est lui homme qui a ^ / / /^^
passé par tous les grades de rilluminisme. Plus ^
adroit que Philon , il lui arrache son secret et tous
ceux de la Secte. Potu dévoiler riUuminisme , il se
fait illuminer; et il y réussit si bien , qu'on ne trou«
Tera pas un Illuminé plus instruit que lui. f^i^^C ^
6.^ Le même Editeur a fait une Histoire criti- -^^ 5*' ^ue des grades de l'IUuminésme y ouYT^ge encore "^ /' précieux , où tout est prouvé et démontré par les lettres même des grands adeptes. Krùische Ges^ , chichte der illuminaten grade. ^ ' ": " Z'? 2.
7.^ imHurnîné dirigeant , ou bien, le Cheça^*» -y,, \, , L, lier Ecossais. C'est le pendant des derniers tra- 77 , ^^..^ ^^/v vaux de Spartacus et Philon. C'est le plus im- 7"/'^?^v^<'v portant des grades intermédiaires de l'UIuminisme. ., ..- v " L'iîldileur n'a point ici pour lui le cachet de l'Ordre; liu^d ly^^ jnais le Lecteur peut comparer ce grade avec tout ce qui en est dit àwa&les Ecrits originaux ^ même avec la critique qu'en fait le Chef, fort peu content ici de son Rédacteur» Ces rapprochemens valent l>ien le cachet de l'Ordre pour les connaisseurs^ ^
%.^ Pépomtiom remarquables sur les IHumi^ / .v nés. B existe trois de ces dépositions juridiques et crafirmées par serment. Elles sont signées , i.^par M. Cosandef^ Gianoine et Professeur à Munich ; 2.® par M. Renner , Prêtre et Professeur à la même Académie ; 3.^ par M. Utzschneider , X>>nseiller de la Chambre Electorale; 4*^ P^^ ^ M. George Gmrrdrerg , Membre de l'Académie des Sciences'" et Protessenr de Mathématiques. Comme tout est juridique dans-ces dépositions , je u^aipas Iiesoin ainsîsier sur la force des preuves
qu'elles fournissent. Ce sont qnâtre ëlèves , qui n^attendent pas d'arriver aux grands mystères de la Secte pour la juger et la quitter. Ils sont somrmes de déclarer ce qu'ils ont vu et entendu ; ils répondent avec modération et vérité. Je ne ferai connoitre leur déposition que dans la partie historique.
9.^ Aux livres que je peux citer encore comme des témoignages sans réplique , il faut bien ajouter les Apologies même des Illuminés. Ces Messieurs ne se font pas plus coupables quMs ne le sont. Je profiterai au moins de leurs aveux.
1 o.^ La liste s'alongeroit trop , si j'y joignoîs tous les livres écrits contre la Secte ; mais je dois distinguer au moins ici ceux de M. Hoffmann , Professeur à ITTniversité de Vienne. JPai Vu peu de choses du Docteur Zimmermann. On m'écrit qu'il avoit fourni bien des articles à un Journal de Vienne , spécialement dirigé contre la Secte. Je vois souvent mentionné M. Stark ^ conîme ayant soutenu bien des combats ; je n'ai sous son nom qu'une apologie , adressée au puplic , en réponse à des calomnies que les Illuminé» n'en continuent pas moins à répéter y malgré la réfutation triomphante qu'il leur oppose.
Parmi les anonymes , un excellent ouvrage & citer , est le Dernier sort des Franc-Maçons , dis- ^j3^ cours prononcé à la clôture d'une Loge Maçonnique ; End fiches Schichal des freymaurer Ordens. L'Auteur de ce discours expose parfaitement les raisons qu'a la Loge pour renoncer à ses travaux , f depuis que les Illuminés se sont intrus dans la } Maçonnerie. Je crois qu'il eût moins attendu s'il eût su que depuis long-temps les Loges Maçonniques éllas-mémes , n'étoient pas , au moins par-tout, aussi honnêtes que la sienne.
