‹ Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (volume 2)Chapitre 25 sur 39 · Tome I. I · texte numérisé non relu

Tome I. I

Il n'est pas inutile d'observer ici que ces Autrichiens que d'Alembert voudroit voir anéantir , étoient précisément les alliés de la France , alors en guerre avec le roi de Prusse, aux victoires duquel il applaudit. Cette double circonstance sembleroit annoncer combien la philosophie l'emportoit dans le cœur des conjurés sur l'amour de la patrie. Elle sembleroit dire que la tolérance les eût peu empêchés de trahir et leur Roi et l'Etat , si cette trahison leur eût fourni un nouveau moyen d'écraser l'infâme.

Cependant tous ces vœux inhumains échappoient aux conjurés, plutôt qu'ils n'étoient le véritable objet de leur correspondance et de leurs délibérations. Ils préparaient les voies aux séditieux et aux âmes féroces, qui dévoient exécuter ce que les sophistes ne pouvoient encore que méditer et projetter. Le temps des séditions et de l'atrocité n'étoit pas encore arrivé. Avec les mômes vœux, les circonstances n'olïroient pas encore les mêmes rôles à jouer. Il me reste à exposer celui des premiers chefs, et par quels services chaciui d'eux signalant son zèle pour la révolution antichrétienne , prépara le règne des nouveaux adeptes.

Page 1