J'ai vu encore A^sfragmens de Biographie sur le sieur Bode , fameux Illuminé ; fragmens trcs-utilcs pour la partie historique. J'ai lu enjBya
( xvij ) snr le mcme objet bien d'autres ouvrages , qu'il suffira de citer quand Foccasiou s'en présentera* £d voilà bien assez pour voir que je n'écris pas sur les Illuminés sans connoissance de cause. Je Toudrois par reconnoissance pouvoir nommer ceux dont la correspondance m'a fourni bien de nouveaux sçcours , des lettres » des mémoires que je ne saurois trop apprécier ; mais cette recon* noîssance leur deviendroit fatale. Ces hommes éclairés et vertueux se contentent pour leur récompense de l'utilité publique qu'ils croient voir attachée à mon ouvrage. Ce ne sera pas leur faute, s'il n'a pas le degré de bonté- qu'ils souhaitent y trouver.
Je me vois malgré moi réduit à répondre à des objections qui m'ont déjà été faites par mon Traducteur, et que m'occasionneroit infailliblement encore de la part de mes Lecteurs l'ouvrage que vient de publier en Anglais M. Robison , sous le titre de Preui^es d'une Conspira-iion formée par les Franc-Maçons , les Illuminés et les Sociétés littéraires , contre toutes les Religions , tous les Goui^ernemens de l'Europe ; Proof of a Conspiracy , etc. Cet ouvrage a paru au moment où j'allois livrer à l'impression cette troisième partie de mes Mémoires. M. Robison , qui ne counoissoit pas d'abord mes deux premiers volumes ^ a bien voulu en faire mention dans son Appendix. Je suis assurément flatté de sou suffrage.; je ne saurois lui refuser le mien sur le zèle qu'il montre à dévoiler les ennemis du bien public. Je reconnois avec plaisir qu'il doit avoir eu de très-bons mémoires. Sans nous connoitre , BOUS avons travaillé sur le même objet et pour la même cause ; mais le Public va voir mes citations et celles de M. Kobison , et le Public y trouvera des diiliérences remarquables. Je crains qu'on ne nous mette en opposition ; je le crains y pou pas pomr moi ^ meyis pour la vérité qu€ ces
( »vnj ) Oppositions pourroient décréditer. Les difii^retices que l'on pourra observer entre nous viennent sur-tout de celles que nous avons mises dans notre marche. M. Robison a pris une méthode facile -y mais malheureusement sujette à caution* Il ramasse ce quHl a retenu de divers paragraphes f et le jette ' de mémoire dans un même moule ; il prend quelquefois cependant les expressions de Tauteur Allemand , et les applique quand il croit nécessaire. Il a d'ailleurs beau-» coup vu j beaucoup entendu ^ et tout cela se mêle dans. ses citmoi^ guillemetèes» L'attention qu'il a eue d'en prévenir dans sa Préface ne suflira pas pour empêcher certains Lecteurs de nous mettre en opposition. Il lui arrive même, sur certains personnages , . de rapporter comme vraies des choses qne la correspondance des IHu«miué^ nous démontre avoir été imaginées par eux , contre leurs adversaires , et sur lesquelles j'aurai h parler différemment dans la partie his-? torfque. Je me garderai bien entre autres choses , dans cette partie y de faire sortir l'Illuminisme de la Franc*Maçonnerie ; il est démontré par les lettres mêmes de l'Instituteur , qu'il ne se fit Franc-Maçon qu'après avoir institué son Illuminisme , et en Tannée 1777; ^^ ^^ deux ans plus tard il n'en connoissoit pas encore les mystères. ( Voyez'les Ecrits orig. U v , lett.tàAjax; id. letL 36 à M: C. Porcins ; hist. critiq* des Grades , premières pages. )
Jesais bien que cela n'empêche pas riUuminisme d'être désastreux ; mais je ne pourrai parler là-des* sus ni sur qiielques autres articles comme M. Robison. Voilà l'inconvénient ; voici ma réponse : D'abord on nous verra toujours d'accord , M. Robison et moi sur l'essence des faits et de la conspira* tiondes Loges illunainécs, sur l'essence de leurs maximes »iie leursgradei» , çt cela doit suffire au Public.
Ea second lieu ^ M. Robtson a vu en géné^ rai la Secle détestable et souverainement dangereuse ; il la peint en vogageur qui a vu lé Monstre horrible , informe , affreux , énorme ; mais il n'a pas eu soin de détailler ses formes , ses mœurs , ses habitudes. Seroit-il bien prudent de rejeter son récit en général , sous prétexte qu'il se mcle des circonstances non cons-italées 9 et un certain désordre dans sa narration ? '
Eu uji mot ,• à part une ou deux lettres qud Ton peut dire traduites , les citations que M. Ho- ^'L^ bison donne en forme de lettres ne sont pas des ^^^^^^^ f^ citations ; on perdroit son temps à. les chercher /^^ . dans les Ecrits des Illuminés. Ce sont des extraits ^^* c.L.A ^^ pris de côté et d'autre , même dans les discours t^ ^^^ sur les mystères , qui n'ont nullement la forme jr rf/^e^^l*^^ de lettres. M* Robison leur donne sa tournure 9 A ff U^
son style i et sur-tout il commente ; il fait parlerA les Illuminés plus clairement qu'ils ne le vou4 droient. Même quand il traduit , il ajoute par fois j et cela m'a déjà valu bien des questions. Sur la fameuse lettre qu'il traduit , pag. 1 65 et 1669 on m'a demandé ce que c'étoit dans le texte Allemand , que cet ei^en d y auquel it ajoute la parenthèse ( can this mean death ? ) Ce qui en Français se rendroit par même à' m — Cela veut dire à la mort ? J'ai été forcé de répondre qu^ Xeçen d — étoit une addition y aussi bien que la parenthèse ; mais que Ton Toyoit bien que ni l'une ni l'autre n'étoient opposées au sens de la lettre. J'aurois voulu supposer une différence d'édition ; mais j pour justifier ainsi toutes les citations de M. Robison, il faudrait supposer un nouveau livre et de nouvelles lettres. Et toute l'Allemagne aiuroit réclamé contre de pareils changemens. La Cour de Ba« vièro d'abord, parce que les originaux ne peuvent pa3 être conformes k des éditions si différente >
les Illuminés ensuite , parce que M. Robison les ftiit parler bien plus clairement que leurs lettres , déjà assez claires en elles-mêmes ; et enfin les Auteurs qiii écrivent contre l'IIluminisme , et qui tous citent exactement et conformément à Tédilion de Munich. On peut changer les pages dans une nouvelle édition , mais certainement on ne change pas les épîtres ou les discours dont on sait que chacun peut demander à voir les originaux. Je m'en tiens donc ,à mon explication sur le procédé de M. Robison.
Quant à moi, dont le nom n'a point l'autorité de M. Robison , je prends mes précautions , parce que je sais le besoin que j'en ai (a). Ce que je cite, je l'ai devant moi , je le traduis, et quand je traduis, ce qui arrive, souvent des choses étonnantes , des choses que l'on croiroil à peine avoir pu être dites , je cite le texte même , invitant chacun à l'expliquer ; ou bien à se le faire expliquer et à vérifier. Je rapproche de même les divers témoignages , toujours le livre en main. Je ne mentionne pas une seule loi dans le Code de l'Ordre, sans les preuves de la loi ou de la pratique. Ainsi on ne peut plus m'opposer un- Auteur qui ne rend pas les détails comme moi, mais qui s'accorde dans la substance. Ou peut, on doit lui rendre , et je lui rends très -volontiers justice pour l'essence des choses , sans me trouver d'accord avec lui sur certains faits , certains' détails , qui n'en laissent pas la Secte moins monstrueuse, et ses conspirations moins démontrées.
(a) J'ai peur qu'on ne nous oliicctc aussi la di^éreuce qui se trouve entre les (rades de Rose-Croix dont M. hobison est d^Vpositaire , et ceux dont )'ai parlé dans le second volume de ces Mémoires. A cela ^e réponds, i.^ que \e connois troia grades de Rose-Croix tr-^s-différcns en eux-mêmes ; 2.** que pour les n>pmc» grades, les catéchismes , les queslious , les rituels varient beaucoup , au moina cfaex chaque nation *, 5.^ que \e me suis servi de ceux que Von trouve dans l'ouvrage de M. l'Abbé le Franc ^ cité par M. P.obison ; 4-* enfin que M. Kobisoa convient que le grade du Soleil , dont il est dépositaire , est 6 peu prés le même que celui que je cite. J'en ai auf^si ncquis une rédaction qui pour le fond revient à la même chose ; et ce grade seul dans la Pranc-Maçonnerle suffiroit pour ce jue M. Robison et moi disons d« son objet relativement k la Fieligion et aux
COÎSSPIRATION
CONSPIRATION